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02/05/2017 11:20 EDT | Actualisé 02/05/2017 11:21 EDT

Employeurs, combien d'argent perdez-vous avec la CNESST?

S'ils sont mal gérés, les dossiers à la CNESST deviennent souvent horriblement coûteux et complexes.

La simple évocation de l'acronyme de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité au travail suffit à donner des sueurs froides à bien des employeurs. En effet, une majorité d'organisations devra tôt ou tard traiter avec la CNESST (anciennement CSST), alors que le nombre de cas de maladies professionnelles déclarées a bondi de 39% entre 2011 et 2015. S'ils sont mal gérés, ces dossiers deviennent souvent horriblement coûteux et complexes. Or, les entreprises peuvent éviter le pire en s'outillant adéquatement. Ainsi, elles pourront économiser des sommes importantes, comme en font foi les trois cas vécus qui suivent.

Connaissez-vous vraiment la Loi?

Je pense à une entreprise manufacturière qui a délaissé la production pour se consacrer à la distribution, un secteur d'emplois beaucoup moins à risque de blessures. Le patron ignorait qu'il pouvait réduire ses frais en modifiant son unité de classification de la CNESST. Une simple lettre formulant la demande lui a finalement fait sauver le montant de 30 000$ par année.

Les lois et règlements en matière de santé et sécurité au travail comportent près de 600 articles. Nombre d'employeurs peinent à s'y retrouver.

Les lois et règlements en matière de santé et sécurité au travail comportent près de 600 articles. Nombre d'employeurs peinent à s'y retrouver. Et pour cause: la Loi en matière de santé et de sécurité au travail (SST) est à peine effleurée dans les formations académiques en gestion. Dommage, parce qu'une meilleure compréhension de la législation peut s'avérer très payante.

Une facture qui passe de 118 000$ à 6 000$

Je me souviens aussi d'un employé qui avait développé une lésion professionnelle et qui avait dû partir en congé de travail prolongé. Le paiement de son salaire, les frais de médecin et les traitements occasionnaient des coûts de 118 000$ à son employeur. Or, en fouillant bien le dossier, il a été démontré que l'employeur pouvait demander un partage des coûts monétaires liés à cette réclamation puisque l'employé était porteur d'une condition personnelle. Cette condition avait aggravé la blessure et prolongé la période de rétablissement (la période de consolidation, dans le jargon de SST). En faisant cette démonstration à la CNESST, l'employeur a pu récupérer 95% de la facture, soit la rondelette somme de 112 000$.

Voilà une simple intervention qui, pour bien des entreprises, peut faire la différence entre une année déficitaire et profitable.

Une gestion serrée qui rapporte

J'ai finalement en tête cette entreprise dans le domaine alimentaire qui devait composer annuellement avec près de 80 dossiers liés à la CNESST. Un certain laxisme entourait les suivis des démarches. Les gestionnaires ne validaient pas systématiquement si les employés consultaient leur médecin ou si les traitements étaient convenables et respectés. De surcroît, l'employeur se montrait peu enclin à offrir de l'assignation temporaire ou des travaux légers. Résultat : l'organisation déboursait 500 000$ par année. Après avoir révisé ses procédures et analysé l'ensemble de ses dossiers avec la CNESST, l'entreprise a vu sa facture annuelle diminuer à 50 000$. Mieux encore, elle a reçu un chèque substantiel de l'organisme en paiements rétroactifs.

Pour les travailleurs du secteur industriel, les risques d'accident sont évidemment plus élevés. Néanmoins, peu importe le milieu de travail, tous les cas d'invalidité doivent être gérés minutieusement, qu'ils soient d'ordre professionnel ou personnel. Il faut se rappeler qu'un membre du personnel en congé de maladie demeure l'employé de son employeur. Les factures de CNESST ou d'assurance collective engendrent des frais trop importants pour que ces dossiers soient pris à la légère.

J'espère que ces trois exemples bien réels motiveront les entreprises à accorder une attention soutenue au traitement des réclamations des employés impliquant la CNESST. Une simple revue de ces dossiers pourrait engendrer des économies non négligeables. Pourquoi s'en priver?

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