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02/10/2015 08:00 EDT | Actualisé 02/10/2016 05:12 EDT

Être un mononcle cochon

Parce qu'on ne se le cachera pas, en tant que femme, on a toutes été témoins ou victimes de ces mononcles qui aiment trop les femmes.

« Il aimait les belles femmes. »

Ok, et? Quel homme n'aime pas les belles femmes? Est-ce que tous ceux qui aiment les belles femmes se permettent de faire des allusions à caractère sexuel à leurs collègues et ont les mains longues? NON.

C'est comme dire « Moi je suis vraiment aux femmes » et avoir une attitude irrespectueuse avec les femmes de ton entourage, parce que toi, plus que les autres, t'es victime d'être trop aux femmes. Ce qui fait que ça te permet de manquer de respect.

« Il était peut-être juste colon... »

On ne parle pas d'un gars qui a pissé dans une plante au party de bureau, là. On parle de quelqu'un dont certaines femmes se plaignent de harcèlement et d'agression. Rendu là, ce n'est plus colon.

La seule affaire qui te rend colon, c'est de penser que les femmes aiment ça, que c'est un compliment pour elles de se faire dire ce genre de cochonneries. C'est vrai que t'es colon en maudit quand tu penses que ça fait de toi un homme d'agir ainsi.

Malheureusement, avoir les mains longues et baladeuses, en 2015, c'est être un agresseur.

On est en 2015. En 2015, les femmes votent. En 2015, les femmes travaillent. En 2015, les femmes décident. En 2015, les femmes ont droit au respect.

En 2015, TOUTES LES FEMMES ONT DROIT AU RESPECT.

J'imagine que si tu es né en 1950, ça se peut que dans ton temps, pogner le cul d'une femme à la job, c'était toléré. Encore plus si tu avais une job importante. Pogner le cul, c'était rien. Dire des affaires cochonnes à une femme que tu trouvais de ton goût, ce n'était pas condamnable. Même si c'était à la job, à jeun, un lundi matin.

Des hommes ont donc vieilli dans cette culture de non-respect de la femme. Il y a des hommes agresseurs-colons qui aimaient trop les belles femmes qui ont continué à agir de la sorte pendant toute leur vie.

Puis il y a Marcel Aubut. Et puis il y a le Comité olympique.

Comment est-ce possible qu'un comité olympique (du Canada, là) laisse passer des agissements du genre? Quel respect pour les femmes le Comité olympique a-t-il lorsqu'il demande simplement « de cesser » ces actes graves, sans faire d'enquête et porter des accusations?

Je n'en reviens pas.

Non seulement Aubut « aimait trop les femmes », mais en plus le Comité olympique de mon pays a passé sous le silence ces actes graves.

En 2015, là. Au Canada, là.

Cette nouvelle va surement calmer quelques mononcles cochons qui agissent encore de la sorte. Ce que j'espère encore plus, c'est que cette nouvelle donne le courage nécessaire aux femmes de dénoncer les comportements inacceptables de ces hommes.

J'ai espoir que ce genre d'hommes, qui croient que le comportement d'agresseur-harceleur est normal, s'éteignent en même temps que la génération des mononcles. J'ai espoir que les femmes, témoins ou victimes ne laissent plus passer sous silence ces comportements.

J'ai espoir que le comité olympique de mon pays s'engage à ne plus jamais tolérer des actes d'agression ou de harcèlement, envers les femmes ou les hommes, sous prétexte que l'agresseur est une personne importante au sein de l'organisation.

Et finalement, j'espère que les Cosby et Aubut de ce monde réalisent la gravité de leurs actes et que les femmes dénonciatrices gardent la tête haute.

Parce qu'on ne se le cachera pas: en tant que femme, on a toutes été témoins ou victimes de ces mononcles qui aiment trop les femmes.

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