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18/11/2015 08:17 EST | Actualisé 18/11/2016 05:12 EST

Je ne veux pas connaître leurs noms

Comme si pleurer les victimes et nommer l'idéologie assassine par un de ses nombreux noms (islam politique), c'était nourrir le racisme.

*Je vous encourage à googler un ou des noms parmi les nombreux cités.

Je ne veux pas connaître leurs noms.

Et je m’adresse notamment à ceux qui quelques heures après les massacres de Paris nous disent déjà « à qui profite l’instrumentalisation ?». Comme si pleurer les victimes et nommer l’idéologie assassine par un de ses nombreux noms – islam politique, djihadisme, salafisme, intégrisme... – c’était nourrir le racisme anti-arabo-musulman!

Je veux savoir nommer les fascistes religieux par leur idéologie, mais je ne veux pas dire leurs noms. Ils souhaitent disparaître dans la foudre, l’effroi et le sang? Qu’ils disparaissent! Qu’on se souvienne du massacre, du nom des victimes si l’on peut, mais pas des assassins.

Qu’on les efface de notre mémoire humaine. Le Mal veut qu’on sache le nom de ses fidèles. Soyons de fiers infidèles!

Sachons nommer les déclinaisons du Mal, mais ne répétons pas le nom des islamistes massacreurs.

C’est peut-être un peu con. Un peu incantatoire. Je veux savoir nommer l’idéologie meurtrière et totalitaire, mais pas ses sbires, pas ses adeptes tueurs. Mais les prêcheurs de haine? Il faut les nommer, les contredire, les caricaturer, les ridiculiser. Eux qui commencent par parler de foi, de pudeur, de soumission, de vertu -- pour faire le lit de ceux qui disent aux autres d’aller mourir pour des croyances!

Alors, je veux nommer l’imam fasciste Mohammed Khattabi de Montpellier qui prêche - le 13 novembre 2015! - «le musulman est un géant endormi, et s’il se réveille, malheur à celui qui se trouve dans les parages, car il rendra sa gloire à l’humanité.» No comment!

Je ne veux pas savoir le nom des assassins du Bataclan. Mais je veux dire Bataclan et Petit Cambodge, rue de Charonne et La Belle Équipe...

Je veux me souvenir de Saint-Quentin-Fallavier à l’été 2015 et de Hervé Cornara, décapité.

Ou des attentats du Groupe islamique armé de 1995 – des 8 morts et plus de 100 blessés du métro St-

Michel. Je connais le nom du tueur en deux K, mais je ne veux pas lui donner souffle en le disant.

Morts de janvier 2015 à Paris

Et les 2 frères et l’autre facho de janvier 2015 – je veux oublier leurs noms, mais je veux nommer le fondamentalisme et l’intégrisme religieux qui ont donné naissance aux massacreurs. Je veux me souvenir des morts de l’Hyper-kasher, Yohav Hattab, Yohan Cohen, Philippe Braham et François-Michel Saada.

Je veux dire les noms de Wolinski, Cabu, Tignous, Charb, Maris, Mustapha Ourrad... Je veux crier Charlie et ses 12 morts et ne plus donner nom aux tueurs.

Le même jour que Charlie Hebdo : 37 morts à Sanaa au Yémen. Je veux vous le rappeler.

Je veux vous rappeler aussi Ilan Halimi, kidnappé, torturé, tué parce qu’il était juif. Et les millions de culs français restés assis sur leurs chaises quand ça s’est produit en 2006. «Mais non, mais non... ce n’est pas de l’antisémitisme... » disaient les vertueux!

Et je veux connaître le nom des combattantes et des bagarreurs de l’impossible. Je veux dire Nadia El Fani pour que les aveugles voient les films de cette cinéaste tunisienne indomptable et éprouvée.

