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01/02/2019 06:00 EST | Actualisé 01/02/2019 06:00 EST

Budget 2019: un écart majeur à résorber

Les recommandations que nous avons présentées en prévision de l’exercice budgétaire visent à assurer aux producteurs de grains le soutien nécessaire dans le contexte actuel au Québec, aggravé par la situation internationale.

Roberto Anania / EyeEm via Getty Images
À la suite de la confirmation du deuxième versement de l’aide spéciale américaine à son secteur des grains, l’industrie québécoise subit un écart compétitif défavorable de plus de 105 000$ par ferme, malgré une hausse continue de sa productivité au cours des dernières années.

Le Québec compte quelque 11 000 producteurs de grains, présents dans toutes ses régions. Ils cultivent plus d'un million d'hectares de terre, pour un chiffre d'affaires annuel de 1,3 milliard de dollars. La production et la transformation de grains représentent ensemble plus de 20 000 emplois au Québec. Plusieurs l'ignorent: c'est le 2e secteur agricole en importance au Québec.

Or, à la suite de la confirmation du deuxième versement de l'aide spéciale américaine à son secteur des grains, l'industrie québécoise subit un écart compétitif défavorable de plus de 105 000$ par ferme, malgré une hausse continue de sa productivité au cours des dernières années.

Dans le contexte des consultations prébudgétaires qui se déroulent actuellement, nous demandons au gouvernement du Québec de s'engager à mettre en place les mesures appropriées pour corriger l'écart compétitif qui la sépare de ses concurrents américains.

L'écart de 105 000$ par ferme en 2018 représente l'impact cumulé des nouvelles restrictions environnementales au Québec, de la fiscalité agricole et de la différence entre le soutien aux producteurs québécois et à leurs compétiteurs américains, incluant notamment la deuxième partie du soutien récent accordé dans le contexte de la guerre commerciale.

D'ailleurs, au cours de la dernière campagne électorale, le parti formant aujourd'hui le gouvernement a pris plusieurs engagements écrits à l'égard de la production de grains. Parmi ceux-ci, notons de permettre de bénéficier d'un programme de protection des revenus plus efficace, de poursuivre la recherche sur les besoins de traitement des semences, de réduire l'impact des restrictions à la culture sur les bandes riveraines et de maintenir la compétitivité des entreprises.

Le premier budget du nouveau gouvernement sera un exercice révélateur des véritables priorités de François Legault et de son équipe. Les recommandations que nous avons présentées en prévision de l'exercice budgétaire visent à assurer aux producteurs de grains le soutien nécessaire dans le contexte actuel au Québec, aggravé par la situation internationale.

Rappelons-le: la situation qui prévaut en ce moment est une source d'inquiétude importante pour tout le secteur. Nous espérons donc que le premier ministre et son ministre des Finances, M. Éric Girard, sauront reconnaître l'urgence d'agir afin de préserver la compétitivité de notre industrie. Les producteurs de grains travaillent activement à intégrer l'innovation et le développement durable au sein de l'industrie; il est plus que temps que nous recevions une reconnaissance pour les efforts déployés.

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