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09/06/2015 09:41 EDT | Actualisé 09/06/2016 05:12 EDT

Élections partielles à Québec: le CAQuet bas

La victoire de Véronyque Tremblay dans Chauveau témoigne de la force du PLQ à Québec, une région plutôt conservatrice qui hésite maintenant à appuyer la CAQ, un parti montréalisé depuis sa fusion avec l'ADQ en 2012.

La perte de Chauveau et un résultat anémique dans Jean-Talon constituent un échec retentissant pour la Coalition avenir Québec (CAQ), qui voit l'électorat de Québec la déserter au profit du Parti libéral du Québec (PLQ).

Dans Chauveau, la victoire de la libérale Véronyque Tremblay (41,3 %) devant la caquiste Jocelyne Cazin (33,6 %) et le péquiste Sébastien Couture (15,4 %) en a surpris plus d'un. Quant à Jean-Talon, c'est le libéral Sébastien Proulx (41,8 %) qui déclaré vainqueur, devant le péquiste Clément Laberge (30,0 %) et le caquiste Alain Fecteau (13,8 %).

Le lièvre et la tortue

Si on revient un peu en arrière, on constate que la CAQ a commis quelques bévues en début de parcours, qui se sont retournées contre elle.

Pendant que le parti de François Legault péchait par excès de confiance en désignant Jocelyne Cazin, une candidate vedette, certes, mais très peu ancrée à Québec, le PLQ en choisissait une plus locale, plus impliquée dans Chauveau en la journaliste Véronyque Tremblay. Se fiant aux résultats des élections générales, la CAQ était certaine de garder son comté : Gérald Deltell avait remporté avec près de 10 000 voix de majorité sur le libéral Bernard Chartier en 2014.

Il est évident que plusieurs éléments sont venus influencer le résultat, comme le départ du populaire et respecté Gérald Deltell, la possibilité pour le Parti libéral au pouvoir de faire avancer les dossiers, le «Cazingate» qui a montré le manque d'organisation du parti et enfin, le décès de Jacques Parizeau.

Néanmoins, l'omniprésence de tous les chefs dans cette élection partielle ne peut pas donner une défaite à quelque parti que ce soit. En particulier, cette victoire témoigne de la force du PLQ à Québec, une région plutôt conservatrice qui hésite maintenant à appuyer la CAQ, un parti montréalisé depuis sa fusion avec l'ADQ en 2012. Déjà, aux dernières élections, la CAQ n'avait remporté que deux sièges dans la Capitale-Nationale. Il ne reste maintenant qu'Éric Caire pour tenir le fort.

Quelle austérité?

En conservant relativement facilement Jean-Talon et en prenant Chauveau, le Parti libéral a accru sa domination dans la région.

Également, le message lancé par la population est on ne peut plus clair : elle n'est pas réfractaire aux mesures de rigueur budgétaire et n'a pas peur des manifestations des groupes de pression devant l'Assemblée nationale.

Effet PKP?

Quant au Parti québécois, sans nécessairement sauter de joie, il peut se vanter d'avoir amélioré ses résultats dans les deux comtés (+ 3,2 % dans Chauveau et + 7,5 % dans Jean-Talon). Effet PKP ou effet Parizeau, peu importe, le Parti québécois est toujours en vie et peut espérer continuer de montrer dans la faveur populaire depuis l'élection de son chef.

Bien sûr, sur le plan objectif, un résultat de moins de 20 % dans une banlieue pure-laine est médiocre pour le parti souverainiste, mais il faut se le dire, l'électorat de la Capitale-Nationale est particulier. De toute façon, l'étude de Pauline Marois sur les médias de Québec financée par les contribuables viendra répondre à toutes leurs interrogations...

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