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08/06/2018 09:00 EDT | Actualisé 08/06/2018 09:00 EDT

Tout le monde debout au-delà du tabou!

Sans traiter les personnes handicapées avec pitié, le film parvient à nous faire rire et réfléchir.

AOL

Bien au-delà d'une simple comédie romantique, le film Tout le monde debout a le courage d'aborder un sujet tabou: les relations amoureuses chez les personnes atteintes d'un handicap physique.

Comédie parfois facile, mais plutôt intelligente, Tout le monde debout raconte l'histoire d'un dragueur invétéré qui utilise tous les moyens imaginables pour séduire les femmes sur lesquelles il jette son dévolu, même se faire passer pour un handicapé. Cet être menteur et insupportable, qui sera transformé par cette tentative de manipulation extrême, est joué par l'humoriste français Franck Dubosc qui signe ici son premier long métrage à titre de réalisateur. L'objet de sa machination est joué, avec grande efficacité et finesse, par la comédienne Alexandra Lamy. Le charme considérable de cette dernière fait d'ailleurs oublier, en ce qui me concerne, certains des multiples défauts que comporte ce film.

Authenticité sans pitié
Ceux qui sont à la recherche d'une comédie réussie seront néanmoins ravis et ceux qui cherchent un peu plus de substance y trouveront aussi quelque chose à se mettre sous la dent. Ce film, même s'il est loin d'être parfait, parvient à être à la fois pertinent et sensible et, à cause du sujet qu'il aborde, se démarque par son originalité.

Dubosc, il faut le dire, nous avait déjà présenté ce personnage de séducteur ridicule dans certains de ses films antérieurs et aussi dans ses spectacles d'humour.

Dubosc, il faut le dire, nous avait déjà présenté ce personnage de séducteur ridicule dans certains de ses films antérieurs et aussi dans ses spectacles d'humour. Cette fois, son personnage est confronté à une situation relativement inédite en la présence d'une femme handicapée qui est bien ajustée à sa situation et qui le force à réévaluer ses propres comportements face aux limitations des autres et aux femmes en général. Sans traiter les personnes handicapées avec pitié, le film parvient à nous faire rire et réfléchir. Il ose aborder un tabou trop souvent ignoré dans notre société avec franchise et authenticité.

Évidemment, certains gags sont parfois un peu trop lourds et manquent de subtilité. La plupart des comédies romantiques souffrent, la plupart du temps, de ce mal à un point ou un autre de leur déroulement. Franck Dubosc, je dois le dire, n'est pas non plus le comédien le plus subtil de la terre, mais la chimie qu'il engendre au contact d'Alexandra Lamy fonctionne bien et ce mélange de genres donne un résultat assez heureux même si les clichés d'usage sont aussi au rendez-vous.

Le mensonge
Le thème principal de cette comédie est évidemment les relations amoureuses chez les personnes handicapées, mais le thème du mensonge prend également beaucoup de place au point de presque devenir le thème central du film. Dubosc semble avoir voulu en mettre plein la gueule à son traditionnel personnage de séducteur de deuxième zone. Le handicap réel de ce personnage est bien sur son manque d'honnêteté et d'humanité. Il apprendra, à ses dépens, qu'un handicap n'est pas ce qui définit un individu. Cette définition passe plutôt par la résilience qui sommeille en chacun de nous et notre capacité à nous adapter et à continuer d'aller de l'avant dans l'adversité.

Tout le monde debout ne va pas révolutionner l'histoire du cinéma il va sans dire. Le film ne fera pas non plus de Franck Dubosc un nouveau Mel Brooks ou un Billy Wilder. Il parvient néanmoins à offrir un bon divertissement essentiellement en prenant des risques. Il nous parle des limitations qui sont le propre de certains d'entre nous, mais qui, et peut-être est-ce là le sujet véritable de cette petite comédie, ne changent rien à nos aspirations profondes et à nos désirs... le tout est de s'accepter avec toute l'honnêteté que ceci suppose.

Tout le monde debout a connu un franc succès lors de sa sortie initiale en France l'hiver dernier et on ne peut lui souhaiter que la même chose chez nous.