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17/05/2018 06:00 EDT | Actualisé 17/05/2018 09:33 EDT

Le parti Arc-en-ciel, c'est le Parti québécois

Nous croyons que c’est le Parti québécois qui s’avérera, encore et toujours, le parti des LGBTQ+ au Québec, voire dans toute l’Amérique.

Alexander Spatari via Getty Images

Nous sommes gais, nous sommes lesbiennes, nous sommes bis, nous sommes trans et nous sommes aussi des alliés de la cause LGBTQ+. Cependant, nous sommes avant tout des sympathisants et des militants de cette grande formation politique qu'est le Parti québécois. À moins de cinq mois des élections générales, un retour sur les nombreuses avancées réalisées grâce aux gouvernements péquistes s'impose.

Ce n'est qu'en 1968-1969 que le gouvernement du Canada a décriminalisé l'homosexualité. Il aura toutefois fallu attendre un amendement du Parti québécois à la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, le 15 décembre 1977, pour qu'y soit ajoutée l'interdiction de la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle. Le gouvernement de René Lévesque devenait alors le premier de l'histoire nord-américaine à se prévaloir d'une telle loi. Cet amendement revêtait une importance d'autant plus grande que moins de deux mois plus tôt, plus de 200 hommes gais avaient été arrêtés dans une rafle sans précédent du Service de police de la Ville de Montréal, dans les bars Truxx et Le Mystique.

Une autre preuve de l'avant-gardisme du Parti québécois en cette matière est d'ailleurs que la Charte canadienne des droits et libertés – adoptée cinq ans plus tard, en 1982, sous Pierre-Elliott Trudeau – n'incluait pas une telle disposition. Il faudra effectivement attendre jusqu'en 1995 avant qu'un jugement de la Cour suprême du Canada détermine que l'interdiction de la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle devra être interprétée comme faisant partie de la section 15 de la Charte canadienne.

Ensuite, en 1999, le Parti québécois a déposé le projet de loi 32, qui changea la définition de « conjoints de fait » pour y inclure les couples de même sexe. Cette législation majeure et nécessaire modifia de nombreux articles de loi existants afin de rendre égalitaire la reconnaissance en matière de partage du patrimoine et des avoirs, d'assurance et de protection. Ce même gouvernement déposa, en 2002, le projet de loi 84, permettant enfin l'union civile des conjoints de même sexe. Le Parti québécois a dès lors fait du Québec la première province à offrir aux conjoints de même sexe une solution législative équivalente au mariage, forçant ainsi la main au gouvernement fédéral; trois ans plus tard, celui-ci réglait la question une fois pour toutes.

Pendant son court mandat minoritaire, le gouvernement péquiste de Pauline Marois a quant à lui entamé une nouvelle bataille pour la reconnaissance des droits des personnes trans : il a déposé le projet de loi 35, qui permet dorénavant aux citoyens de changer de mention de sexe auprès du Directeur de l'état civil, et ce, sans obligation de procéder à un traitement médical ou à une chirurgie. De plus, malgré que son passage au pouvoir n'ait duré que 18 mois, l'équipe péquiste de 2012-2014 orchestra une campagne nationale de sensibilisation à l'homophobie et à la transphobie qui connut un tel succès qu'elle fut saluée sur la scène internationale. La première ministre Pauline Marois fut d'ailleurs la première première ministre à participer au défilé de la Fierté, en 2013.

La première ministre Pauline Marois fut d'ailleurs la première première ministre à participer au défilé de la Fierté, en 2013.

Puis, il y a tout juste un an, la députée péquiste Carole Poirier déposait le projet de loi 895, très attendu des organismes de défense des droits des personnes trans. Il vise à permettre à toute personne domiciliée au Québec d'obtenir une modification de la mention du sexe au Directeur de l'état civil. Ainsi, les Québécois issus de l'immigration, citoyens ou non, pourraient, eux aussi, vivre pleinement leur identité de genre.

Cette mesure législative est malheureusement toujours en suspens. En effet, le Parti libéral du Québec – drapé dans ses faux airs de défenseur des libertés individuelles et des droits des minorités – n'a jamais appelé le projet de loi 895, qui aurait pourtant été si simple et rapide à adopter. Cette obstination libérale à refuser la proposition péquiste a empêché ces nouveaux Québécois de s'émanciper pleinement, alors que plusieurs d'entre eux ont choisi le Québec précisément pour ses valeurs de liberté, d'acceptation de l'autre et pour la grande ouverture d'esprit des gens qui y habitent.

Nous pensons que le peuple québécois est le plus progressiste et le plus ouvert en Amérique du Nord, et nous en sommes fiers. Alors que de nouveaux défis et enjeux LGBTQ+ se profilent à l'horizon, nous croyons que c'est le Parti québécois qui s'avérera, encore et toujours, le parti des LGBTQ+ au Québec, voire dans toute l'Amérique. Le Parti québécois, c'est un parti aux valeurs progressistes et modernes qui s'est toujours battu pour les droits des minorités sexuelles et qui continuera de le faire en élevant l'enjeu de la reconnaissance des droits de la communauté LGBTQ+ au‑dessus des débats politiques partisans.

Nous faisons partie de la communauté LGBTQ+ ou nous en sommes des farouches alliés; c'est pourquoi nous voterons pour le Parti québécois le 1er octobre prochain.

Ce texte est signé par le comité LBGTQ+ du Parti québécois.