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02/02/2016 04:33 EST | Actualisé 02/02/2017 05:12 EST

Manipuler l'opinion publique: la petite histoire d'Edward Bernays et de la fluoration

Quelqu'un connait Edward Bernays? Je vous le présente. Il était le neveu de Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse de l'inconscient. Edward Bernays a récupéré cette psychanalyse du subconscient afin de s'en servir dans sa quête de manipulation. Bernays est d'ailleurs considéré comme le père de la propagande politique institutionnelle et de l'industrie des relations publiques.

Il a très bien su exploiter les avancées apportées par son oncle. Sa discrétion dans notre paysage culturel actuel est inversement proportionnelle à l'ampleur de sa tâche. Même dans les agences de pub ou dans les services de relations publiques, son nom est presque inconnu, et pourtant, il en a fait des ravages.

Bernays a été un des premiers à vendre des méthodes pour utiliser la psychologie du subconscient dans le but de manipuler l'opinion publique. Le titre de son livre le plus célèbre? Propaganda, comment manipuler l'opinion en démocratie. Bernays procède par biais, il utilise des figures d'autorité et, à travers elles, rend le produit intéressant voir incontournable.

Comme pour le tabac, où il utilise des figures de médecins pour promouvoir la cigarette. Il a utilisé ses méthodes pour des firmes comme Lucky Strike, une cigarettière très connue dans les années 20.

Bernays a fait de la cigarette un «symbole de l'Amérique fraternelle et virile». Presque tout le monde a déjà vu cette vieille image du médecin avec une cigarette à la bouche et qui dit «Trust use, we're experts». Quoi de mieux qu'un médecin pour vous dire que la cigarette est bonne pour vous. Avoué que c'est très vendeur.

J'arrive à la fluoration.

Dans les années 40, Bernays travaille pour General Motors. Le problème de GM: ils ne peuvent pas vendre plus de camions. Ils ont saturé le marché. Bernays réalise que la concurrence ne vient pas des autres fabricants, mais bien du chemin de fer. Pour ceux qui ne connaissent pas la suite: Barneys parvient à imposer à son client une idée totalement folle, s'attaquer aux trains en faisant une promotion rageuse de l'autoroute. De là, la disparition des trains de ville au profit des automobiles.

Voilà, j'y suis.

Dans les années 50, des compagnies aux prises avec des tonnes de déchets industriels, l'acide fluorosilicique, à l'époque produit par, entre autres, la Aluminium Compagnie of America, aujourd'hui appelé ALCOA, rejettent leurs déchets directement dans l'environnement. L'agriculture, les animaux de ferme et la flore tombent malades. L'ALCOA se ramasse avec des milliers de poursuites.

Devinez qui les sort du pétrin. La Mellon Institute of Industrial Research (fondé par l'actionnaire majoritaire de l'ALCOA, Andrew Mellon) et notre même personnage machiavélique, Edward Bernays. L'institut, débordant de scientifiques qui démontrent la science du fluor et Barneys pour en faire la promotion. Ils forment des comités bidon avec des médecins bidon qui écrivent de vrais articles qui paraissent un peu partout.

Une autre méthode du perfide Bernays: se servir des émotions pour faire passer son message et qui persiste encore aujourd'hui: le fluorure ajouté dans l'eau potable pour la santé dentaire chez les enfants les plus démunis et la bonne société qui se préoccupe de ses enfants démunis. L'adage d'Edward pour cette propagande: «Healthier Children through fluoridation». Merci Edward.

J'imagine que nous allons nous souvenir de son nom maintenant.

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