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01/06/2016 07:50 EDT | Actualisé 02/06/2017 05:12 EDT

Voici comment Donald Trump deviendra le président des États-Unis

Préparez vos abris nucléaires et commencez à stocker du Chef Boyardee: Donald J. Trump sera le 45e président des États-Unis.

Maintenant que la candidature de Donald Trump à la présidence des États-Unis est assurée, la Maison Blanche est à portée de sa main. Plusieurs disent impossible une victoire républicaine à la prochaine présidentielle, mais puisque ce sont les mêmes qui refusaient de considérer Trump comme un candidat avant le début de l'automne, laissez-moi les ignorer et vous expliquer rapidement et simplement pourquoi ils ont tort.

1. La carte électorale

Actuellement, les estimations des sondages nationaux démontrent que quelques États détermineront la donne lors de la prochaine élection. Des battleground states. Ils sont pour la plupart des États que Trump a passé au rouleau compresseur au cours de la primaire. Puisque le collège électoral est la seule chose qui compte vraiment, utilisons cette mesure pour chiffrer nos prédictions.

Même si Trump pouvait compter sur au moins 21 États assurément rouges, les démocrates auraient quand même une légère avance de 217 à 191 délégués en se limitant aux États sûrs. Il en faut 270 pour gagner. Parmi les États qui sont encore too close to call, il reste:

  • La Floride, où Trump a battu le Sénateur Marco Rubio et l'ancien gouverneur Jeb Bush chez eux, dans leur État et où les républicains performent traditionnellement bien. (29 délégués) R220
  • La Caroline-du-Nord, où Trump a gagné à travers la controverse et où le racisme est toujours très présent. Il bat présentement Clinton dans les sondages. (15 délégués) R235
  • La Pennsylvanie, où Trump a gagné et bat présentement Clinton dans les sondages. (20 délégués) R255
  • Le Colorado, où Trump bat Clinton dans les sondages et où elle s'est fait surprendre par Sanders. (9 délégués) R264

À partir de ces 264 délégués, il pourrait n'avoir besoin que de 6 pauvres délégués disponibles à travers les nombreux autres États restants. Par exemple, les 13 délégués de Virginie, où il est à égalité avec Clinton, pourraient gonfler son total à 277. Même si les démocrates gagnent les 5 États restants, ils n'ont aucune chance de battre Trump. Et ça, c'est s'il ne gagne pas New-York et ne cause pas de surprise ailleurs dans la rust belt, comme au Michigan. Son message sur le libre-échange et le passé trouble de Clinton sur cet enjeu pourrait faire tourner l'État au rouge, contre toute attente. Dans ce cas, ce serait une victoire historique, une raclée monumentale.

En d'autres mots, une présidence Trump n'est pas un scénario catastrophe: la mathématique joue réellement en la faveur des républicains cette année et il suffirait seulement que les choses suivent leur cours naturel pour que cela se réalise vraiment.

2. L'argent

Donald Trump adore prétendre qu'il n'appartient à personne et qu'il paie lui-même pour sa campagne. Pourtant, il a déjà annoncé que pour l'élection générale, il accepterait l'argent du parti et conséquemment, celle des super-pacs. Un des plus gros lobbys politiques aux États-Unis, la National Rifles Association (NRA), a déjà annoncé son support pour Donald Trump. L'apport financier des lobbies de l'énergie et des armes pourraient être suffisant pour soutenir sa course.

De plus, Trump a commencé à participer à de nombreuses collectes de fonds pour le parti républicain afin de le préparer pour une élection qui est déjà la plus coûteuse de l'histoire du pays. Un milliardaire américain a promis un don de 100 millions de dollars à la campagne de Trump et fort est à parier que plusieurs autres super-dons du genre vont suivre dans le futur étant donné l'attrait des réductions d'impôts massives pour les riches proposées par Trump.

Certes, Hillary Clinton possède une machine à faire de l'argent extraordinaire aussi. Toutefois, cette machine est encore affairée dans une course tellement plus difficile que prévu avec Bernie Sanders et même si elle a déjà commencé à amasser de l'argent pour l'élection générale, beaucoup de ses efforts sont encore consacrés à la primaire. Son adversaire démocrate a battu les records de collecte de fonds de Barack Obama en ne déployant que très peu de ressources, ce qui pousse Clinton à devoir faire du temps-double pour achever la bête. Pendant ce temps, Trump peut élargir son réseau à l'intérieur du parti et économiser ses ressources tout en se concentrant sur «Crooked Hillary», pour reprendre ses mots.

3. L'unité du parti républicain

Alors que 6 républicains sur 10 disaient qu'ils refuseraient de voter pour Donald Trump «sous n'importe quelle circonstance» à l'annonce de sa candidature, ils sont désormais 85 pour cent à être prêts à voter pour lui en novembre. Le vieux mythe selon lequel Trump est propulsé par une bande de marginaux ne tient plus la route: l'establishement républicain se range désormais derrière lui et les électeurs semblent être prêts à se boucher le nez et à l'appuyer plutôt que de piler sur leur orgueil et de reconnaître que leur camp fait une erreur grotesque de proportions bibliques.

