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06/12/2015 09:36 EST | Actualisé 06/12/2016 05:12 EST

Notre hydroélectricité à la rescousse de la réduction des émissions de GES

La cible québécoise de réduction d'émissions de gaz à effet de serre (GES) pour 2030 est de 37,5% sous le niveau de 1990.

La cible québécoise de réduction d'émissions de gaz à effet de serre (GES) pour 2030 est de 37,5% sous le niveau de 1990. C'est ce qu'a annoncé, il y a quelques jours, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel. La poésie de Fred Pellerin trouve toute son actualité : «On est au commencement du monde, il faut nettoyer les lilas... »

Depuis une quinzaine d'années, avec ses politiques environnementales et la création du Fonds vert, la province francophone a réussi à diminuer ses émissions de 8%, soit 2% de plus que son plan initial. Malgré cela, il reste bien du chemin à parcourir pour atteindre son objectif.

Ici, la diminution des GES se fait par la filière de l'hydroélectricité. L'électricité est le pétrole du Québec. Nous sommes le 4e producteur en importance sur la planète.

Notre énergie propre permettra aussi aux voisins américains d'atteindre leurs propres objectifs. Les États de la Nouvelle-Angleterre recourront très bientôt à d'autres sources énergétiques, car le gouvernement étasunien a décidé de fermer les centrales nucléaires vieillissantes et mettre fin à la production d'électricité à l'aide du gaz naturel utilisé depuis l'abandon du charbon. De l'autre côté de la frontière, 45% de l'énergie est ainsi fabriquée.

Ainsi donc, le Québec devrait devenir le principal fournisseur d'électricité du Massachusetts, du Connecticut et du Rode Island. Ils négocient des accords commerciaux avec Hydro-Québec. Au retour de la 39e édition de la Conférence des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l'Est du Canada, qui avait lieu à St. Jonh's, les 31 août et 1er septembre, Philippe Couillard semblait dire que l'affaire est presque réglée.

En plus de contribuer à la diminution des sources polluantes, les exportations d'électricité sont assez payantes pour nous. Ils ont fait progresser les profits d'Hydro-Québec de 3% au troisième trimestre de 2015. On parle de bénéfices de 339M$ pour juillet, août et septembre. C'est 10M$ de plus qu'à la même période l'an dernier.

Devant l'augmentation des ventes internationales, il serait peut-être le temps d'arrêter de hausser les tarifs des Québécois. Ces derniers sont de plus en plus offusqués de ne pas participer aux bénéfices des centrales payés avec leurs taxes et impôts. Ils aimeraient profiter un peu de leurs richesses naturelles. Il y a quelques jours, Hydro-Québec a spécifié l'ascension des tarifs similaire pour 2016 suivra l'inflation, soit 1,9%, mais les clients aimeraient mieux une stagnation des prix ou une diminution.

Cela dit, la Conférence de St. Jonh's a aussi permis aux participants de se doter d'une cible régionale de réduction des GES pour 2030, soit 35% à 45% sous le niveau de 1990.

«Les sources d'énergie propre à faibles émissions de carbone, comme l'hydroélectricité québécoise, occupent une place grandissante dans nos discussions et se présentent comme un élément majeur du développement durable de la région pour les années à venir», disait le premier ministre du Québec au terme de la rencontre.

Avec ce qui se trame, nous en serions au début de la fin de l'ère des hydrocarbures. D'ici la fin du XXIe siècle, le Québec devrait avoir complètement abandonné le pétrole. C'est la conclusion qu'on fait en lisant le Plan d'action en électrification des transports 2015-2020 «Propulser le Québec par l'électricité» du ministère des Transports du Québec (MTQ).

A peine publié, déjà les échos se font voir et entendre. Le MTQ est déjà en action.

Depuis le 9 octobre, on encourage les véhicules à zéro émission. Les conducteurs de voitures électriques ou hybrides rechargeables n'ont plus besoin de voyager avec des passagers pour utiliser plusieurs voies réservées sur les autoroutes.

Et puis, ils n'auront plus rien à débourser pour traverser les ponts des autoroutes 25 et 30 dès le 1er janvier.

De plus, un important parc de recharge s'installe. Circuit électrique, le plus important réseau de recharge public du Québec, compte déjà plus de 540 bornes, dont 22 bornes rapides, dans seize régions.

La région de Lanaudière, pour ne citer que celle-ci, en a maintenant quinze dans les municipalités de Terrebonne, Joliette, Mascouche, Lavaltrie, Repentigny, Saint-Donat et Sainte-Marcelline-de-Kildare.

Le plan quinquennal du MTQ prévoit faire bondir de 7300 à 100 000 véhicules électriques ou hybrides rechargeables sur les routes d'ici 2020. Pour aider la cause, on étendra au-delà de 2016 le crédit d'impôt à l'achat d'une voiture électrique. Ce dernier peut atteindre jusqu'à 8000$.

Le MTQ veut éventuellement imposer une norme «zéro émission» afin d'obliger les concessionnaires à vendre un certain pourcentage de véhicules verts.

Enfin, le plan permettra aussi d'étendre l'offre de transport collectif électrique : autobus, train, taxi, etc.

«La vie n'est que changement et mouvement [...] Au fur et à mesure que nous changeons, le monde change avec nous. [...] Le changement engendre le changement et se nourrit de son élan propre, au point que le globe paraît se précipiter toujours plus vite vers une transformation fondamentale», écrivait jadis Al Gore dans «Urgence Planète Terre - L'esprit humain face à la crise écologique. C'est ce qui arrive au Québec.

Nous changeons. Notre société change. L'intervention chirurgicale de l'équipe du «Docteur Couillard» annonce déjà des jours prometteurs. Lorsqu'il y a urgence, il ne faut pas hésiter à passer en salle d'opération. On ne se sent que mieux après.

En 2030, le Québec aura sûrement atteint sa cible. Les lilas sentiront seront nettoyés.

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