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14/08/2018 13:22 EDT | Actualisé 14/08/2018 13:38 EDT

Le choix qui vient: stabilité ou rupture

La dernière chose dont on a besoin est de confier notre avenir à une équipe sans expérience et sans programme dont la seule ambition est de bouleverser des institutions politiques.

Comme nous approchons de la saison des décisions électorales, nous entendons d’ailleurs de plus en plus, de la part de certains groupes, d’appels impatients et indéfinis au changement.
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Comme nous approchons de la saison des décisions électorales, nous entendons d’ailleurs de plus en plus, de la part de certains groupes, d’appels impatients et indéfinis au changement.

Tout dernièrement, le Québec a rendu un dernier hommage à Paul Gérin-Lajoie, héros de la Révolution tranquille et père du Québec moderne.

Il y a une cinquantaine d'années, contre vents et marées, mais surtout contre des élites jalouses de leurs anciennes prérogatives, M. Gérin-Lajoie a réussi à imposer la création du ministère de l'Éducation et à réformer tout le système éducationnel québécois. Toute notre société profite encore aujourd'hui de son œuvre immense et durable.

C'est aussi lui qui a guidé notre accession définitive à la communauté mondiale en affirmant le droit de notre gouvernement à élargir ses compétences constitutionnelles ainsi qu'à mettre en avant ses caractéristiques culturelles auprès de partenaires internationaux compatibles. Il nous a, tout simplement, mais avec conviction et ambition, indiqué que nous pouvions tout aussi bien accomplir à l'étranger ce que nous étions en train de réussir chez nous.

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La logique de cette perspective et la clarté de son explication ont inspiré la politique internationale de tous les gouvernements québécois successifs, rouges ou bleus, qui ont succédé à «l'équipe du tonnerre» du premier ministre Jean Lesage. C'est sur cette base solide que notre gouvernement, à son tour, a pu formuler une nouvelle politique internationale, l'an dernier, qui ouvre encore plus largement les portes du monde et de l'avenir à nos ambitions, à nos possibilités et au génie québécois.

Nous avons, par exemple, ouvert de nouvelles représentations en Afrique, en Asie, en Europe, aux États-Unis, au Mexique et à Cuba qui nous aideront à élargir le rayonnement international de nos grandes initiatives économiques, dont le Plan Nord, la Stratégie maritime, l'électrification des transports et l'intelligence artificielle.

Notre réseau de représentations a déjà contribué puissamment à l'augmentation de nos exportations. Ceux qu'on a entendu récemment mettre en doute son utilité au nom d'un vague «changement» ne comprennent évidemment pas que nos délégués jouent un rôle irremplaçable dans l'identification d'opportunités et l'ouverture de nouveaux marchés, comme ce fut notamment le cas avec notre collaboration à la négociation de l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne (AECG), un marché de 500 millions de personnes.

Nos diplomates donnent aussi vie à notre participation à des organisations multilatérales majeures, comme l'Organisation internationale de la Francophonie. Notre gouvernement ne défend pas les intérêts des Québécoises et des Québécois seulement sur notre territoire; nous le faisons partout où notre voix est entendue.

Comme nous approchons de la saison des décisions électorales, nous entendons d'ailleurs de plus en plus, de la part de certains groupes, d'appels impatients et indéfinis au changement.

Des appels au changement

Il se trouve que notre gouvernement est loin d'être étranger au changement. Les quatre dernières années depuis l'élection de notre gouvernement ont en fait démontré que le changement, souvent rapide et radical, est la condition dans laquelle toutes les sociétés industrialisées doivent évoluer. Nous devons, par exemple, composer avec des situations dramatiques ou délicates qui ont des répercussions chez nous, comme l'action des groupes extrémistes et terroristes, les crises migratoires, les urgences climatiques, la transition énergétique et la mise en application provisoire de l'accord de libre-échange avec l'Union européenne.

À ces dossiers chauds, il faut ajouter l'imprévisibilité du président des États-Unis, qui jette une ombre sur la renégociation de l'ALENA, les nombreux litiges commerciaux, comme ceux concernant le bois d'œuvre, l'acier et l'aluminium, l'aéronautique, le papier et la gestion de l'offre.

