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12/03/2018 08:00 EDT | Actualisé 12/03/2018 12:53 EDT

Vladimir Poutine sera-t-il réélu président le 18 mars prochain?

On ne devrait pas avoir de surprise.

Alexei Nikolsky/TASS

Vraisemblablement, et cela malgré nos analyses critiques. En effet, la Russie 2018 s'est inexorablement éloignée de l'Occident qui voit trop souvent ce pays d'une façon imaginaire. L'avenir de ce pays passe maintenant par la Chine et l'Asie.

Élections

Le 18 mars prochain, la Russie élira son nouveau président. Il faut se rappeler que dans notre Russie postsoviétique, dans ce grand pays par sa surface et par sa culture, ce qui domine encore aujourd'hui, c'est une forme de narcissisme dépressif. Ce pays est toujours hanté par la peur d'être à nouveau englouti par le mode de vie occidental, qu'il considère comme dépravé ou islamisé. Ce pays se sent toujours aussi humilié par cet occident qui ne comprend pas ses peurs. Il faut néanmoins noter que ce pays semble être à nouveau plein d'espérance, de grandeur retrouvée, une espérance générée par ce "héros" russe des temps modernes qu'est Vladimir Poutine.

Lors de la campagne électorale, ce président russe a énuméré les grandes lignes de sa politique lors d'un discours annuel devant le Parlement russe. Il s'est attaché à mettre en avant l'importance des changements technologiques, tout en évoquant les défis stratégiques. Tout cela sans oublier la « famille et l'Église russe».

Bilan de Poutine.

Si on fait un bilan de ses actions passées, on doit admettre qu'il a mis au pas les oligarques hérités des années Eltsine, et qu'il a su gérer le boycottage occidental qui a affecté la croissance assez fortement en 2015, moins 2,8% et plus légèrement en 2016 avec un moins 0,2%.

Il faut aussi noter la vaste opération de nettoyage du secteur bancaire, cela grâce à la banque centrale. On a aujourd'hui en Russie une inflation maîtrisée et une reprise des crédits aux particuliers et aux petites entreprises qui commence à stimuler les investissements.

On déplorera le fait que la part de l'état dans l'économie est passée de 40 à 46%, on est néanmoins loin de la Chine où la part de l'État doit être proche de 80%.

Enfin, Les Russes sont nationalistes, et Poutine a fait de la protection de son peuple son cheval de bataille.

Pour lui, la prospérité de la Russie est totalement liée à sa protection et au rang qu'elle occupe dans le monde. En cette période de guerre économique acharnée, il n'a pas totalement tort !

Boycottage et conséquences

Ce boycottage qui est intervenu en même temps que la baisse du prix du baril a été un électrochoc qui a fait comprendre aux Russes, qu'ils devaient cesser de dépendre du Pétrole.

On doit aussi admettre que le boycottage a aidé au développement technologie du pays. On remarquera la volonté de Poutine de faire de la Russie l'un des principaux centres mondiaux de stockage et de traitement de data. Les infrastructures de réseaux Internet et de communication par satellite devraient bénéficier de cette volonté gouvernementale. Les banques vont être associées afin que les entreprises puissent elles aussi connaître un boom économique, cela, grâce aux maintiens des taux d'intérêt assez bas.

Enfin, Poutine s'est engagé à faire baisser ce que l'on appelle la « pression administrative » qui est en fait la pression exercée par la bureaucratie des services fiscaux, une attitude héritée de l'époque soviétique.

Le fort taux de pauvreté n'a pas non plus été oublié par Poutine qui s'est engagé à prendre des mesures pour améliorer les revenus des citoyens russes.

Le fort taux de pauvreté n'a pas non plus été oublié par Poutine qui s'est engagé à prendre des mesures pour améliorer les revenus des citoyens russes. Il a déjà annoncé une hausse du salaire minimum.

Prévisions

On ne devrait donc pas avoir de surprise, Vladimir Poutine sera réélu. Si l'on observe la production de véhicules ou celle de blé, il est clair que la croissance s'améliore et devrait passer de 1.8% en 2017 à bientôt 3%, on pourrait avoir de bonnes surprises économiques dans ce pays, si la guerre économique ne s'intensifie pas.

La surprise pourrait venir de sa coûteuse position en Syrie, ou la Russie doit jouer entre ses amitiés géoéconomiques turques, son lien à Bachar Al Assad, et les Kurdes. Récemment,les Kurdes ont rejeté les conditions de désarmement de Bachar qui souhaitait reprendre l'administration des zones libérées, zones sous le feu de l'armée turque.

Conclusion

A priori aujourd'hui la plupart des pays occidentaux ont toujours besoin des débouchés de ce marché russe, alors que ce pays voit lui son avenir à l'Est dans cette Asie toujours en fort développement. Pour mieux comprendre cette âme russe partagée entre les occidentalistes et les slavophiles, lire mon texte ici.

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