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08/05/2018 10:30 EDT | Actualisé 08/05/2018 10:30 EDT

L’aide financière de dernier recours: les préjugés et les préjudices

TEXTE COLLECTIF Nous sommes un groupe d'étudiants en techniques de travail social au cégep du Vieux Montréal qui unit sa voix à celles des personnes bénéficiant de l'assistance sociale.

Stas_V via Getty Images

Chers ministères et ministres de l'Emploi et de la Solidarité sociale, de la Santé et des Services sociaux et chers membres d'une société se disant démocratique,

Nous sommes un groupe d'étudiants en techniques de travail social au cégep du Vieux Montréal qui unit sa voix à celles des personnes bénéficiant de l'assistance sociale. Celles-ci, menant un combat dans l'ombre au quotidien, ont parlé. À quand l'écoute viendra-t-elle? Sans pour autant parler au nom des personnes assistées sociales, nous nous allions à eux afin d'être entendus.

Nous sommes conscients de vos initiatives récentes tels que vos plans de lutte contre la pauvreté et les diverses mesures qui en découlent. Mais le soutien et les efforts que l'on apporte présentement à ce 6% de notre collectivité sont-ils réellement suffisants? L'humble lutte vers un Québec juste et inclusif est non seulement nécessaire, mais capitale.

En analysant le problème entourant l'assistance sociale en surface, puisqu'il en est plus facile ainsi, nous individualisons une situation dans laquelle nous avons tous un rôle à jouer, nous nous déresponsabilisons face au mal-être d'autrui. Les conditions de vie des assistés sociaux, ces boucs émissaires auxquels nous infligeons systématiquement des étiquettes affables, découlent-elles réellement de mauvaises décisions personnelles ou même d'un manque d'ambition? Détrompez-vous.

Personne n'est à l'abri des difficultés liées à la monoparentalité par exemple, à la dépression, à la rudesse du marché du travail, à des problèmes familiaux, etc. De ce fait, qu'une partie de la population que l'on affuble du nom de « BS », ces gens qu'on méprise injustement, soit victime d'un manque flagrant de notre filet social n'est pas attribuable à une faiblesse individuelle. Il est cependant plus simple de se voiler la face et de remettre entre les mains des jeunes, des immigrants, des personnes vivant avec des troubles mentaux, et des autres personnes stigmatisées la responsabilité de leur situation plutôt que de les reconnaître comme étant victimes de notre système.

De ce fait, nous souhaitons dénoncer les effets nuisibles du programme d'assistance sociale en place qui contribue à l'oppression des classes, reflètent nos préjugés collectifs et les alimentent davantage, tout en nuisant aux conditions de vie des prestataires de l'assistance sociale, tant au niveau de leur santé physique que mentale. Mais au-delà de ces symptômes se cachent habilement des doctrines économistes, capitalistes et néo-libérales qui permettent à certains de couvrir moins de la moitié de leurs besoins de base. En réalité, 633$ (ou moins) par mois ce n'est pas assez.

Nous sommes présentement sous l'ombre d'un dernier budget libéral et à l'aube d'élections provinciales: allions-nous aux personnes assistées sociales, aux organismes de défense de droits des assistés sociaux et à la cause citoyenne pour qui prospérité ne rime pas avec « économie », mais bien avec « dignité ».

Solidairement,

Genia Arreaza, Alex Charette, Charlaine Cowan, Michel Fréchette, Isabelle Harnois & Sabrina St-Amand.

Fournie