Chez les démocrates, c'est l'inverse. La course entre Bernie Sanders et Hillary Clinton est devenue plus nocive que jamais alors que Sanders continue de renier sa défaite pourtant inévitable et attaque Clinton de toutes ses forces afin d'arriver à la convention avec autant d'appuis que possible face à un adversaire amoché. En gros, Sanders veut obliger Clinton à faire des concessions politiques sur son agenda à la convention. À ce sujet, je crois que Hillary fait complètement fausse route en pressant Sanders à quitter la course. Le parti a besoin des électeurs de Sanders et la seule façon de les mobiliser jusqu'au grand jour est de leur offrir quelque chose en échange, quelque chose qui les exciterait un peu. J'ai pour mon dire que Clinton néglige le clivage idéologique dans son parti et que tenir pour acquis qu'elle gagnera les votes de Sanders par défaut est une grave erreur.

Il ne faut pas négliger le je-m'en-foutisme des démocrates et de la population en général le jour de l'élection et présumer que le mouvement anti-Trump sera assez fort pour assurer la victoire des bleus, c'est faux! Par exemple, les latinos, groupe qui devrait être la première ligne de fantassins à se lever, appuient Clinton contre Trump dans des proportions plus faibles qu'ils appuyaient Obama contre Romney en 2012. Pourtant, Romney n'était pas le dixième du grand méchant loup qu'est aujourd'hui Donald Trump.

Plus de 40 pour cent des électeurs de Sanders affirment présentement qu'ils n'exprimeront pas leur vote cette année et il est fort probable que si leur candidat est exclu du processus à la convention, ils tiendront parole. Ces électeurs ne sont pas des clients naturels du parti: ce sont des jeunes et des indépendants qui n'ont pas particulièrement d'affinités avec les démocrates corporatistes actuels.

Ainsi, si Clinton choisit de se placer le plus à gauche possible pour capturer la base de Sanders, elle s'éloigne des républicains qui songent à sauter la barrière et elle perd au change. Si elle choisit de faire une campagne aussi centriste que possible afin de saisir ces républicains, elle perd systématiquement les électeurs de Sanders qui veulent un renouveau dans le parti et encore une fois, perd au change.

4. Le candidat à la vice-présidence

Trump a toujours l'une de ses cartes les plus puissantes à jouer: son choix de vice-président. Sous George W. Bush, Dick Cheney fut la gorgée d'eau qui permit d'avaler la pilule pour plusieurs républicains. Aujourd'hui, tout semble indiquer que le Donald va opter pour Newt Gingrich. Gingrich est un ancien Speaker of the house, en quelque sorte le chef du parti dans la chambre des représentants. Il a lancé lui-même sa campagne présidentielle en 2012 et eut un certain succès. Il est tout ce dont Trump a besoin: une image d'outsider, un politicien habile qui connaît bien la mécanique législative à Washington. Il pourrait aider son patron à naviguer à travers un monde complexe et totalement nouveau tout en lui prêtant un peu de crédibilité au passage. Il serait celui qui expliquerait à Trump ce que c'est ça, «la convention de Geneviève».

Clinton, pour sa part, devrait recruter quelqu'un comme Julian Castro. Un latino de Floride qui permettrait de sécuriser l'État et de mobiliser ce groupe d'électeurs. Plusieurs suggèrent qu'elle devrait choisir une progressiste comme Elizabeth Warren, mais celle-ci est bien plus utile au sénat et pour prendre celui-ci en novembre, les démocrates ont besoin de gagner 4 sièges. Dans l'éventualité où un ticket Clinton-Warren serait élu, le gouverneur républicain du Massachusetts aurait le droit d'appointer un collègue républicain à son siège de sénatrice, ce qui pousserait le nombre de sièges à gagner à 5. Politiquement, ce serait très aventureux. Plusieurs autres candidats potentiels à la vice-présidence sont dans la même situation chez les démocrates, ce qui limite considérablement les options.

Ainsi, le ticket de Clinton ne sera définitivement pas aussi efficace que celui de Trump, qui comptera sur un vétéran hautement respecté par l'establishement républicain en Newt Gingrich.

5. Hillary Clinton elle-même

Dans un cycle électoral où l'honnêteté est plus que jamais un enjeu, Clinton a un mal titanesque à convaincre les Américains qu'elle est digne de confiance. Après avoir affirmé que son usage d'un serveur personnel pour ses courriels professionnels lors de ses années comme secrétaire d'État avait été autorisé par le Département d'État, ce dernier a nié ces informations et une enquête subséquente a confirmé que Clinton n'avait jamais été autorisée à le faire. Toutefois, les 5 derniers secrétaires d'État avaient fait la même chose. Ce n'est pas le problème pour les républicains, ce n'est pas la question. Le but, c'est d'enfin pogner Clinton en train de mentir et cette fois, ils l'ont. Cette histoire est sous enquête par le FBI et chaque jour qui passe sans que tout cela soit oublié, l'épée de Damoclès au-dessus de sa tête se relâche d'un centimètre.

La piètre stratégie de Clinton pour battre Trump consiste à l'attaquer sur sa personnalité et sur sa rhétorique. Évidemment, chaque fois, Trump amène un fusil à une bagarre de couteau et effraie Clinton, qui veut éviter autant que possible les dommages. Quand elle le qualifie de sexiste et qu'elle dénonce son comportement avec les femmes, il répond que son mari est un violeur en série et qu'elle est the world's greatest enabler puisqu'elle fait tout pour cacher les gestes après les faits. « And then she's going to take advertisements on TV to tell people that Little' Donald is not nice with women?  I don't think so.»

Bing. Juste comme ça, Clinton ne peut plus jamais utiliser le mot sexiste trop fort sans quoi elle s'expose à une gifle démesurée. C'est la façon Trump.

Préparez vos abris nucléaires et commencez à stocker du Chef Boyardee: Donald J. Trump sera le 45e président des États-Unis.

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