LES BLOGUES
25/05/2017 09:54 EDT | Actualisé 25/05/2017 09:54 EDT

Les trous de mémoire

J'ai une place pour chaque chose et chaque chose est à sa place. À moins, que je déplace la chose. Alors, tout est foutu et maintenant, si je pouvais seulement trouver le chargeur de mon téléphone...

«Qu'est-ce que je venais faire ici, moi, donc...?»

Une autre affaire délicieuse à l'aube du retour d'âge, c'est d'avoir la concentration et la mémoire qui vont, main dans la main, se noyer dans la mer de l'oubli, comme deux copines suicidaires avec un déficit d'attention.

J'ai les projets en plans et la pinte de lait dans le vaisselier. Une chance que j'ai aussi des tocs qui me font vérifier trois fois plutôt qu'une si j'ai bien fermé la cuisinière, sinon, j'aurais certainement regretté d'avoir cessé de payer mes assurances.

Mes conversations sont brouillonnes et à bâtons rompus, puisque je peux difficilement demeurer plus de trois minutes sur un même sujet. Quand mon interlocuteur s'éternise, j'ai appris à hocher la tête un peu sur le côté avec un demi-sourire qui me donne l'air attentif et intéressé, alors que je suis déjà en train de penser à comment améliorer mon prochain risotto en mettant une crème plus riche et de l'huile de truffe.

Je cherche souvent mes lunettes comme si je cherchais un sens à ma vie. Les yeux fermés, à refaire le chemin sans trop me souvenir si c'était bien celui-là que j'ai emprunté. À errer les sourcils froncés: «mais voyons, où peuvent-elles bien...?»

Vous n'avez pas besoin de me dire qu'elles sont, ici, sur mon crâne, je les ai trouvées! Je suis devenu un cliché. Un gag convenu. Ha, ha! Regardez la mémé perdue qui déambule dans les corridors à se quérir les lorgnons au bout de son nez!

Comme si mon cerveau avait fumé un gros joint et qu'il était tellement embrumé qu'il se souvenait plus de ses fonctions.

Il n'est pas rare de me voir stopper dans une pièce pour me demander ce que je venais y faire. Comme si mon cerveau avait fumé un gros joint et qu'il était tellement embrumé qu'il se souvenait plus de ses fonctions. Ta job, c'est de penser et de se rappeler des trucs, bâtard! Simple, simple! Sers-toi de tes méninges, cerveau! Qu'est-ce que tu fabriques à me creuser des trous et à vouloir mettre du blanc partout?

Heureusement, nous sommes à l'ère moderne où des applications peuvent aider à nous ramener à l'ordre. Dreling bing bong! C'est l'heure de te préparer pour ton rendez-vous chez le médecin. Ne fais pas comme à ta dernière visite, lave-toi avant! Dreling bing bong! C'est l'heure de manger et de te bouger le cul sinon tu vas mourir, le front sur ton clavier d'ordi à avoir voulu t'enquérir sur les tensions au Moyen-Orient et à avoir tant surfé que tu es rendue à visionner des chiens en tutus qui dansent sur l'air de «Slap my bitch up»!

Les listes sont également bien pratiques. Je suis à présent la reine des post-its. Vive les carrés jaunes crochetés! Vive les «To do» tout doux. J'ai aussi laissé une paire de lunettes dans chaque coin de la maison. Plus celle sur ma tête, bien sûr. J'ai une place pour chaque chose et chaque chose est à sa place. À moins, que je déplace la chose. Alors, tout est foutu et maintenant, si je pouvais seulement trouver le chargeur de mon téléphone...

...Oh! Regardez! Un pigeon à ma fenêtre! Qu'il est mignon le pigeon!

Sensuellement vôtre,

La méno-pin-up

LIRE AUSSI:

» C'est le temps de se prendre en main

» Quand madame pète sa coche

» Libérer ma toutoune

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST