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Les vraies vacances pour nos enfants

Mes enfants ont droit à un été interminable eux aussi.
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Chaque parent a sa propre définition des vacances pour enfants.

Pour certains, c'est le camp de jour. Pour d'autres, c'est jeux vidéo à volonté. Pour d'autres, c'est...

À mon avis, les vacances de nos petits sont à notre image.

Ceux qui me connaissent bien savent que je suis une hyperactive exténuante (encore plus depuis que j'ai découvert le café). Imaginez comment sont mes vacances...

Pourtant, je me retiens. Je me retiens de ne pas faire activité par-dessus activité, sport par-dessus sport avec les kids.

Je viens d'une famille pauvre. L'été, ma mère nous mettait dehors et nous disait: «Revenez pour dîner ou si vous avez envie de caca.» Point final. Aucune négo, aucune chance de végéter devant la tivi.

Contrairement à aujourd'hui, l'été, c'était le temps de l'année qui paraissait interminable. Chaque jour me paraissait sans fin. L'avant-midi était loooooong. L'après-midi, encore plus. À 2 heures, j'avais tout fait. J'étais rendu à m'imaginer que mon chien était une licorne et que que moi, j'étais Fraisinette. L'été, c'était le temps où j'avais le droit de veiller le soir sur la galerie en pyjama à compter les chars avec ma mère qui fumait clope par dessus clope.

Maudit que j'aimais ça! J'aimais ça, compter les chars. Les rouges, les bleus, les jaunes. L'odeur de l'herbe et de la cigarette. J'aimais encore plus quand Mémère venait les compter avec nous autres. Ma mémère parlait du temps de la guerre, quand elle travaillait à faire des bas de nylon à Montréal. Ma mère me racontait qu'elle prenait son bain dans la même eau frette que ses deux sœurs. Les mêmes belles histoires, tout l'été.

Des petites histoires qui, aujourd'hui, sont tellement importantes pour moi.

Je n'allais pas aux glissades d'eau. J'allais à La Ronde une fois aux deux ans, à la journée où «les B. S.» pouvaient y aller gratuitement.

L'été, c'était le moment de l'année où le temps passait doucement et, surtout, lentement.

Et puis, j'ai grandi. J'ai vieilli. J'ai eu des enfants. Et là, là!, je veux tout faire ce que je n'ai pas fait, enfant.

Là, je veux aller aux glissades d'eau, au château Montebello, à La Ronde, au Parc Safari, au zoo de Granby, à la plage, à l'autre plage, à Disney, à Cuba, en rollerblades. Je ne veux pas manquer un maudit party de piscine municipale, je veux voir tous les films au ciné-parc, je veux aller à tous les festivals, je veux voir le monde, voyager, je veux... tout faire!

Mais je me retiens. Je me retiens d'imposer ça à mes enfants.

Parce que mes enfants ont droit à la même belle jeunesse que moi.

Mes enfants ont droit à un été interminable eux aussi.

Alors, je les laisse s'ennuyer. À contre-cœur, je laisse ma fille me répéter: «C'est plate! Je sais pas quoi faire.»

Et, presque chaque soir, je mets les kids en pyjama et, avec ma mère, on s'installe sur le perron d'en avant, pas dans la cour parce que là, il y a une piscine creusée, plein de jouets et pas de char. Sur le perron, je m'ouvre une canette de bière, je sers un verre de vin à ma mère, et on jase. Je raconte comment ma mère faisait cuire le baloney à l'ail et ma mère raconte comment elle prenait son bain dans la même eau frette que mes tantes...

Et là, j'ai l'impression que j'offre un bel été à mes enfants.

Je leurs offre les mêmes beaux souvenirs que j'ai des étés de ma jeunesse.

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