LES BLOGUES
13/02/2019 06:00 EST | Actualisé 13/02/2019 06:00 EST

En France, quel référendum pour sortir de la crise?

La crise française remet en question la position du pays sur la scène internationale, fragilise son économie et favorise la montée des extrêmes. Il est nécessaire d’agir vite!

La solution d’un référendum d’initiative citoyenne semble la meilleure option pour réconcilier le peuple ainsi que son rapport au politique.
GONZALO FUENTES/AFP/Getty Images
La solution d’un référendum d’initiative citoyenne semble la meilleure option pour réconcilier le peuple ainsi que son rapport au politique.

Les manifestations menées par les gilets jaunes depuis le 17 novembre 2018 n'ont mené à aucun consensus avec le gouvernement. Cela a surtout suscité des tensions au sein de la société et a fragilisé l'unité nationale comme le montrent les différentes altercations et les mobilisations anti gilets jaunes. En dépit des solutions proposées par le gouvernement, à l'instar d'un possible référendum évoqué par Emmanuel Macron cette semaine, la crise s'enlise.

La solution d'un référendum d'initiative citoyenne semble la meilleure option pour réconcilier le peuple ainsi que son rapport au politique.

Si à l'échelle internationale la situation française intéresse, un sentiment de lassitude se fait sentir en France. La remise en cause de la mauvaise gouvernance a, dans un premier temps, rassemblé les citoyens français. La persistance de la crise sans réels changements et les nombreux débordements enregistrés ces dernières semaines ont néanmoins mis à mal le mouvement.

Les causes défendues par ce mouvement hétérogène sont de moins en moins soutenues par l'opinion publique. Ce dernier est également fortement critiqué. L'émergence du contre-mouvement des foulards rouges qui s'est rassemblé ce dimanche 27 janvier à Paris en témoigne.

En plus d'une crise politique, c'est aussi une crise sociétale qui touche le pays.

AP Photo/Rafael Yaghobzadeh
Des centaines de personnes portant un foulard rouge ont défilé à Paris pour protester contre les violences déclenchées au cours des deux mois de manifestations antigouvernementales organisées par le mouvement des gilets jaunes.

Dans cette cacophonie, quelles mesures prendre?

Quelles voix écouter? Le président français a proposé un Grand Débat national auquel suivrait un référendum, mais là encore de nombreuses voix se sont opposées.

La situation semble tourner en rond. Les solutions proposées depuis le début des manifestations ne convainquent pas. Les citoyens français savent-ils vraiment ce qu'ils veulent?

Ce n'est pas que le mouvement est vide de sens ou qu'il tente d'atteindre un objectif qu'il ne connaît pas lui-même, comme certains ont pu l'affirmer. C'est surtout que le peuple refuse le politique. Emmanuel Macron, et plus largement la classe politique, a perdu toute légitimité auprès d'une grande partie de la population.

Dans une interview accordée à l'Express, le chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po Bruno Cautrès affirmait que les inconvénients du référendum résident surtout dans l'utilisation qui en est faite. C'est justement sur ce point que se heurte la proposition du gouvernement.

Le référendum proposé par le président est un outil démocratique, mais apparaît surtout comme un instrument du pouvoir exécutif pour assurer sa pérennité.

Dans ce contexte, comment mettre un terme à la crise?

La solution la plus viable serait la mise en place du référendum d'initiative citoyenne (RIC), revendication défendue par les gilets jaunes.

Le RIC repose sur la possibilité des citoyens de proposer un référendum sur une question donnée sans passer par leurs élus. En atteignant un nombre défini de signatures, la proposition pourra être discutée, complétée et amendée par l'Assemblée nationale et ensuite soumise au vote de l'intégralité des Français.

Permettant la consultation directe des citoyens, le RIC romprait avec l'illusion démocratique actuelle. À armes égales, toutes les strates de la société pourraient faire entendre leur voix.

L'agoraphobie politique ou la peur des dérives si le pouvoir venait à être entre les mains du peuple est soutenue par certains spécialistes. Comme le souligne la vice-présidente de la CNDP, Ilaria Casillo, dans une entrevue pour Le Monde, aucun sujet n'est cependant trop technique pour être débattu par les citoyens. Avoir la condescendance de réfuter cela, c'est infantiliser de manière inacceptable le peuple français. C'est à lui d'agir là où le système de représentation actuel semble faire défaut!

La remise en cause des droits fondamentaux est un risque amené par cette solution, mais il est à relativiser. Le RIC amène une proposition, elle ne l'entérine pas. Le RIC n'est donc pas une fatalité!

La crise française remet en question la position du pays sur la scène internationale, fragilise son économie et favorise la montée des extrêmes. Il est nécessaire d'agir vite!

Selon le sondage Ifop diffusé mercredi dernier, 77% des Français se disent favorables à un RIC. Cette option est donc la plus consensuelle et est, par conséquent, à envisager sérieusement. Pour éviter de potentielles dérives, ce système devra néanmoins être défini précisément, notamment en ce qui concerne le seuil pour le déclencher ainsi que son champ d'intervention.

À LIRE AUSSI:

» La détresse psychologique de la génération numérique
» Budget provincial: des solutions pas toujours plus chères
» Demander sa rente de retraite du RRQ à 60 ans: est-ce vraiment LA meilleure idée?

La section des blogues propose des textes personnels qui reflètent l'opinion de leurs auteurs et pas nécessairement celle du HuffPost Québec.