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14/07/2016 10:23 EDT | Actualisé 15/07/2016 09:22 EDT

4 bonnes raisons de crier après les enfants

Crier, perdre patience, c'est être humain. Oui, crier après un enfant n'est pas la solution et oui, ça les surprend, leur fait peur même, mais c'est un peu le but non?

De nos jours, il ne suffit plus d'être parent, il faut également faire partie d'une catégorie parentale. Il y a plusieurs choix, tel le parent-hélicoptère, le parent-phare, le parent-dauphin ou le parent-concombre de mer ascendant tracteur. Chaque jour il semble y avoir une nouvelle mode, une nouvelle tendance, une nouvelle façon de faire pour éduquer, aimer, protéger, élever un enfant. «Qu'il est compliqué d'être parent!», me dis-je alors les mains sur les hanches tout en préparant mon Hamburer Helper matinal.

Le problème avec toutes ces belles philosophies parentales, c'est qu'on vous demande la perfection. De toujours faire ce qu'il y a de mieux pour les enfants, peu importe l'effet que cela aura sur vous, votre santé mentale ou vos valeurs. La perfection revient souvent dans le monde des parents, elle est insistante comme le sac de chips qui vous appelle du haut de l'armoire. Comme chacun de nous souhaite être le meilleur parent possible, on vise souvent le A+, le best, la perfection. Et quand on rate notre coup, quand on perd patience et qu'on crie «Arrête de crier!», ben on se sent évidemment comme une grosse marde qui l'a pas pantoute.

«Crier, perdre patience, c'est être humain. Oui, crier après un enfant n'est pas la solution et oui, ça les surprend, leur fait peur même, mais c'est un peu le but non?»

Être en colère. Hurler. Crier. Tout ceci est un gros «non, non» par les temps qui courent. Cela semble être devenu la nouvelle tape sur les fesses, la technique à proscrire. Qu'un parent perde patience et lâche un «Heille, ça va faire!» bien retentissant soulève autant de sourcils des alarmistes de ce monde que si je lui avais lavé la bouche avec du savon. J'me suis senti cheap et l'équivalent d'Adolf Hitler quand j'ai haussé le ton en plein restaurant bondé parce que mon p'tit hurlait et qu'il était désagréable. «Oh, désolé cher clientèle du St-Hubert, je ne voulais pas déranger la belle sérénité et le calme qui règne dans ce restaurant à 17h35 un jeudi soir!». En fait, j'avais juste envie de leur crier plus fort:

«Étouffez-vous avec votre vin rouge maison et votre cuisse de poulet graissoux! Vous ne vous rappelez pas c'est quoi élever un p'tit de 3 ans? »

Crier, perdre patience, c'est être humain. Oui, crier après un enfant n'est pas la solution et oui, ça les surprend, leur fait peur même, mais c'est un peu le but non? JE NE DIS PAS QU'IL FAUT HURLER SANS ARRÊT, calme-toi matante Suzie et compagnie. Mais... un petit haussement de voix bien sonné a toujours fait son effet depuis la nuit des temps. Voici 4 bonnes raisons de crier après ses enfants selon Papa pis Dada.

1. Ils sont en danger

S'il y a bien une bonne raison de crier, c'est celle-là. Tu veux une réponse instantanée, cri «DANGER!» ou «ATTENTION AUX AUTOS!». Quand tu hurles: «TOUCHE PAS AU ROND DU POÊLE!» ou «METS PAS TON PÉNIS DANS LA BALAYEUSE!», c'est parce que tu veux te faire entendre et obéir right fucking now.

Les puristes diront qu'il ne faut en aucun cas crier, qu'il faut prendre le temps de bien s'asseoir et expliquer aux enfants les événements. Par contre, je me vois mal attirer l'attention des enfants au parc et dire d'une voix douce et compréhensive: «Les enfants, pardonnez-moi d'interrompre votre jeu, mais il semble y avoir un énorme tyrannosaure enragé qui court en notre direction, donc, calmement, formez une ligne et suivez-moi vers l'abri le plus proche».

