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22/03/2018 09:00 EDT | Actualisé 22/03/2018 11:08 EDT

Réjean Tremblay, le CH, les libéraux et la condescendance…

À force de pratiquer la condescendance, à force de prendre le monde pour des cons, on nivelle encore et toujours par le bas.

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Il n'y a pas à dire, ça sent mauvais dans notre Belle Province. En s'attardant un tant soit peu au climat politique ambiant, c'est un peu comme lorsqu'on regarde dehors ces derniers jours : il est possible de se dire qu'il fait beau, mais dans les faits, la neige refuse de fondre, il fait toujours aussi froid, et ça ne semble pas près de changer...

Le Parti libéral du Québec continue de nous prendre pour des cons de toutes les manières possibles. Et j'ai tout sauf envie de parler de la rémunération des médecins, du système de la santé et de cette pâle copie de Donald Trump qui a en a pris les rênes il y a déjà trop longtemps. De son côté, le CAQ promet mer et monde pour se faire élire, peu importe que cela soit vrai, faux ou simplement ridicule. Le Québec a besoin de changement. Mais comme d'habitude, on va faire confiance à des gens qui, non seulement, ne vont pas le mériter, mais dont l'improvisation pure et simple ainsi que les déclarations insultant la décence et le bon goût vont se succéder à un rythme effréné du premier au dernier jour. Ça va changer en criss, vous allez voir...

Ce bon vieux Parti québécois continue de faire ce qu'il nous a si bien habitués à faire : se chicaner et stagner. Chaque jour passé nous donne l'impression de voir la barque de sa dérive constante s'éloigner vers un horizon sans terre. Avec comme pilote, un homme qui ne semble pas comprendre que la tempête est toujours devant, et non derrière. On salue le retour de Jean-Martin Aussant, mais c'est un pansement sur une plaie ouverte... Bref, c'est désolant.

Et finalement, Québec Solidaire, ragaillardi par l'arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois, la fusion avec Option nationale et par le dynamisme de Manon Massé, semble penser qu'ils peuvent jouer les trouble-fêtes aux prochaines élections. Une simple analyse territoriale permet de répondre à leurs prétentions: Not. Un siège potentiel de plus, ce n'est pas vraiment un gain dans une situation comme celle dans laquelle se trouve ce parti, et ses appuis hors Montréal restent proches du néant. Je vais (encore) profiter de cette tribune pour redire ce qui a déjà été (très) souvent dit: la Gauche québécoise avait BESOIN de l'alliance entre le PQ et QS pour tenter de reprendre le pouvoir à ces libéraux qui décennie après décennie, nous prennent assurément pour des cons. Mais comme dirait l'Autre, tout le monde s'en fout...

Et il y a le CH. Normalement, on peut toujours compter sur le sport pour nous faire oublier la politique et son lot de viande avariée. Mais cette année, c'est le désastre absolu. De haut en bas, du propriétaire jusqu'aux jeunes joueurs du club-école, c'est la désolation. Absence de relève, l'avenir est sombre au possible, le présent est d'une tristesse... Mais il semblerait qu'on ait un plan. Eh ben. Sans parler du fait que de réaliser l'ampleur de cette débandade ne semble pas faire partie du constat des dirigeants, et qu'ils continuent à croire que demain, tout ira mieux. Le «wishful thinking» par excellence. Ce sont nous, les fans, qui ne comprennent rien au hockey, évidemment. On est des valises pleines d'argent, c'est tout. La ressemblance ici entre les dirigeants du CH et du PLQ est frappante...

Et il y a Réjean Tremblay. Ce bon vieux septuagénaire, habitué du sport depuis Matusalem, passé au Journal de Montréal pour bloguer son expérience aux oreilles du bon peuple. Voici un extrait de son dernier blogue:

Si on se fie à la froide raison, les étudiants n'étaient pas pleinement justifiés de hurler contre une simple augmentation des frais universitaires en 2012. Aux États-Unis, une année en communications dans une université quelconque coûte 40 000 $. Au Québec, c'est 3 000 $ et quelques grosses bières et une couple de gros bats.

Mais les jeunes des carrés rouges en avaient plein le cul des mensonges et des arnaques des libéraux. Ils ont fini dans les rues et provoqué malheureusement du vandalisme et des bagarres avec les policiers.

Pas à cause d'une augmentation de 400 $. C'était le prétexte. Parce qu'ils en avaient plein le cul.

Geoff Molson devrait faire attention. Si trop de monde en a plein le cul, c'est tout son empire et lui-même qui pourraient subir cette colère. Et quand ce sont les émotions qui mènent une colère, c'est rarement joli.

Je ne sais pas trop comment te dire ça, Réjean, parce que tu as quand même raison. Bon, comparer les frais de scolarité aux États-Unis à ceux du Québec, à froid comme ça, sans mise en contexte pour parler des différences évidentes et extrêmement nombreuses entre les deux sociétés, c'est bas. Par contre, c'est vrai que lorsque les dirigeants abusent du concept, la colère populaire gronde. Ça s'applique aux Libéraux, qui sont toujours là malgré tout, et au CH, qui semble appliquer le même modèle. Et peut-être que le 400$ était un prétexte, Réjean, peut-être. Mais quand tu ajoutes « quelques grosses bières et une couple de gros bats » au mot « étudiants », tu ne fais que les rabaisser. Parce que certains universitaires fument du pot et boivent de la bière, ils ne sont pas capables d'avoir des opinions valables, Réjean, c'est ça que tu veux dire ? Je connais beaucoup d'adultes qui boivent et qui fument du pot aussi, Réjean, et leurs opinions sont valables. J'en connais qui sont «clean» et dont leurs opinions ne valent rien, tsé. Je sais que tu le sais: ça n'a aucun lien avec la consommation, c'est une question d'abus, d'analyse et d'intelligence. Mais bon, tu travailles au Journal de Montréal, les raccourcis intellectuels font partie de la job! Comme les Libéraux, qui pensent savoir ce qui est bon pour nous, alors que sur de nombreux sujets la grande majorité des Québécois s'y opposent ; ou comme le CH, dont les dirigeants pensent savoir comment gérer un club de hockey aspirant aux Grands Honneurs, alors que n'importe qui avec une connaissance minimale du sport peut facilement voir qu'on vient de frapper un mur.

À force de pratiquer la condescendance, à force de prendre le monde pour des cons, on nivelle encore et toujours par le bas. Et si on va trop loin, ça remonte n'importe comment. Mais quand ça remonte, ça fesse fort, et ça réfléchit encore moins...