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27/01/2018 08:00 EST | Actualisé 27/01/2018 08:00 EST

De quoi se mêlent les professeurs universitaires?

Désolé, pour l'instant, le temps n'est pas à l'étude du problème, mais à l'action.

Getty Images/EyeEm

Drôle de monde, ce groupe d'élite que sont les professeurs d'université. Encore une fois, à RDI Matin, une nouvelle attirait l'attention: «on demande à la SQ des renforts pour faire cesser les fusillades à Gatineau». Jusque-là rien à redire. Mais là, devant la caméra, un professeur d'université, vient nous lancer avec candeur: «il faut d'abord trouver pourquoi toutes ces fusillades éclatent et finalement s'y attaquer».

Je comprends le principe. Mais à la base, c'est dire: faisons une étude de la situation et nous verrons ce que nous pouvons faire. Ça, c'est bon pour une réparation de radiateur ou un bal des finissants dans six mois. Désolé, ça ne fonctionne pas, quand il y a des vies en jeu.

Onze fusillades en 24 jours, c'est beaucoup. Ne me dites pas que la police nage dans le noir le plus complet. Ils ont des sources d'information, ils ont des contacts, ils savent. Les gangs deviennent connus rapidement, c'est une question de prestige. Les policiers doivent intervenir et ils le font. Désolé, pour l'instant, le temps n'est pas à l'étude du problème, mais à l'action.

Les études exhaustives devraient se faire, à partir de ces actions et après. Les solutions serviront pour l'avenir. Si ton bateau a une ouverture d'eau, il serait bien de la colmater et par la suite, tenter de résoudre le problème en étudiant le pourquoi.

Si ton bateau a une ouverture d'eau, il serait bien de la colmater et par la suite, tenter de résoudre le problème en étudiant le pourquoi.

En même temps, une étude viendra confirmer, qu'il y a des gangs et qu'ils se tirent dessus. Cette étude démontrera qu'il faut plus d'intervenants sociaux auprès de jeunes délinquants. Ce que j'entendais dans les années 80 et 90. Bien oui, il y avait à cette époque, des gangs, des fugueurs, de la drogue et des meurtres. Quelque vingt ans plus tard et des dizaines d'études plus loin, des professeurs, chercheurs, nous disent qu'il faut étudier le phénomène. Oui, il faut connaître le phénomène, l'étudier et tenter de l'endiguer. Je ne sais plus combien de gangs existent dans ce grand pays, en tant que flic, je n'ai appris qu'à les combattre. Je les ai étudiés en les pourchassant. J'ai toujours eu comme opinion : «commence par les coffrer et si tu peux en réchapper quelques-uns, tu auras fait du bon travail».

Compiler de l'information reste utile aux universitaires. Cette façon de faire apporte des vues, qui sur le terrain pourront aider à comprendre comment fonctionnent ces groupes. Mais pour le moment, le temps n'est pas à l'étude.

Ceci me fait penser qu'il y a quelques années, des professeurs universitaires avaient émis l'idée de changer les normes d'engagement des agents de sécurité. L'élite voulait qu'ils passent par l'université et ainsi créer un bassin pour les différents corps policiers. L'idée n'était pas mauvaise en soi, mais impossible à réaliser. Vous imaginez un universitaire, à la guérite de stationnement au salaire plus que moyen? Ces jeunes exigeraient un meilleur salaire, les agences, devraient augmenter les coûts et les organismes, gérer des coupures de personnel. Car payer quinze ou vingt dollars de plus par homme, porterais nécessairement à envisager d'autres moyens et c'est déjà le cas un peu partout. Nous aurions alors, des chômeurs diplômés et frustrés.

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