Lanceurs d’alertes

Je veux dire les lanceuses d’alertes Chahdortt Djavann, Irshad Manji, parmi les premières à nous avoir crié «Attention, derrière le voile se cache un danger mortel ! ». Et Djemila Benhabib! De chez nous au Québec - vilipendée par les bien-pensants à la plume acerbe contre les démocrates anti-islamistes, à la plume moussée quand il s’agit des théocrates.

Je veux me souvenir des attentats du Bardo de Tunis, et de Sousse (mars et juin 2015).

Je veux nommer l’ennemi Boko Haram, Ansar al-Charia, les Chebabs, État islamique. Je veux dire les milliers de victimes des Janjawids, ces milices musulmanes du Darfour et 10 ans de génocide, 300 000 morts, 3 millions de déplacés.

Je lis et veux lire Boualem Sansal, Taslima Nasreen, Salman Rushdie. Lisons-les!

Une idéologie de l’extrême-extrême-droite

Je veux me souvenir de Toulouse en mars 2012 – de Imad Ibn Ziaten militaire tué par l’islamo-fascisme. Et aussi de l’école Ozar Hatorah. Je veux pouvoir nommer Myriam Monsonégo, 8 ans, que l’islam politique a attrapé aux cheveux avant de lui tirer dans la tempe. Et Gabriel, 3 ans, et Aryeh, 6 ans. Et Jonathan Sandler.

Mais l’assassin à la moto. Je ne veux pas que vous prononciez son nom devant moi. Ce fauve qui loin d’être loup solitaire faisait partie d’un parti nazi sans frontières.

Je veux nommer l’idéologie de l’extrême-extrême-droite qui préside aux combats de l’État islamique, qui s’abreuve aux mêmes sources que celle qui séquestre et fouette Raïf Badawi. Je veux nommer les barbares moyenâgeux, et les Frères musulmans, et Tariq Ramadan imposteur démasqué, et l’immense apartheid dont sont victimes des dizaines de millions de femmes dans des prisons de tissu déclinées de diverses façons, avec ou sans visage couvert – quand on t’oblitère en t’uniformisant, on peut bien te laisser yeux, bouche et nez à l’air libre, t’es quand même oblitérée. Je veux ne jamais oublier Badawi. Je veux le croiser dans une rue de Sherbrooke et lui dire Salut Raïf, salut Ansar !

Je veux savoir le nom de cette gamine de 5 ans croisée au Jean-Coutu de Cartierville habillée en fantôme. Je veux dire le nom de ces croyances qui se donnent des airs de vertu sous des uniformes soi-disant religieux ou culturels.

Aux parents de cette petite fille, je veux présenter Ibn Warraq... l

Je veux leur parler du cheikh Nefzaoui : « Une longue barbe est le symbole de la faiblesse de l’esprit ; elle ne s’allonge pas sans que l’on constate de plus en plus de décombres au niveau de l’intelligence. »

Je veux dire que des islamistes modérés ça n’existe pas. On n’est pas un peu nazi. On l’est ou pas. On porte l’uniforme, on véhicule la pensée, on énonce les mêmes vérités que des tueurs ceinturés d’explosifs? Il doit y avoir un lien, non?

L’islamisme meurtrier prend ses sources quelque part!

Je veux nommer la ville de Gamboru Ngala (Nigeria) et ses 350 morts sous les couteaux et les balles de l’islam politique en mai 2014.

Je veux désigner la Jemaah Islamiyah 200 fois meurtrière islamiste à Bali en 2002.

Je veux rappeler Lashkar-e-Toiba à Mumbai en 2006. Je veux hurler que ces salopards fanatiques ont mitraillé des trains de banlieue – 180 morts! Des trains de banlieue! Comme à Madrid en mars 2004 (1600 victimes!). Des quidams qui rentraient du boulot ! Et ces nazislamistes ont frappé Mumbai à nouveau en 2008. Je veux savoir le nom de l’hôtel : Taj Mahal, 175 morts.

