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21/07/2015 10:36 EDT | Actualisé 22/07/2016 05:12 EDT

L'amitié

Pourtant les «je t'aime» sont rares. Contrairement à la relation de couple, ils ne sont pas nécessaires. Ils sont parfois même malaisants. On le sait que nos amis nous aiment. C'est comme ça.

À deux ans, on n'en a pas.

À cinq ans, on commence à en avoir.

À dix ans, ils sont les plus importants.

À vingt ans, on en a plein.

À trente ans, on les néglige.

À quarante-cinq, on en revoit.

À soixante, on commence à en perdre.

À soixante-dix, on les pleure.

À quatre-vingts, on commence à les oublier.

Puis on va les rejoindre.

Les amis.

Maudit que c'est important. Pour survivre aux tempêtes, pour vivre les joies, pour la nostalgie de nos vingt ans, pour traverser le temps.

Pour fabriquer les souvenirs. Pour rire. Pour pleurer. Pour nous dire la vérité. Ça nous en prend. Dans une vie, c'est une nécessité. Pour boire un coup, pour danser, pour pleurer, pour parler, pour cuisiner, pour jouer, pour échanger, pour discuter, pour rien faire, pour presque tous les verbes, il y a un ami. Sans ami, la vie est bien triste.

L'amitié, la vraie, survit aux amours trop prenants, aux moments de brouille et même aux décennies. Les souvenirs et la complicité la gardent jeune. Les amis sont les témoins de notre passé, ceux - et les seuls - avec qui ont peut tout partager, sans peur de se faire juger.

Pour certains, ils remplacent même la famille. Ils deviennent leur famille. Ils sont ceux avec qui ont veut partager Noel et nos vacances d'été. On veut les choisir comme parrains pour nos petits. On espère que nos enfants grandiront ensemble et qu'ils deviendront à leur tour les meilleurs amis du monde. On espère qu'ils ne feront pas, ensemble, tout ce que nous on a fait.

Je ne sais pas comment on les choisit. Il paraît que c'est souvent par un hasard qui n'en est pas vraiment un. Certains nous ressemblent, d'autres non. Certains partagent les mêmes intérêts, d'autres non. Parfois ils ne sont pas de la même religion et ne partagent pas les mêmes visions politiques que nous, pourtant ils sont nos amis. Dans le désaccord, ils restent quand même nos amis.

On les aime d'un amour encore plus inconditionnel que nos chums et nos blondes. Pas de jalousie, pas d'infidélité, pas de mensonges. Ce doit être pour ça que l'amitié traverse le temps. Pourtant les «je t'aime» sont rares. Contrairement à la relation de couple, ils ne sont pas nécessaires. Ils sont parfois même malaisants. On le sait que nos amis nous aiment. C'est comme ça. On le sait parce qu'ils sont là quand la vie est moins facile. Ils sont là quand on se fait larguer, et ce, même si on les a négligé pendant quelques temps.

Ils sont là quand on perd un être cher. Ils sont là, dans un salon funéraire, pour essuyer nos larmes. Parfois ils sont juste là, silencieux, mais leur présence nous réconforte. Quand on tombe, ils sont là pour nous aider à nous relever. Quand on a besoin de déménager, de peinturer, de danser, de boire, de faire garder, ils sont là. Pas besoin de «je t'aime» quand on le prouve si bien.

Il y a ceux de notre enfance, ceux du collège et ceux de l'université. Il y a les collègues qui sont devenus nos amis. Il y a aussi ceux qu'on rencontre un peu plus tard. Ceux des sports. Il y a nos ex qui sont restés nos amis. Il y a les amis de nos amis. Il y a ceux qui partent et qui reviennent. Il y a ceux qu'on a perdu et qu'on pleure. Ceux qui sont juste dans notre cœur.

En 2015, il y a aussi ceux qu'on a jamais rencontré, mais avec qui on parle depuis des années sur le net. Un nouveau genre d'amitié. Ceux qui l'ont déjà vécu comprennent. Des gens avec qui on s'ouvre, avec qui on partage, qui nous soutiennent, sans jamais les avoir croisé.

On a tous une amitié qu'on croyait perdue et que l'on retrouve plus tard. Puis on est surpris de voir à quel point le temps n'a rien changé. Les rires, les paroles et les pleurs sont les mêmes.

Même avec les cheveux blancs, l'amitié est imperméable au temps.

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