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18/05/2015 11:07 EDT | Actualisé 18/05/2016 05:12 EDT

N'arrêtez pas le gluten sur un coup de tête

Aujourd'hui, le gluten (contenu dans le blé, le seigle et l'orge) est devenu l'ennemi public numéro un. Beaucoup d'idées reçues et de peurs alimentaires envahissent les médias et il n'est pas toujours facile de s'y retrouver. Le gluten est-il responsable de tout ou bien souvent un bouc-émissaire?

Aujourd'hui, le gluten (contenu dans le blé, le seigle et l'orge) est devenu l'ennemi public numéro un. Beaucoup d'idées reçues et de peurs alimentaires envahissent les médias et il n'est pas toujours facile de s'y retrouver. Le gluten est-il responsable de tout ou bien souvent un bouc-émissaire?

Il existe des pathologies pour lesquelles le gluten est vraiment nocif comme la maladie cœliaque ou intolérance au gluten et l'allergie au blé. On peut aussi y ajouter l'hypersensibilité non cœliaque (diagnostic de maladie cœliaque négatif) bien qu'aujourd'hui nous n'ayons pas de preuve scientifique et que le rôle du gluten reste à démontrer. Le plus important est de ne pas passer à côté d'un diagnostic de maladie cœliaque. Si celui-ci est positif, il faudra mettre en place un régime sans gluten strict et à vie.

C'est compliqué socialement, il faut toujours savoir ce que l'on ingère, tous les jours sans exception. La maladie cœliaque est une pathologie sournoise, dans beaucoup de cas les écarts n'engendrent pas de symptômes, mais relancent l'inflammation de la paroi intestinale pouvant développer des complications à long terme (ostéopénie, anémie, cancers...). Il ne faut donc pas passer à côté de ce diagnostic. Mais si le patient arrête le gluten avant d'avoir fait les examens nécessaires, il devient pratiquement impossible de poser le diagnostic sans reprendre une alimentation normale pendant un certain temps.

Aujourd'hui, le message important est de ne pas débuter de régime sans gluten avant d'avoir fait une recherche diagnostique de maladie cœliaque avec les bons examens (une simple prise de sang pour rechercher les anticorps spécifiques IgA anti-transglutaminase et une analyse de biopsies intestinales). Des recherches d'IgG alimentaires ou de peptides urinaires sont proposées par certains laboratoires (très chères et non remboursées) et n'ont aucune valeur scientifique pour le diagnostic d'intolérance au gluten.

Si la recherche diagnostique est négative, chacun peut modifier son alimentation en fonction de son ressenti. La prise de gluten chez les cœliaques provoque une atrophie des villosités de l'intestin grêle, ce n'est pas anodin, le régime et le suivi médical sont indispensables.

Les articles qui prônent la suppression du gluten pour maigrir ou améliorer ses performances sportives banalisent ce régime, c'est déjà difficile de le suivre au quotidien, mais l'amalgame avec ces divers régimes d'exclusion ne facilitent pas les choses pour les cœliaques qui, eux, n'ont pas le choix.

Avant de commencer un régime sans gluten, parlez-en à votre médecin. Une simple prise de sang pour une recherche spécifique pourra affirmer (en complétant la recherche par une endoscopie) ou non le diagnostic. Si celui-ci est négatif, vous pourrez modifier votre alimentation, mais pensez compenser la suppression des céréales incriminées par d'autres céréales et légumes secs afin de garder un bon équilibre alimentaire.

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