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25/10/2012 10:04 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

Le mépris

radio-canada

Ce billet a d'abord été publié sur le blogue Jeune Insolent.

D'entrée de jeu, je dois spécifier que je ne suis ni péquiste, ni anglophobe; j'ai mon nationalisme à la Bouchard et je me suis exilé à Toronto pour étudier en anglais, question de maîtriser complètement cette deuxième langue. Je suis loin d'être fan des gadgets identitaires, comme l'a si bien formulé Yves Boisvert de La Presse, et à mes yeux, Marois pousse sa luck pas mal ces derniers temps. Je dois le préciser car je connais déjà les colibets dont certaines critiques m'affubleront: sectaire et fanatique, pour n'en nommer que deux.

Et de lire Kelly McParland dans le National Post hier, en parallèle au dévoilement des données du recensement 2011 sur les langues parlées au Canada, j'en ai eu la gueule à terre. Le moralisme rampant du National Post, j'y suis habitué, mais un ton aussi ouvertement moqueur et une incompréhension aussi criante de la chose francophone, c'est du rarement vu. Ça, on appelle ça du mépris. Un dédain, tout simplement, du devoir de survivance. Une incapacité flagrante à concevoir qu'on ne puisse accepter à bras ouverts cette offrande divine qu'est l'assimilation au bon peuple Canadian, celui même qui se targue de tolérance et d'ouverture. Devant le Québec, McParland est tel un G.I. au Moyen Orient, ne comprenant pas qu'on puisse refuser sa démocratie à grands coups de Jarnac.

Alors, M. McParland, juste pour vous, une explication rapide et simple: oui, être bilingue et la diversité est un atout, mais tout comme vous souhaitez garder l'anglais comme langua franca dans le ROC, nous souhaitons garder le français comme langue première. Il y a un danger bien réel dans cet océan anglophone qu'est l'Amérique du Nord et, bien que vous la regardiez de haut, la loi 101 est un outil efficace. Ni repli sur soi, ni anglophobie, il s'agit de s'émanciper non pas en opposition à l'anglais, mais tout simplement en privilégiant cette langue de nos ancêtres.