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30/01/2016 07:28 EST | Actualisé 30/01/2017 05:12 EST

La technologie chinoise s'impose à Las Vegas

Les technologies qui transformeront notre quotidien sont au cœur de la stratégie des entreprises chinoises.

Le Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas est devenu en quelques années un événement mondial et le marqueur des évolutions technologiques de l'électronique grand public dans le monde. L'événement majeur de la dernière édition est sans conteste l'importance de la présence chinoise. Après la domination japonaise s'ouvre l'ère de la domination chinoise sur le marché électronique mondial.

Dans les années 1990, l'invasion du CES par les grandes firmes électroniques japonaises marquait le début de la domination de ces dernières sur le marché mondial. Cette année, le nombre des entreprises chinoises pourrait fort bien inaugurer une tendance de même nature: plus de 1 000 sociétés chinoises présentes, soit environ un tiers des exposants... La présence des grands noms de l'électronique chinois était massive, comme Hisense (qui a repris la marque Sharp sur le continent américain), Sichuan Changhong Electric (dont les stands flanquaient celui d'Intel dès l'entrée de l'exposition) ou Huawei, qui vient de lancer avec Google le nouveau Nexus 6P.

Et d'autres sociétés ont fait le buzz, comme Faraday Future, qui a dévoilé un voiture concept électrique, autonome et connectée. L'entreprise basée à Los Angeles et dans laquelle travaillent un certain nombre d'ingénieurs transfuges de Tesla a été créée par le milliardaire chinois Jia Yueting, par ailleurs propriétaire du groupe LeTV, connu comme le «Netflix chinois», et qui fabrique aussi des téléphones et des téléviseurs.

L'une des attractions les plus remarquées fut la présentation par la société Ehang du drone 184, qui peut embarquer un passager de moins de 100 kg pendant plus de 20 minutes. Il n'a pas pu voler à Las Vegas, puisque les autorités américaines ne l'ont pas encore approuvé, mais il est révélateur de l'intense activité de l'industrie des drones en Chine, notamment sous l'impulsion d'Ehang, une société basée à Guangzhou, et qui a levé plus de 50 millions de dollars auprès d'investisseurs à risque, mais aussi de DJI, premier constructeur chinois de drones.

Son produit vedette, le Phantom, est le drone équipé d'une caméra le plus vendu au monde. Ehang a fait une demande de certification aux États-Unis pour son 184 et mène des discussions avec les villes de Guangzhou, Auckland et Los Angeles pour mettre en œuvre un service de «taxi» à la demande. Le passager n'a pas besoin d'une licence de pilote, il se contente d'indiquer sa destination sur une carte, et le drone l'y conduit de façon totalement autonome.

Entre 2015 et 2016, l'espace d'exposition consacré aux drones grands publics et commerciaux a augmenté de 200 %, ce qui indique bien les perspectives de croissance de cette nouvelle industrie: le marché américain des drones devrait atteindre le milliard de dollars cette année.

Les technologies de rupture qui transformeront notre quotidien sont au cœur de la stratégie des entreprises chinoises. Qu'il s'agisse de la voiture autonome, de la télévision connectée, du e-commerce, de la robotique domestique, de l'intelligence artificielle, des terminaux intelligents ou des objets connectés, les entreprises chinoises couvrent l'ensemble du spectre des technologies de rupture sur lesquelles les groupes américains pensaient, il y a quelques années encore, disposer d'une avance décisive.

Or, il suffit de lire la façon dont la presse chinoise a rendu compte de cette dernière édition du CES pour comprendre que la Chine fait de la conquête du marché de l'électronique grand public aux États-Unis à la fois un objectif stratégique en matière de croissance économique et d'internationalisation de ses grandes entreprises, mais aussi un objectif technologique, en utilisant ce gigantesque laboratoire qu'est le marché américain pour faire des avancées décisives dans les technologies de demain.

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