LES BLOGUES
03/11/2015 12:07 EST | Actualisé 02/11/2016 05:12 EDT

À force de dire que le Plateau est inaccessible, les gens finissent par le croire

Nous assistons à une guerre politique prenant en otage commerçants et résidents, divisés par cette campagne négative visant à faire croire à l'ensemble des Montréalais que «le Plateau, c'est l'enfer». Nous rappelons juste que le Plateau reste un des lieux les plus achalandés et convoités de l'île...

Ce billet de blogue est un texte collectif cosigné par 28 résidents du Plateau Mont-Royal, dont la liste se trouve en pied de page.

Il y a un peu plus d'une semaine, des commerçants du Plateau-Mont-Royal ont entrepris une action symbolique annoncée par un communiqué intitulé « Les commerçants de la rue Rachel en ont assez de Luc Ferrandez - Plus de 50 commerçants ont décidés [sic] de mettre en vente leur commerce ». En observant la couverture médiatique accordée à l'événement, nous constatons que plusieurs points demeurent à élucider sur le « Comité de résidents et de gens d'affaires du Petit Laurier », qui a émis le communiqué, et qui n'est enregistré nulle part légalement : qui sont ses membres, combien de commerces et d'individus représente-t-il? Quel est son lien avec les commerçants de la rue Rachel? Ce comité a-t-il tenté de rencontrer le maire Ferrandez ou les conseillers d'arrondissement? Des compromis ont-ils été faits?

Si nous sommes perplexes devant cette action, ce n'est pas parce que nous nions que certains commerces éprouvent des difficultés. Cependant, nous croyons assister à une guerre politique prenant en otage commerçants et résidents, divisés par cette campagne négative visant à faire croire coûte que coûte à l'ensemble des Montréalais que « le Plateau, c'est l'enfer ». Nous rappelons que le maire Ferrandez a été élu et réélu avec une majorité franche, dans un arrondissement qui présente le deuxième plus haut taux de participation à Montréal, et que le Plateau reste un des lieux les plus achalandés et convoités de l'île. Nous nous réjouissons de la démarche entreprise par les élus de l'arrondissement, qui sont allés à la rencontre des commerçants et leur ont proposé de se réunir pour discuter de leur mécontentement.

Ainsi, nous notons que le taux d'inoccupation des locaux commerciaux de la rue Rachel est passé de 9,3 % en 2014 à 5,3 % en 2015. Si les affaires étaient si mauvaises pour tous, comment expliquer que de nouveaux commerces prennent pignon sur rue à cet endroit? Quant aux places de stationnement qui ont été retirées lors de la sécurisation de la piste cyclable, elles ont en réalité été déplacées sur les rues transversales, aux abords de Rachel, et 23 nouvelles places ont été ajoutées.

Puisqu'il est aussi question du mécontentement des commerçants du Petit Laurier, soulignons que dans la rue Laurier Est, le stationnement est gratuit pour une période de deux heures durant la journée. Ce sont là des mesures d'accommodement qui à notre sens coupent la poire en deux, et que les commerçants auraient pu diffuser auprès de leurs clients qui préfèrent ou doivent utiliser leur voiture. Nous déplorons l'attitude de fermeture de quelques commerces, et du déséquilibre médiatique qui leur permet de monopoliser la prise de parole publique. Nous croyons que la situation nuit à tous, puisqu'à force de se faire dire qu'il est impossible de mettre les pieds sur le Plateau, les gens finissent par le croire, alors que de nombreux témoignages prouvent l'inverse.

Comment renverser la situation? Nous invitons les commerçants du Petit Laurier et de la rue Rachel à faire comme ceux des rues Saint-Denis, Mont-Royal, Saint-Laurent, Laurier Ouest, Duluth, Prince-Arthur et du Mile-End, et à créer une association qui les représentera officiellement et qui participera avec les élus à l'élaboration d'une vision commune du développement de leur artère. Nous pensons que la création de ces associations favorisera le dialogue et pourra éviter bon nombre de problèmes de communication. Nous souhaitons sincèrement que le climat change enfin et que tous les gens concernés (résidents, commerçants et élus) puissent réfléchir ensemble aux enjeux qui les concernent.

De plus, ces associations profitent d'un financement important du fonds des parcomètres, par lequel l'arrondissement a versé 1,7 million de dollars aux commerces pour la réalisation de divers projets autonomes - ventes de trottoir, festivals, expositions artistiques, etc. Nous croyons que c'est ainsi que le Plateau se distingue réellement, et que continuer dans cette voie bénéficiera à tous.

Ce texte est cosigné par: Jean Barbe, rue Napoléon; André Boulanger, rue Cartier; Louise Charlebois, avenue du Parc-La Fontaine; Mathieu Dario Mireault, rue St-Hubert; François Démontagne, boulevard Saint-Joseph Est; Carole-Anne Dery, boulevard Saint-Joseph Est; Véronique Desjardins, avenue des Érables; Geneviève Dodin, avenue De Lorimier; Bruno Dubuc, rue Gauthier; Anne Dupuis, rue Saint-Firmin; Gaetan Durocher, rue de Bordeaux; Viviane Fortier, rue de Bordeaux; Éric Fournier, rue St-Hubert; Catherine Lavarenne, boulevard St-Joseph Ouest; Stéphanie Leclerc, rue de Bordeaux; Joël Marcoux-Bédard, rue St-Hubert; Céline Morin, rue Saint-Urbain; Julie Patenaude, rue Jeanne-Mance; Gabriel Payant, avenue des Érables; Karine Rainville, rue Rivard; Hugo Rivest, rue de Bordeaux; France Roy, rue Cartier; Albert Seliger, rue Saint-Joseph Ouest; Caroline Simard, rue De Lanaudière; Marie Sterlin, rue Waverly; Jean-Basile Tassé, rue Duluth; Mariane Tassé, rue de Bordeaux; Fabrice V., rue de Lanaudière; Josée Vanasse, rue Marquette; Nicola Zoghbi, rue de Bordeaux

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Galerie photo Les 10 plus vieux bâtiments de Montréal Voyez les images