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22/12/2015 12:11 EST | Actualisé 22/12/2016 05:12 EST

Une première paix mondiale

À l'image de ces soldats de la première guerre mondiale qui trouvaient la force d'interrompre les combats, pourrait-on simplement se souhaiter de trouver une première paix mondiale [...] ?

En ces temps paradoxaux de fêtes de fin d'année, où la fièvre acheteuse débridée côtoie de grands élans de solidarité, l'heure sera bientôt à la trêve.

À la faveur de Noël, en mémoire des cessez-le-feu que s'accordaient les soldats français, allemands et britanniques qui combattaient dans les tranchées pendant la Première Guerre mondiale, les hommes sont encore capables aujourd'hui de suspendre leurs hostilités, leurs tensions et leurs désaccords pour le court temps des fêtes.

Il existe au cœur des conflits humains, des niches temporaires de paix qui résistent à l'inertie de la guerre que se livrent les hommes sous prétexte de différences religieuses, économiques ou politiques. C'est une bonne chose que de le penser. Parce que ces poches de résistance ponctuelles persistent, elles entretiennent l'espoir d'une paix possible, un jour, au cœur des contrées en guerre incessante. Elles pourraient ainsi nous inspirer des vœux de paix différents de ceux que nous formons habituellement à destination des gouvernements de ce monde, pourtant capables parfois de s'entendre comme l'a laissé auguré l'accord de la COP 21.

À l'image de ces soldats de la Première Guerre mondiale qui trouvaient la force d'interrompre les combats, pourrait-on simplement se souhaiter de trouver une première paix mondiale en cherchant la source de toutes les paix du monde, la nôtre? Pourrait-on nourrir cette ambition de cultiver ainsi la seule foi sur laquelle toutes les religions du monde peuvent s'entendre, la foi dans le meilleur de l'homme, celui qui en nous, aspire simplement à aimer et à partager? Car, à bien y penser, cet homme-là n'appartient à aucune religion. Juif, catholique, musulman, athée, peu importe, chacun pourrait être concerné par ce meilleur capable de transformer une main qui va frapper en une main qui caresse. Il n'y a nul besoin d'appartenir à un camp, un pays ou une religion pour y aspirer. C'est sans doute le meilleur vœu que nous pourrions nous adresser.

Trouver notre paix pour semer la paix, les grands leaders spirituels de toutes les traditions ont soutenu cette idée. Du Dalaï-Lama qui appelle au désarmement intérieur comme condition du désarmement extérieur à Gandhi et sa célèbre phrase: «Sois le changement que tu voudrais voir dans le monde», nous pourrions tous nous souhaiter de rencontrer l'homme de guerre en nous pour l'étreindre et faire naître ainsi l'homme de paix, celui qui trouve le courage d'aimer sa misère pour recevoir celle des autres.

Car tel est certainement le seul combat que nous ayons à livrer: celui de résister à la tentation de juger ce que nous sommes pour seulement apprendre à en parler en bien. Souhaitons-nous alors de trouver les voies qui nous conviennent vers cette seule paix durable qui rendra peut-être la paix plus durable dans le monde. Or cette toute première paix mondiale commence avec nos propres guerres domestiques, celles que nous sommes capables de déclencher à tout moment dans nos foyers dès lors qu'un mot, un regard ou une attitude nous déplaît et nous sert de prétexte à ouvrir les hostilités.

En éteignant celles-ci pourrons-nous peut-être un jour souffler moins fort sur les braises des grands conflits de ce monde. Alors, simplement et humblement souhaitons-nous la première des paix qui soit, la nôtre. Bonnes fêtes.

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