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15/02/2018 11:11 EST | Actualisé 15/02/2018 11:11 EST

Maudit bulletin à m…

Ce maudit sentiment d’incompétence parentale qui t'envahit quand certains profs mettent dans la face du parent tout ce qui ne va pas bien avec l’enfant.

Getty Images/iStockphoto

Arrive le (pas si) merveilleux temps des bulletins.

Pour certaines mères, c'est un beau moment où elles prennent connaissance des magnifiques notes et des superbes compétences scolaires de leurs enfants.

Pis y'a l'autre gang.

La gang de mères qui appréhende la rencontre avec les profs et la remise des bulletins autant que la gastro dans le temps des Fêtes.

Pour comprendre le sentiment, il faut absolument que tu sois parent d'un enfant qui présente des difficultés à l'école.

Le maudit moment où t'es assis sur une chaise d'enfant en plastique trop petite qui fait mal aux fesses et que le prof te dit pour une xième fois que ton enfant est vraiment sous la moyenne ou ne passe carrément pas. Qu'y'a de la misère sans bon sens dans à peu près toutes les matières.

Pis toi t'es là, assise sur ta chaise, raide comme une barre avec le sentiment que le prof te juge un peu quand y'arrête pas de te dire tout ce qui ne va pas bien avec ton enfant.

Un peu comme si c'était TA faute si ton enfant coule trois matières et ne comprend rien 3/4 du temps.

Je suis allergique à ces moments-là.

Ce maudit sentiment d'incompétence parentale qui t'envahit quand certains profs mettent dans la face du parent tout ce qui ne va pas bien avec l'enfant.

Tout ce qui est souvent hors du contrôle des parents en plus.

Pire encore, quand tu sais que ton enfant met tous ses efforts pour obtenir 63% et que le prof te parle de la moyenne de 85%.

Pire encore, quand tu sais que ton enfant met tous ses efforts pour obtenir 63% et que le prof te parle de la moyenne de 85%.

J'ai juste le goût de me lever et de dire:

« Bon ben clairement je vais aller dépenser son régime d'épargne études au Carrefour Laval, anyways si y se rend en secondaire 2 ça va être un exploit! »

J'écoute le prof me parler de toutes les matières dans laquelle « mon enfant a des lacunes » et dans ma tête je me dis:

« Coudonc y'a tu quelque chose qui va bien? Me semble que mon enfant n'est pas juste poche..»

Des fois, je dis juste: « C'est quoi la solution? Parce que moi malheureusement j'suis pas dans la classe ... »

J'ai l'impression, dans ces moments-là, que mes enfants SONT leurs notes.

BEN NON. Pentoute.

Mon enfant rush à l'école, mais il met le double d'efforts à faire des devoirs. Mon enfant rush a l'école, mais il est plus débrouillard que la moyenne. Mon enfant ne comprend rien en maths, mais persévère plus que tous les autres élèves.

Prof, que veux-tu que j'te dise? Je respecte ton travail, j'admire ton dévouement, mais j'peux pas faire plus.

Prof, que veux-tu que j'te dise? Je respecte ton travail, j'admire ton dévouement, mais j'peux pas faire plus. À moins de refaire ma troisième année moi aussi pis que tu m'acceptes dans la classe...

Faque cette étape-ci je ne regarderai pas le bulletin de mes enfants.

Jugez-moi. Allez-y.

Cette dernière étape j'ai valorisé l'effort et la persévérance. J'ai encouragé leur capacité à poser des questions, à s'impliquer, à s'améliorer.

Dans mon bulletin à moi, y'ont de bonnes notes partout.

Effort: A +

Persévérance: À

Implication: À

Bonne attitude: A+

Y peuvent rien faire de plus et moi non plus.

Je mets au défi les parents d'enfants qui ont des difficultés à l'école de dire au prof:

« Peux-tu alterner une affaire qui va mal avec une affaire qui va bien. SVP. »

Je compare mes enfants à des petites plantes en pot.

Pour les faire grandir, je peux juste les arroser, leur donner de l'engrais et du soleil.

Même si je tire dessus de toutes mes forces, je ne les ferai pas grandir plus vite. Je vais juste les abîmer et elles ne grandiront plus.

Pareil avec l'école.

Quand l'effort et la persévérance sont là, que veux-tu que je te dise, j'peux rien faire de plus. Pis si l'effort n'y est pas... c'pas parce que moi j'veux pas.

Ils sont des enfants uniques, avec autant de potentiel que les meilleurs de leur classe.

Mais même avec des notes poches-sous la moyenne-ordinaires ou plus près du 0 que du 100, j'apprends à mes enfants qu'ils ne sont pas leurs notes. Ils sont des enfants uniques, avec autant de potentiel que les meilleurs de leur classe.

Parce que la vie, ce n'est pas juste l'école. Et que j'ai confiance qu'ils trouveront leur voie.

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