Je veux vous dire de lire Wassyla Tamzali Une femme en colère : lettre d'Alger aux Européens désabusés. Je veux nommer les transgresseurs Ayaan Hirsi Ali, Wafa Sultan.

Je veux rendre hommage à Abdelwahab Meddeb (L’impasse islamique). Je veux souligner l’immense courage et la lucidité de Soheib Bencheikh, de Abdennour Bidar, de Fethi Benslama dans sa Déclaration d’insoumission à l’usage des musulmans et de ceux qui ne le sont pas.

Et Zineb el-Rhazoui, Marocaine, fondatrice du Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles – journaliste à Charlie Hebdo. Lisez-la, écoutez-la!

Et Salim Mansur de l’Université Western Ontario. Et Karim Akouche, chez nous, au Québec. Je veux dire PDF Québec, Leila Bensalem et Leila Lesbet : « Dans tous ces pays où l’islam est religion d’État, les hommes faibles s’activent à remonter le temps afin de figer les femmes dans le patriarcat qui, depuis que le monde existe, est obsédé par notre maternité. »

Matoub Lounès – victime aussi du relativisme culturel. Je veux toujours me souvenir de Matoub Lounès, chanteur amazigh assassiné par l’obscurantisme islamique en 1998.

Je voudrais que vous cherchiez la « liste des 100 journalistes algériens tués » par l’intégrisme djihadiste bourreau de 100 000 victimes algériennes. Cherchez au moins le nom de Tahar Djaout – il a des choses à vous dire.

Je veux me souvenir des femmes et des hommes lapidés, pendus, explosés, violées, torturés, ou soumis, voilées, battues, castrés, aveuglés ou bâillonnées dans un immense territoire idéologico-religieux qui va du Maroc et de l’Afrique noire à l’Indonésie...

Je veux entendre les voix des musulmans convaincus qu’il faut profondément réformer l’islam – comme Mohamed Larousi : « Je suis peut-être fou, mais je vais le dire et je m’en fous : je demande à tous ceux et toutes celles qui nous répètent sans cesse que « l’Islam est innocent de ces gens-là », d’arrêter cette hypocrisie et de crier avec nous qu’il n’y a pas de vrai ou de faux islam, ni de vrais ou de faux musulmans, mais par contre, il y a de vrais terroristes, et ceux-là tuent et massacrent au nom de l‘Islam. »

Parmi des centaines d’autres attentats-suicides, je veux dire le 16 juillet 2005 et un camion-citerne qui saute près d'une mosquée à Moussayib (Irak), plus de 250 morts et blessés.

Je veux parler du relativisme culturel et de la rectitude politique qui préside à la cécité de mes amis de Québec Solidaire ! Pour de rien dire des complotistes abrutis qui voient derrière ce vendredi 13 novembre l’ombre d’un ordre mondial dirigé par les sionistes, la CIA ou pire...!

Je veux dire Bouddhas de Bamiyane. Je veux nommer le Commandant Massoud, mais pas ses assassins

belges, déjà en 2001 ! Je veux dire les Yézzidis, les chrétiens d’Orient, les minorités soumises à une grande noirceur qui ne fait guère s’émouvoir une partie de cette gauche pourtant dite compassionnelle. Je veux me souvenir d’Aasia Bibi.

Je veux dire les 100 morts du 10 octobre 2015 à Ankara.

Je voudrais pouvoir nommer les 300 tués et blessés de Beyrouth, ce 12 novembre 2015.

Je veux pleurer Paris terrorisée et les terrasses ensanglantées.

Mais les noms des bourreaux islamistes nazis du 13 novembre 2015 à Paris. Je ne veux pas les prononcer.

Je ne veux pas connaître leurs noms.

Pour qui le veut le Coran

Pour qui le veut la Torah

Pour tel autre l'Évangile

[...]Pour qui le veut images

Pour qui le veut idoles

Pour qui le veut retraite ou vie solitaire

Pour qui le veut guinguette où lutiner la biche.

Abd el Kader.Kitâb al mawâqif

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