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07/05/2018 06:00 EDT | Actualisé 07/05/2018 06:00 EDT

Santé mentale: et si on se faisait une tête!

Nous souhaitons que la qualité et la quantité des services qui sont nécessaires en santé mentale deviennent réellement un enjeu de société.

KatarzynaBialasiewicz via Getty Images

Dans le cadre de la Semaine nationale de la santé mentale et sous le thème « Faisons-nous une tête sur les services que nous voulons en santé mentale. » l'Association des psychologues du Québec lance une vaste campagne pour sensibiliser la population et les décideurs sur cette importante question.

Nous souhaitons que la qualité et la quantité des services qui sont nécessaires en santé mentale deviennent réellement un enjeu de société. On cause, on sensibilise, on fait des annonces, mais concrètement quel est l'état des lieux des services en santé mentale et surtout, que voulons-nous comme services publics?

On cause, on sensibilise, on fait des annonces, mais concrètement quel est l'état des lieux des services en santé mentale et surtout, que voulons-nous comme services publics?

Pour aider la population à se faire une tête, l'Association des psychologues enverra à tous les partis politiques un questionnaire pour que ces derniers se positionnent officiellement sur les différents enjeux qui touchent la santé mentale. En parallèle à cette initiative et pour aider les décideurs à se faire une tête, nous avons décidé également de démarrer ce blogue pour lever le voile sur la réalité des services actuels en santé mentale, vous interpeller sur différents enjeux et recevoir vos commentaires et suggestions. C'est un grand dialogue que l'APQ veut provoquer entre la population et les décideurs.

Quand la population se fait une tête sur ce qu'elle veut, elle envoie un puissant message aux décideurs politiques. Cette année, une année d'élection générale au Québec, nous ferons en sorte que la semaine de la santé mentale dure jusqu'au 1er octobre.

Dans l'immédiat, nous avons des préoccupations concrètes : le manque de psychologues dans les écoles et dans les services de santé. Ce qui prive la population de services de santé mentale hautement nécessaires, notamment pour les situations de dépressions, de troubles anxieux et bien d'autres. Depuis plusieurs années, des compressions importantes ont réduit le nombre de postes et pendant ce temps, les listes d'attente se sont allongées de façon exponentielle. Il n'est pas rare de devoir attendre un an pour voir un psychologue.

Depuis plusieurs années, des compressions importantes ont réduit le nombre de postes et pendant ce temps, les listes d'attente se sont allongées de façon exponentielle.

Le gouvernement nous promet un projet d'accès à la psychothérapie. Mais ces 35 millions vont-ils réellement résoudre le problème? Nous devrions bientôt en connaître un peu plus sur ce premier pas positif d'investissement en santé mentale. Mais comme il se veut en inspiration du programme britannique IAPT (Improved accesss to psychological therapies), nous avons plusieurs réserves, compte tenu des lacunes observées en Angleterre. Par exemple, s'agira-t-il d'une consultation prêt-à-porter de très courte durée qui mettra de côté les besoins réels de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale d'intensité moyenne et sévère? Devra-t-on passer par la prescription médicale pour avoir accès à ces services alors que la Loi 21 confère aux psychologues l'acte réservé d'évaluation des troubles mentaux?

Nous croyons pour notre part que la présence de psychologues en nombre suffisant s'avère une solution-clef au traitement des problèmes de santé mentale et qu'elle doit être appliquée de façon urgente. Et qu'il faut éviter la tentation des solutions magiques à travers les formules de suivi mécanisées.