La dernière chose dont on a besoin est de confier notre avenir à une équipe sans expérience et sans programme dont la seule ambition est de bouleverser des institutions politiques qui nous servent bien dans un contexte difficile.

Un bilan économique historique

Même dans cet environnement international incertain, nous avons réalisé un rendement économique remarquable en contrôlant les finances publiques avec vigilance. Nous avons ainsi réussi à présenter quatre budgets équilibrés consécutifs, une performance que n'ont atteinte ni les autres provinces canadiennes ni le gouvernement fédéral.

Le Québec n'est plus la province canadienne la plus endettée.

Le Québec n'est plus la province canadienne la plus endettée, et nous diminuons notre dette pour la première fois depuis la fin des années 50, ce qui entraîne une réduction des intérêts à payer. L'agence de notation Standard & Poor's a haussé la cote de crédit du Québec l'an dernier, une première depuis près de 25 ans. Notre cote surpasse celles de l'Ontario et de l'Alberta, et, pour la première fois, le Québec emprunte à un coût d'environ cinq points de base de moins que l'Ontario.

Toute la population québécoise a consenti des sacrifices considérables pour en arriver là, mais le résultat de ces efforts, c'est plus d'argent dans les poches des contribuables, plus d'argent pour le budget de leur famille. Pour le gouvernement, cela veut dire des ressources supplémentaires que nous pouvons consacrer à l'éducation, à la santé et à nos infrastructures.

Le taux de chômage est passé de 8%, lorsque nous avons été élus, à environ 5% et près de 230 000 emplois ont été créés. Il n'y a pas tellement longtemps, nous manquions d'emplois au Québec. Aujourd'hui, nous devons nous tourner vers l'immigration pour trouver des travailleurs dans certains secteurs.

Le Québec a connu, en 2017, sa plus forte croissance économique en près de 20 ans.

Nous disposons même maintenant d'une réserve budgétaire permettant de faire face à des chocs économiques imprévus, et notre plan économique prévoit encore plusieurs années d'équilibre budgétaire.

Toutes nos régions bénéficient d'un climat de confiance qui contribue à l'investissement et à la création d'emplois de qualité.

Grâce à la vision claire et à la détermination inébranlable du premier ministre Philippe Couillard, le Québec a traversé et continue de traverser une époque difficile avec un succès qui a été remarqué partout au Canada et même à l'étranger.

À titre de ministre des Relations internationales et de la Francophonie, j'ai pu constater, à de nombreuses reprises et en beaucoup d'endroits différents, combien le Québec jouit d'une réputation enviable — et même enviée — dans toutes les parties du monde grâce au dynamisme de son économie et à sa qualité de vie.

Nous avons donc fait la preuve que nous pouvions maîtriser le changement en faveur du bien commun. Mais nous savons aussi que le changement, pour qu'il soit durable et rentable, doit être mûrement préparé, vigoureusement exécuté et adéquatement financé. Ce n'est pas suffisant de bondir de sa chaise à tout moment en criant: «On veut du changement!»

Notre avenir doit être préparé avec la même détermination et la même imagination que celles qui ont inspiré nos prédécesseurs de l'époque de la Révolution tranquille.

Notre avenir doit être préparé avec la même détermination et la même imagination que celles qui ont inspiré nos prédécesseurs de l'époque de la Révolution tranquille. C'est ce que nous avons fait depuis quatre ans, avec des résultats impressionnants. Et nous sommes persuadés de pouvoir continuer à le faire au cours des prochaines années.

Nous n'avons pas encore récolté tous les fruits de nos efforts, de nos sacrifices et de nos espoirs. Mais nous devons nous rappeler, plus que jamais, que la prospérité n'est pas un état permanent. Ce qui prend des années à mettre en place peut être compromis très rapidement par l'inexpérience et l'improvisation. Il n'est pas nécessaire de regarder bien loin au-delà de nos frontières d'ailleurs pour voir à quels malheurs et à quelles divisions peut mener l'élection inconsidérée d'un gouvernement dont le seul programme est d'exacerber les frustrations.

Comme tous mes collègues du gouvernement, je suis donc fermement résolue à rappeler à nos concitoyennes et concitoyens, au cours des prochaines semaines, tout ce que nous pouvons encore réaliser ensemble.

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