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12/04/2017 09:29 EDT | Actualisé 12/04/2017 09:29 EDT

Préposés aux bénéficiaires: 5 semaines, ce n'est pas assez

Permettre à ces préposés initiés à la va-vite de travailler dans nos établissements de santé est non seulement dangereux pour les bénéficiaires, mais également pour eux-mêmes.

Je suis enseignante depuis 9 ans, dont 8 ans dans le plus gros centre de formation professionnelle au Canada qui offre le diplôme d'études professionnel aux préposés aux bénéficiaires. J'ai travaillé pendant 10 ans comme infirmière auxiliaire auparavant.

Je n'arrive pas à comprendre ni pourquoi ni comment, on pourra écourter la formation des futurs préposés de 25 semaines à cinq semaines. S'attend-on à ce que ces étudiants soient aussi bien formés que les détenteurs d'un DEP? S'attend-on à ce que la qualité des soins offerts par celles et ceux ayant bénéficié d'une formation écourtée soit la même que celle donnée par les préposés dûment qualifiés et dûment diplômés?

Poser la question, c'est y répondre. Je ne peux y voir qu'une autre manœuvre du gouvernement pour réduire les services publics et diminuer les dépenses de l'État.

Les besoins en main-d'œuvre sont urgents, disent-ils? Urgents? Nous avons alerté le gouvernement, dès 2012, que le nombre de départs à la retraite risquait de provoquer une pénurie. Le gouvernement a attendu que la situation devienne incontrôlable avant d'imposer sa solution bon marché.

Personne ne devrait accepter un tel outrage au métier de préposé aux bénéficiaires. Il est impératif de maintenir la qualité des programmes de formation de nos futurs préposés.

Personne ne devrait accepter un tel outrage au métier de préposé aux bénéficiaires. Il est impératif de maintenir la qualité des programmes de formation de nos futurs préposés. Le cours offert dans les centres de formation professionnelle compte 750 heures réparties sur 25 semaines. Il permet aux étudiants d'être formés adéquatement pour travailler tant dans les CHSLD, les CLSC, les centres hospitaliers, les ressources intermédiaires et les résidences de personnes âgées. Les heures de cours théoriques sont assorties de stages dans tous ces milieux. Pensez-vous qu'un cours n'équivalant qu'à deux semaines de théorie et trois semaines de travail, avec un minimum de supervision, peut être comparable? Jamais!

Permettre à des préposés de travailler avec une formation si minimale diminue la valeur du diplôme de formation professionnelle aux personnes en établissement de santé. Monsieur le Ministre Barrette, n'avez-vous pas entendu votre collègue ministre de l'Éducation prôner qu'il faut valoriser les diplômes de formation professionnelle?

Permettre à ces préposés initiés à la va-vite de travailler dans nos établissements de santé est non seulement dangereux pour les bénéficiaires, mais également pour eux-mêmes. Aider des personnes ayant un handicap cognitif ou moteur à se déplacer nécessite une accréditation de l'Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur affaires sociales (ASSTSAS). Les enseignantes dûment qualifiées et reconnues par l'ASSTSAS accréditent leur élève en 45 heures de formation. Qui donnera la formation écourtée? Sûrement pas des enseignants. Où trouveront-ils les 45 heures de formation requises? Dans les 60 heures de cours théorique? Il ne restera alors que 15 heures pour apprendre toutes les autres notions. C'est impensable!

N'oublions jamais qu'un jour ou l'autre, nous aurons tous besoin des services des préposés aux bénéficiaires. Nous souhaiterons qu'ils soient formés adéquatement. Il en va de notre sécurité. Ne tolérons pas cette situation périlleuse. Demandons à nos députés d'intervenir auprès du ministre Barrette. La pénurie peut se régler autrement qu'en coupant dans la qualité de la formation.

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