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29/07/2016 10:15 EDT | Actualisé 29/07/2016 10:15 EDT

Hauteurs de performances

Les sports évoluent au rythme des technologies et celles-ci aident parfois les athlètes à retrancher des fractions de secondes pour atteindre, du coup, leurs plus grands objectifs.

Dans quelques jours auront lieu les JO de Rio. Des athlètes du monde entier s'engageront dans des compétitions de haut calibre pour tenter de frôler les plus hautes marches du podium.

Qu'est-ce qui fera la différence et amènera certains athlètes à décrocher les médailles d'or, d'argent ou de bronze? Les déterminants de la réussite se mesurent-ils simplement à échelle humaine? Ou existe-t-il, dans ces victoires, un apport extérieur aux athlètes - notamment technologique?

Le sport @ l'ère des technos

La techno s'est de tout temps conjuguée au sport et a permis aux athlètes de battre des records. Les matériaux ont connu, au fil du temps, une évolution continue... Un virage plus récent, par ailleurs, a changé la donne: le virage numérique des 20 dernières années. Le sport -- dans son ensemble -- est devenu 2.0 avec la miniaturisation de l'électronique, l'arrivée des GPS, des capteurs de mouvements, le développement de nouveaux textiles, des vêtements techniques, mais aussi l'accès et la diffusion, à grande échelle, de l'information et des connaissances en matière de sciences du sport.

«On utilise donc aujourd'hui les technos pour améliorer les performances, mais aussi pour réduire les blessures et optimiser la récupération : on capte, on monitor, on analyse, et - en bout de piste - on optimise!»

Les sœurs Dufour Lapointe, par exemple, s'entrainent avec des vêtements techniques capables de capter leurs moindres changements physiologiques. Un apport important considérant le fait que les athlètes vacillent toujours entre le surentrainement et l'entrainement optimal. Fréquence cardiaque, capacité de récupération, accélération, cadence, volume et fréquence respiratoire sont parmi les 700 données physiologiques transmises à la seconde par ce type de combinaison. Ces données permettent évidemment une rétroaction immédiate qui sera utile pour le travail des entraineurs qui souhaitent encadrer les sportifs au meilleur de leurs capacités.

On utilise donc aujourd'hui les technos pour améliorer les performances, mais aussi pour réduire les blessures et optimiser la récupération : on capte, on monitor, on analyse, et - en bout de piste - on optimise!

Professionnalisation du sport amateur

Avec les technos tout se partage aisément et rapidement. Les connaissances aussi voyagent. Les organes sportifs, comme l'Institut national du sport du Québec qui a pour but d'encadrer les athlètes par exemple, travaillent de pair avec les équipementiers et les universités et plus que jamais, ils travaillent dans l'interdisciplinarité. Aujourd'hui s'assoient à la même table: des psychologues, des physios, des ostéos, etc. Et tous travaillent de concert pour permettre aux athlètes de performer et d'aller chercher des médailles.

La vraie compétition se fait certes -- oui -- sur le terrain, mais aussi en amont, dans les instituts et les laboratoires. On travaille conjointement pour arriver à offrir un bouquet de services bonifiant l'encadrement des athlètes et - du coup - leurs performances. Des groupes tels que B2ten (b2ten.com) ou le laboratoire de performance humaine de l'UQAM (leph.uqam.ca) ont ainsi comme mission respective l'avancement des connaissances en lien avec la pratique du sport d'élite et l'encadrement optimal des athlètes. On travaille scientifiquement à faire des champions!

Au fil des années, de réels changements se sont ainsi opérés: les technos se sont effectivement multipliées, le sport amateur s'est professionnalisé, les performances se sont démocratisées et la techno est devenue un réel paramètre du sport dans toutes ses dimensions: physio, psycho, préparation mentale et physique.

Les sports évoluent au rythme des technologies et celles-ci aident parfois les athlètes à retrancher des fractions de seconde pour atteindre, du coup, leurs plus grands objectifs.

«À la différence des pros, les sportifs occasionnels ont un accès aux technologies, mais n'ont pas pour autant accès à un encadrement de pointe. Des dangers à s'inspirer des pros? »

Démocratisation des performances

Avec cette révolution virtuelle, de plus en plus de sportifs, même occasionnels, utilisent les technos, objets connectés, pour se mesurer et comparer leurs performances. Plusieurs types de technologies sont utilisées: cardio fréquence mètre, accéléromètre, GPS, capteurs de mouvement, instruments de mesure (VO2max), analyse vidéo, etc.

Par ailleurs, que fait un accès aux technologies de pointe sans soutien et encadrement adéquat? À la différence des pros, les sportifs occasionnels ont un accès aux technologies, mais n'ont pas pour autant accès à un encadrement de pointe. Des dangers à s'inspirer des pros?

Vaudra toujours mieux bouger et composer avec les risques inhérents à l'entrainement que de sombrer dans la sédentarité. Mais la question se pose: un risque à ce que le commun des mortels ait un accès facile aux technos de pointe sans pour autant bénéficier d'un encadrement contrôlé?

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