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04/04/2016 12:50 EDT | Actualisé 05/04/2017 05:12 EDT

Quand va-t-on mettre nos culottes?

Quand va t-on décider que nous voulons lutter contre les paradis fiscaux et retrouver les fonds pour pouvoir les investir dans notre société? Quand va t-on exiger que le gouvernement dépense notre argent collectif de façon responsable pour que nos besoins essentiels soient comblés?

Je ne peux pas me vanter d'être une experte en politique ou en gestion financière, vraiment pas.

Je suis une mère de famille ordinaire qui gère un budget et qui mange le poisson en spécial chaque semaine. Je tente de gérer l'argent familial du mieux que je peux, en achetant le plus local possible, en réutilisant, en achetant du seconde main, en étant éco-friendly et kids friendly.

Je suis comme la majorité d'entre nous. Je mets un peu d'argent de côté. Je fais des choix, pas toujours les meilleurs, mais j'essaie du mieux que je peux. J'ai des priorités. Ce sont nos choix, les choix que nous faisons en couple, dans ma famille.

Ma famille c'est un peu comme une mini-société. Moi pis mon chum sommes le gouvernement et les contribuables et nos kids (qui ne paient pas encore d'impôts) sont le peuple. Nous faisons des choix en ayant comme premier but de pouvoir répondre aux priorités «essentielles» en tout temps. Aucun des membres de notre gouvernement (moi et mon chum) ne peut prendre de l'argent de la société sans l'accord de l'autre membre du parlement (moi ou mon chum).

Chaque contribuable (moi et mon chum aussi) doit remettre son salaire dans la mini-société. Si je cache de l'argent gagné à ma famille, c'est comme un paradis fiscal, ma famille ne peut pas en profiter et c'est interdit.

Quand notre mini-société va bien financièrement, le peuple (mes enfants) et les contribuables peuvent jouir d'extras. Le gouvernement que nous sommes attribuons au peuple et aux contribuables un budget supplémentaire pour des activités, privilèges, etc., et ce, en tenant toujours compte des priorités. Chacun a un montant pour faire ce qu'il veut. Ce montant, il l'a, car il n'a pas caché son salaire et en a fait profiter tout le monde.

Par contre, dans la vraie société, je suis comme mes enfants, jamais je ne pourrai gérer l'argent de tout un pays ou même d'une province comme le Québec. Je suis plus du niveau «Faire un Excel en sacrant le moins possible», comme le sont bien des parents.

Je me dis qu'il y a un gouvernement en place, avec des experts et des ministres super ultras qualifiés pour faire ce job. Des experts qui, comme je le fais avec ma famille, suggèrent et font des choix, en ayant pour but la santé financière de la société dans laquelle je vis.

Mais NON! C'est FAUX! Que tu sois au Canada, en France, au Québec ou aux États-Unis, ton gouvernement n'agit pas comme le font les parents. Le gouvernement fait non seulement des dépenses qui n'ont aucun sens, mais en plus, il semble tolérer les paradis fiscaux.

Ça, c'est exactement comme si mon mari faisait 500 000$ de plus par année et que la mini-société que nous sommes continuait de faire son budget, en faisant attention aux dépenses et en coupant sur les extras pendant que lui jouit d'une énorme somme supplémentaire et en fait ce qu'il veut.

Accepteriez-vous cela? He bien moi, non!

Mais nos gouvernements le font avec les paradis fiscaux. Pire, certains membres des gouvernements à travers le monde ont de l'argent qui dort dans ces endroits. Des milliers de milliards de dollars qui dorment un peu partout dans ces paradis fiscaux et qui privent la population à travers le monde de milliers de milliards de dollars. Oui, des milliers de milliards.

Rajoutons à cela des dépenses «non essentielles» en tout genre: rénovations dispendieuses de bureaux du gouvernement, subventions à des compagnies multimillionnaires, etc., pendant qu'ici nous avons de la difficulté à répondre aux «priorités».

Pourquoi accepte-t-on cela? Pourquoi restons-nous confortablement assis dans nos sofas en nous disant que c'est inacceptable? Pourquoi n'exigeons-nous pas de récupérer ces sommes?

Pourquoi n'exigeons-nous pas que les gens qui font des placements dans ces pays, qui offrent des paradis fiscaux, paient leur dû?

Pourquoi?

Ici, nos écoles tombent en décrépitude, nos vieux prennent un bain par semaine, on attend une éternité avant de se faire opérer faute de moyens et pendant ce temps, des compagnies se sauvent de l'impôt. Et nous, qu'est-ce qu'on dit? Rien.

RIEN.

En tant que contribuables, on paie nos impôts et nos taxes. On n'a pas le choix, si on ne le fait pas, on va pourrir en prison. Pas moyen de s'en sortir. Le contribuable moyen va toujours devoir contribuer à la société. C'est notre «devoir».

Les paradis fiscaux, ce n'est pas pour les profs, les infirmières ou les plombiers. Non non, eux, avec un salaire sous les 100 000$ doivent contribuer. Ceux qui se sauvent de l'impôt, ce sont les plus riches.

Quand va-t-on dire que c'est assez? Quand va-t-on mettre nos culottes? Exiger du gouvernement que personne ne puisse se sauver de ses obligations? Quand va-t-on décider que nous voulons lutter contre les paradis fiscaux et retrouver les fonds pour pouvoir les investir dans notre société, pour que tout le monde puisse en profiter équitablement? Quand va-t-on exiger que le gouvernement dépense notre argent collectif de façon responsable pour que nos besoins essentiels soient comblés?

Surement quand nous serons moins occupés à travailler pour payer nos impôts.

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