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22/07/2016 10:14 EDT | Actualisé 22/07/2016 10:14 EDT

Faut-il bannir 387 athlètes russes et les empêcher de participer aux JO de Rio?

À deux semaines des Jeux de Rio, le CIO doit statuer à savoir s'il faut exclure l'ensemble des athlètes russes des compétitions brésiliennes.

La planète sport en prend encore pour son rhume. Un récent rapport dirigé par l'avocat canadien Richard McLaren a fait la démonstration qu'existait bel et bien un système de dopage bien implanté, d'une ampleur exceptionnelle, orchestrée par le gouvernement russe.

Depuis 2011, un haut niveau de collusion régnait entre athlètes, entraîneurs, médecins, officiels et agences sportives pour fournir de façon systématique -- aux athlètes russes -- des produits dopants et, ainsi, produire des vainqueurs à la chaine.

À deux semaines des Jeux de Rio, le CIO doit statuer à savoir s'il faut exclure l'ensemble des athlètes russes des compétitions brésiliennes.

«Sur les cendres d'un enjeu de taille peut se bâtir une suite constructive.»

Qui doit payer?

Un système bien ancré. Des athlètes soumis à la triche. 387 rêves brisés. Qui faut-il vraiment accuser et surtout qui faut-il punir? Aucun bouc émissaire facile à cibler comme dans le cas d'Armstrong...

Il y a quelques mois encore, seul l'athlétisme russe était au banc des accusés. Mais voilà qu'à la lumière du nouveau rapport, l'enjeu et ses tentacules s'avèrent plus étendus encore. Dur de remédier à un problème systémique sans que payent à la fois les fautifs et les innocents.

Pour paraphraser les paroles d'une athlète russe de renom, c'est à se demander si l'on n'assiste pas aux «funérailles» des performances russes? Par contre, sur les cendres d'un enjeu de taille peut se bâtir une suite constructive. Rappelez-vous Festina en 1998... un contrôle de routine sur le Tour de France... Et voilà que l'équipe du même nom était prise la main dans le sac avec une quantité industrielle de produits dopants (un soigneur de l'équipe avait dans le coffre de sa voiture des sacs contenant plus de 400 flacons de produits dopants et stupéfiants! 235 ampoules d'érythropoïétine, 120 capsules d'amphétamines, 82 solutions d'hormone de croissance, 60 flacons de testostérone, des corticoïdes et des amphétamines). Mais c'est aussi après cet épisode sombre du cyclisme qu'est née l'AMA qui gère aujourd'hui les politiques antidopage.

Culte de la performance et sport spectacle

On le constate, le problème du dopage dépasse les simples frontières du sport. On évolue dans une société qui carbure et se conjugue à la réussite et aux performances. On dit que ce n'est pas la victoire qui compte, mais la participation... Mais qui est réellement circuité pour mettre en pratique ces belles paroles et s'en convaincre? Dans un monde où tous se doivent de performer sans jamais s'essouffler, c'est à se demander ce qu'on peut espérer des athlètes qui n'échappent évidemment pas au culte de la performance! Sans compter que bon nombre d'entre eux sont rétribués au rendement et domptés par l'appui conditionnel de leurs commanditaires!

Fraudes avouées

On a pensé que l'affaire Festina était le début de la fin en matière de dopage. Malgré tout, il y aura par la suite les années Armstrong... Le séisme russe... et de récents témoignages montrent que les années passent, mais que les choses ne changent pas [à lire: Je suis le cycliste masqué].

Et pendant ce temps, il continue d'avoir un paquet de passionnés du sport qui se prennent dans l'engrenage de la performance artificiellement gonflée par des produits ou des technologies qui défient l'entendement.

Doit-on donc bannir une nation pour les pratiques douteuses qu'elle a mise de l'avant de 2011 à 2015? La question se pose. Cela dit, s'attaquer à une collectivité est sans doute plus dissuasif que de partir à la chasse d'un bouc émissaire unique. Mais que de rêves brisés! Le monde du sport retient donc son souffle en attendant que le CIO statue sur la suite des choses...

Quelques chiffres pour illustrer le dégât

31 sports sont ciblés par le rapport et accusés d'avoir trafiqué les résultats de leurs athlètes. De ceux-ci, l'athlétisme gagne évidemment la médaille d'or en terme de fraude sportive, suivi de près par l'haltérophilie.

Athlétisme, 139 cas de tests altérés

Haltérophilie, 117

Sports non olympiques, 37

Sports paralympiques, 35

Lutte, 28

Canoë, 27

Cyclisme, 26

Patinage, 24

Le rapport

Un bon résumé de la problématique à lire ici.

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