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06/05/2015 10:27 EDT | Actualisé 06/05/2016 05:12 EDT

Vague orange en Alberta: il ne faut jamais sous-estimer ses adversaires

S'il y a une leçon à tirer de la vague orange qui a déferlé sur l'Alberta, c'est qu'il ne faut jamais sous-estimer ses adversaires.

Ce n'est pas un poisson d'avril en retard. Un gouvernement néodémocrate majoritaire a été élu mardi soir en Alberta. Oui, dans le fief des conservateurs de Stephen Harper. Ayant rarement dépassé les 10 % du suffrage au cours des dernières décennies, le NPD a réussi à attirer les nombreux Albertains insatisfaits.

Le résultat est tout autant spectaculaire qu'inédit : Rachel Notley devient la 17e première ministre de l'Alberta pour un parti qui avait obtenu un peu moins de 10 % et seulement quatre sièges aux dernières élections.

Une comédie d'erreurs

Le Parti progressiste-conservateur, qui a régné sans interruption pendant plus de 40 ans, a commis de nombreuses bévues qui se sont soldées en une défaite cinglante.

Remportant les élections de 2012 face au Wildrose en progression, le parti a été secoué par un scandale de dépenses qui a poussé la chef, Alison Redford, à quitter en plein mandat. Puis, l'arrivée de Jim Prentice, l'ex-ministre du cabinet Harper, a insufflé un vent nouveau au PC à l'automne dernier. À tel point qu'on croyait à la mort de l'opposition officielle, le Wildrose, à la suite du ralliement de neuf députés, dont la chef Danielle Smith, au parti en poste. Tout allait bien à ce moment : l'opposition était à l'agonie.

La lune de miel avec le nouveau premier ministre n'a pas fait long feu, puisque plusieurs bourdes ont été commises, comme un budget incluant des hausses de tarifs et de taxes pour compenser la perte de revenus de l'État causée par la baisse des cours du pétrole. Jim Prentice a aussi renié les élections à date fixe en déclenchant des élections anticipées.

Progression rapide

La politique ayant erreur du vide, un tiers parti a émergé pour offrir une alternative aux électeurs. Rachel Notley a su marquer des points pour le NPD avec un programme réaliste qui laissait tomber certains éléments trop idéologiques. Avec une économie chancelante, le parti de gauche est parvenu à susciter de l'espoir chez les Albertains aux prises avec des pertes d'emplois.

Opposition officielle

Le Wildrose, pour sa part, a étonné de nombreux analystes en formant l'opposition officielle. Le chef, Brian Jean, qui a pris les rênes du parti en pleine tourmente, peut se féliciter d'avoir réussi à augmenter le nombre de députés.

Un avenir difficile

Avec une troisième place, le Parti progressiste conservateur de l'Alberta devra se reconstruire. Il aura tout le temps voulu pendant le mandat majoritaire de quatre ans... et un nouveau chef. En effet, Jim Prentice n'a eu d'autre choix que de démissionner le soir même, devant cette défaite cuisante.

Le seul espoir dans cette déconfiture, c'est la relative force du vote de droite, qui a atteint plus de 50 %.

Répercussions à Ottawa

Le gouvernement Harper, qui avait appuyé le Wildrose en 2012, mais qui est demeuré plus discret cette fois-ci, saura difficilement expliquer la défaite des deux partis de droite et la victoire de la gauche.

Même si le provincial et le fédéral ne sont pas des vases communicants, le gouvernement doit prendre acte de cette nouvelle donne en Alberta. Mais surtout, les partis cendrillons peuvent toujours déjouer les pronostics lors des élections.

S'il y a une leçon à tirer, c'est de ne pas sous-estimer ses adversaires.

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