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03/07/2018 16:26 EDT | Actualisé 03/07/2018 16:32 EDT

«Grace Jones, Bloodlight and Bami»: tranche de vie d’une diva!

Elle avait déjà tout dévoilé d'elle, mais ce documentaire nous propose une incursion personnelle dans la vie de cette icône pour qui choquer est un mode de vie.

Doug Peters/EMPICS Entertainment

Elle avait tout dévoilé d'elle au cours de sa carrière hors du commun, mais le documentaire Grace Jones, Bloodlight and Bami nous propose une incursion très personnelle dans la vie de cette icône de la mode et de la musique pour qui choquer n'est rien de plus qu'un mode de vie.

Le film s'adresse d'abord et avant à ceux qui connaissent déjà la diva. Réalisé sans la moindre image d'archive avec de nombreux extraits de spectacles récents, Grace Jones, Bloodlight and Bami nous propose un regard intimiste sur une star de la musique et de la mode qui amorce la 7e décennie de sa vie et qui fait une introspection sur son passé.

Nous suivons Grace Jones dans le cadre d'un tournage qui a débuté au milieu des années 2000, alors qu'elle retourne dans sa Jamaïque natale pour renouer avec sa famille et qu'elle amorce l'enregistrement d'un nouvel album qui a finalement vu le jour en 2008.

Le film ne contient aucune narration et est construit à partir d'images de caméra portative qui nous font pénétrer dans l'intimité complète de Grace Jones.

La qualité des images laisse souvent à désirer et donne parfois l'impression d'avoir été tournées avec un iPhone mais l'intimité que ces images dévoilent sur la vie de l'artiste compensent en partie pour leur faiblesse technique. Ce documentaire est vraiment une tranche de vie sans compromis sur la réalité récente de celle qui aura été une des plus grandes vedettes des années 70 et 80.

Cinéma vérité

Le film ne contient aucune narration et est construit à partir d'images tournées à l'aide de caméra légères qui nous font pénétrer dans l'intimité complète de Grace Jones. Certains extraits génèrent même un certain malaise chez le spectateur mais avec un sujet tel que Grace Jones, la provocation doit nécessairement être au rendez-vous. Le résultat est la présentation d'une artiste talentueuse, sensible, intelligente, parfois même naïve, qui semble vivre dans un monde bien à elle.

Dans cet univers, les membres de l'entourage de Jones ne sont que des figurants dans la grande œuvre multimédia qu'est la vie de cette diva. Une diva en fin de parcours, nous le savons tous, mais qui ne semble pas vouloir s'arrêter de performer et de provoquer. Grace Jones, c'est vraiment ça, et nous la reconnaissons bien dans ce rôle qu'elle s'était donné il y maintenant si longtemps et qu'elle continue d'interpréter aujourd'hui toujours avec la même justesse.

Les inconditionnels des années 1980 seront ravis de savoir que l'ex et ancien collaborateur de Jones, le mythique artiste et photographe Jean-Paul Goude, est présent dans le film dans le cadre d'une séquence courte, mais empreinte d'émotion qui vaut presque le prix d'entrée à elle seule.

Reine du disco et du New wave

La place de la musique est centrale dans ce documentaire et s'est tant mieux. Comme si la diva voulait nous rappeler le rôle important qu'elle a occupé dans l'histoire de la musique populaire plus ou moins récente.

Pour ma part, j'ai été ravi de réentendre les mélodies immortelles des pièces Pull up to the bumper et Nipple to the bottle. Les amateurs de disco seront, quant à eux, ravis de réentendre son tube La Vie en rose joué dans le contexte d'une mise en scène horriblement «kitch» réalisée pour une émission de télévision française, qui donne lieu à un échange désopilant dans lequel Grace Jones taille le réalisateur du segment en pièces.

Certains extraits génèrent même un certain malaise chez le spectateur, mais avec un sujet tel que Grace Jones, la provocation doit se trouver au rendez-vous.

Les séquences tournées en spectacle représentent l'élément clé du film. Dans ces extraits, Grace Jones nous rappelle finalement que Lady Gaga a inventé bien peu de choses. Peut-être est-ce là le message de cette petite œuvre parfois maladroitement construite. Grace Jones mérite notre respect d'hier à aujourd'hui pour avoir osé oser en premier... et bien sûr pour nous avoir également presque tous fait danser.

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Pour le reste, le grand documentaire qui fera le tour de la carrière de Grace Jones reste à être fait, car ici, il n'est essentiellement question que d'une tranche de vie de celle-ci.

Grace Jones, Bloodlight and Bami est présentement à l'affiche au Cinéma Du Parc à Montréal.

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