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15/02/2019 12:39 EST | Actualisé 15/02/2019 12:48 EST

Quand la publicité nuit à la beauté et aux initiatives citoyennes

Que penser de ces panneaux installés non pas pour cacher un chantier, mais plutôt autour de lieux où des groupes citoyens s’investissent et bonifient l’espace commun?

Action réalisée le matin de la Saint-Valentin et destinée à prouver notre amour au Carré Casgrain, même s'il se retrouve barricadé par les publicités.
Comité Le carré et sa ruelle
Action réalisée le matin de la Saint-Valentin et destinée à prouver notre amour au Carré Casgrain, même s'il se retrouve barricadé par les publicités.

La réglementation municipale encadre la couleur des briques et le type de revêtement que l'on peut installer sur nos habitations. Une bonne chose pour préserver la beauté de nos rues.

Des terrains vacants brisent parfois cette harmonie. Bien sûr, certains sont bucoliques, car la nature y reprend doucement ses droits, ou touchants, car ils portent en eux les traces d'un passé industriel, ou encore ils permettent de dégager la vue en créant des percées visuelles. Par contre, d'autres sont sales, voire dangereux.

Rien de plus enthousiasmant que de voir alors des citoyens se réunir pour les nettoyer, les embellir, les cultiver ou même les transformer en espaces publics. En ajoutant de la beauté et un lien au sein de la communauté, ils rendent service et renforcent ce qui fait la spécificité et l'identité de la ville.

Par ailleurs, les nombreux chantiers font aussi, ces temps-ci, l'identité de Montréal. On creuse des trous et on érige de futurs immeubles un peu partout. Beaucoup «font dur» dans le paysage, avec leurs ternes clôtures ou leur grillage, leurs pépines et leurs tas de terre retournés.

Comité Le carré et sa ruelle
Carré Casgrain

Dès lors, l'installation de panneaux de contreplaqués qui servent de support aux affiches annonçant des activités culturelles est bienvenue, d'autant que le graphisme et le message des affiches sont souvent soignés.

Bien qu'il y ait déjà beaucoup de publicités dans les quartiers, le bénéfice est plus grand que l'inconvénient: ces panneaux améliorent l'apparence de la ville en construction. Par contre, que penser de ces panneaux installés non pas pour cacher un chantier, mais plutôt autour de lieux où des groupes citoyens s'investissent et bonifient l'espace commun?

Au lieu d'ajouter de la beauté, ces panneaux la cachent, clôturent et découragent les initiatives.

Le jardin collectif se referme sur lui-même. Il n'invite plus les passants à entrer et cueillir des tomates. La place publique se fait moins accueillante. Il n'est plus possible de s'installer sur le mobilier en bois de palette pour rêver et regarder au loin, puisque le regard se bute aux grandes structures de bois qui deviennent une pollution visuelle.

C'est ce qui est arrivé au Carré Casgrain entre autres, à l'angle des rues Bellechasse et Casgrain, dans La Petite-Patrie.

Comité Le carré et sa ruelle
Carré Casgrain

Bien sûr, on nous dira que l'afficheur est légitime, car il loue l'emplacement au propriétaire du terrain — resté en friche durant de nombreuses années avant que les voisins ne s'en occupent, excédés par la saleté et tannés d'être interpellés à ce sujet. L'argument ne tient donc pas.

Accepterait-on que les propriétaires de maisons, de duplex et de triplex remplacent leur clôture en fer forgé par des panneaux publicitaires? Ce serait dommage pour la beauté de nos milieux de vie.

- Le comité de la ruelle verte, Le Carré et sa ruelle

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