2. Pour se faire comprendre

J'sais pas pour vous, mais le niveau de son qui accompagne un groupe d'enfants est semblable au bruit ambiant au Grand Prix ou à une foule de madames excitées à l'événement Fruits & Passions en Giga Rabais. Chez Papa pis Dada, il n'y a qu'un seul enfant et parfois j'ai l'impression qu'il est en train de jouer à Jumanji dans la cave avec des rhinocéros et des lions tellement il y a du bruit et de l'action. Donc, quand le souper est prêt, je me vois mal appeler le p'tit d'une voix angélique: «Mon petit poussin, le souper est servi! Vite, j'ai servi du brocoli vapeur sans sel et sans beurre ainsi qu'une délicieuse poitrine de poulet recouverte de sauce grise aux champignons molasses, ton plat préféré!» Parfois, la seule façon de se faire comprendre c'est de lâcher un: «VIENS MANGER!» Cet ordre est aussi valable pour Papa qui bizounne dehors dans ses affaires et qui n'entend pas mon charmant appel.

Puis, une fois tout le monde bien assis, on peut utiliser notre voix de tous les jours. SAUF lorsque le p'tit commence à bouder et attrape son assiette pour nous démontrer de façon subtile son mécontentement. Dans ce cas...

3. Parce que tu es en esti!

Élever un enfant veut dire tout lui apprendre, right? La joie, la peine, la colère, l'empathie. Surtout l'empathie. Donc quand mon p'tit se chicane avec son ami au parc et lui sacre un coup de pied «pour voir ce que ça ferait», le premier regard que mon jeune me lance n'est pas celui du regret, mais bien de la fierté et du défi alors que l'autre est par terre en hurlant de douleur.

Un petit «Oh, oh. Ce n'est pas gentil ça» ne risque pas de briser cette belle fierté. Je ne hurle pas à m'époumoner. Je ne crie pas des méchancetés ou des menaces violentes. Je LÈVE le ton d'un cran pour que le message soit clair: 1) tu as fait quelque chose de mal et 2) c'est moi qui commande ici. Parfois, c'est important que l'enfant saisisse rapidement que ça fait pas ton affaire, que tu es en colère. La colère fait partie de la vie, même à Chambly.

4. Parce que la perfection n'existe pas

Comme le disais ma sœur: «Tout le monde chie. Même Angelina Jolie.» Il nous arrive tous d'être les meilleurs, d'être parfaits, d'être des kickass parents. Mais nous sommes rarement capables de garder cette perfection perpétuellement. Parfois, je crie parce que je n'ai plus de patience. J'suis tanné de répéter au p'tit de venir s'habiller ou de sortir du bain ou de ne pas mettre le crayon dans son nez. Pis oui, je crie, pis oui, j'me sens mal. Est-ce que j'suis un mauvais parent? Est-ce que je peux promettre à mon p'tit que je ne perdrai plus jamais patience, que je ne crierai plus jamais? Non. Crier me rend humain. Et c'est ce que je dis à mon p'tit: «Dada s'excuse d'avoir crié. Dada est fâché. J'suis en colère. Tu le sais que je t'aime plus que tout, même quand j'suis fâché. Mais là, sérieusement, viens mettre tes p'tites culottes pis ça presse.»

Donc, chers parents, ne visez pas le A+ à tous les coups. Croyez-en l'expérience d'un jeune prof, parfois un B, ou même un C+ est juste ce qu'il faut. Ça mérite un beau collant dans votre petit cahier de parents, pis même un beau commentaire: «Bel effort aujourd'hui!» Donc, allez voir votre p'tit tantôt puis hurlez un «J'T'AIME!» ben ben fort. Ça fait du bien de crier de temps en temps, pour toutes les bonnes et les mauvaises raisons.

P.S: Partagez cet article à grands cris si vous le voulez.

#êtreparentestdifficileparboutte

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