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15/11/2015 09:48 EST | Actualisé 15/11/2016 05:12 EST

Marcher à la suite du Curé Labelle

La température de ce début d'octobre est fraîche. Le ciel est bleu. Le soleil est à son zénith. L'air des montagnes des Hautes-Laurentides est chargé d'oxygène pur filtré par les feuilles des arbres. L'automne, on est bien dehors!

La température de ce début d'octobre est fraîche. Le ciel est bleu. Le soleil est à son zénith. L'air des montagnes des Hautes-Laurentides est chargé d'oxygène pur filtré par les feuilles des arbres. L'automne, on est bien dehors! «Et maintenant, voyez la suite...»

Après cette longue randonnée sur le sentier du Parc linéaire «le P'tit train du Nord», entre Rivière-Rouge et Nominingue, Manon, mon tendre amour, et moi nous retrouvons enfin en tête à tête pour le déjeuner - à l'heure des Européens - dans la sympathique salle à manger de l'Auberge île de France.

En arrivant ici, on a l'impression de rentrer à la maison. L'accueil est chaleureux. J'ai l'impression de retrouver une lointaine cousine que je n'ai pas rencontrée depuis un long moment. Je ne peux m'empêcher de lui lancer après les salutations d'usage : «Est-ce qu'il te reste de quoi manger dans le frigo? J'ai tellement faim!»

Devant le menu, nous nous laissons finalement tenter par la suggestion de la préposée aux tables : «Vous ne serez pas déçus par l'omelette du chef!» Elle nous a bien conseillés. Le repas était délicieux!

Ce midi, nous sommes très fiers. En deux ans, nous avons réalisé notre objectif de parcourir la célèbre route verte, de Bois-des-Filions à Mont-Laurier.

«Est-ce que tu y penses, Minou? On a parcouru 232,4 kilomètres!», lui dis-je.

Tout de go, elle rétorque : «On est bon, hein! Mais c'est bien plus que ça qu'on a fait... Si tu estimes qu'on a fait la piste par segments, c'est-à-dire par petits bouts aller-retour, on a fait le double».

Ce n'est pas rien! 464,8 kilomètres.

Et on échange sur tous les secteurs de cette piste que nous avons explorée. C'est vraiment un sentier exceptionnel pour la randonnée.

Comme à son habitude, c'est toujours la dernière excursion que nous avons faite que ma petite femme a le plus appréciée. C'est une personne qui vit au présent. Aujourd'hui est presque toujours la plus belle journée de sa vie.

Et puis, à chaque région que nous visitons, elle finit par déclarer qu'elle veut y déménager. Minou s'émerveille de chaque paysage et de chaque rencontre.

De mon côté, à l'aide de mes souvenirs, je me souviens des émotions vécues devant les paysages bucoliques des secteurs de Mont-Laurier, Val-Barrette, Val-David et Val-Morin. Et puis des «wow !» admiratifs aux divers points de vue sur les rivières du Nord et Rouge. C'est tellement beau les Laurentides!

Cette route multifonctionnelle passe par cinq secteurs: Sud (32 km), Laurentides (76 km), Pays-d' en-Haut (21,2 km), Rivière-du Nord (14,4 km) et Antoine-Labelle (88,8 km).

Elle commence à Bois-des-Filions, au pied du pont Athanase-David, c'est-à-dire la route 335, et conduit jusqu'à la 117 à Mont-Laurier. A Bois-des-Filions, Lorraine, Rosemère et Sainte-Thérèse, la route verte est partie prenante des infrastructures urbaines, à travers les rues et les parcs. De Blainville à Mont-Laurier, elle emprunte le tracé de l'ancien lien ferroviaire.

Le sentier est agréable à marcher ou à pédaler. Entre Rosemère et Prévost (sauf dans quelques parcs urbains), dans la municipalité de Mont-Tremblant et entre Labelle et Mont-Laurier, il est entièrement asphalté. Le reste est en poussière de roche.

Sentier transcanadien

Dans les Laurentides, le Parc linéaire «le P'tit train du Nord» est un tronçon du Sentier transcanadien, un projet qui, lorsqu'il sera complété, s'étendra entre les océans Atlantique, Arctique et Pacifique sur une distance de 21 500 kilomètres, soit la moitié de la circonférence de la Terre. A l'origine, le plan prévoyait relier 1000 communautés et plus de 33 millions de canadiens. Il doit être complété d'ici 2017.

Selon sa vision, «le Sentier est conçu pour accueillir sept activités de base», dont «la marche ou la randonnée».

Il est composé de nombreux «sentiers locaux reliés les uns aux autres pour former l'un des sentiers les plus longs et grandioses au monde», y indique-t-on.

Au Québec, le parcours est accessible à pied, à vélo ou à cheval, selon les secteurs.

En provenance de l'Ouest, «le P'tit train du Nord» est relié aux sentiers récréatifs de la capitale canadienne, en passant par le pont couvert de Wakefield et la forêt à Maniwaki.

Du côté Sud, il traverse Laval, Montréal et la Montérégie et se dirige jusqu'à l'extrémité des provinces de l'Atlantique, via les Cantons-de-l'Est.

Une route de Compostelle

On peut parcourir cette route en pèlerin. Ce Compostelle québécois peut être un chemin de solitude, de recueillement et de réflexion.

D'un pas à l'autre, on ne peut s'empêcher de penser au Créateur ou à l'étincelle créatrice de toutes choses puisque tout ce qu'on voit est beau.

D'un kilomètre à l'autre, on pénètre au pays du mythique Curé Labelle. Jadis, c'est lui qui a grandement favorisé le développement l'arrière-pays du Nord.

Sur cette route qui traverse deux diocèses catholiques, on peut se recueillir aux cathédrales de Saint-Jérôme et de Mont-Laurier et voir leurs cachets particuliers (elles se trouvent à quelques minutes du parcours) et dans la belle église Sainte-Thérèse-d'Avila et chez les moniales Rédemptoristines à Sainte-Thérèse qui ont pignons sur rue sur la route verte.

Et puis, on croise de nombreux chemins ou routes aux patronymes de saints chrétiens.

Devant la gare de Nominingue, un monument à la mémoire du Curé Labelle mérite un arrêt. Et si on fait le petit détour à la cathédrale de St-Jérôme, on découvrira un buste d'Antoine Labelle sur la place publique en face du temple.

Hommage au Curé Labelle

En 2016, on souligne dans les Laurentides le 125e anniversaire de décès du curé du Nord. Antoine Labelle est trépassé le 4 janvier 1891, à Québec. Il a été inhumé quatre jours plus tard dans le cimetière de Saint-Jérôme.

Il y a longtemps, dans une correspondance, le prêtre catholique écrivait: «Je me suis d'abord occupé du bien spirituel de mes fidèles. [... Et puis,] Je voulais changer toutes les épinettes du nord [...] en autant de colons. [...] J'ai réussi à convaincre les gouvernements du bien-fondé d'un chemin de fer. C'était essentiel pour le développement économique de la région [...] Et maintenant, voyez la suite...»

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