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14/05/2013 11:02 EDT | Actualisé 14/07/2013 05:12 EDT

Tsé, la parité homme-femme...

woman with tape on her mouth.
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woman with tape on her mouth.

Dans sa plus stricte définition, je suis un féministe. Je crois en l'égalité entre hommes et femmes et, en fait, on peut même se demander qui oserait ne pas l'être? C'est dans l'ordre des lapalissades, de ces vérités absolues, car, après tout, et pour citer Cheris Kramarae et Paula Treichler, « le féminisme est l'idée radicale que les femmes sont des gens ». Ceci étant dit, on ne peut affirmer que j'en suis son porte-étendard ou que je supporte les positions de ses plus ardents défenseurs, mais, parfois, il arrive qu'une situation me fasse rire tant elle est ridicule et donne du maudit bon matériel à blogue.

Natif des Laurentides, ma mère habite Saint-Jérôme, cette capitale régionale de 70 110 résidents. Et à travers la commission Charbonneau, le maire Marc Gascon a décemment décidé de ne pas se représenter, évitant ainsi une bien embarrassante situation. Déjà, la classe politique locale s'est activée devant l'opportunité ainsi ouverte, et Stéphane Maher, un homme d'affaires local, a pris la tête de Vision Saint-Jérôme pour les élections de novembre prochain, avec dans ses rangs le député péquiste défait de la région Gilles Robert. Intention louable, très surement, on parle d'éthique, de bonne gestion pis toute, pis toute. Où le bât blesse, c'est la belle diversité de ses rangs: des 13 candidats aux différents postes, en incluant celui du maire, une seule est du fameux sexe honni. Un gros 7 % de la liste. Bon, un peu de recherche nous amènera bien vite à comprendre qu'ils étaient deux femmes et qu'une a dû quitter. Ça ne change rien; deux sur treize, ça reste vachement indécent.

Comprenez moi bien, je ne crois pas aux quotas ou autres mesures coercitives afin d'imposer une parité homme-femme ou, du moins, une plus grande diversité. On comprendra bien qu'il peut arriver qu'il y ait un peu plus, ou un peu moins d'un certain sexe dans un parti politique, mais « un peu » est bien le mot-clé ici. Comment peut-on vouloir clamer représenter tous les citoyens quand on occulte la moitié de ladite population , quand on ne prend même pas la peine de trouver et de convaincre quatre ou cinq femmes de se présenter sous notre bannière?

Car il s'agit bien de ça ici d'un manque d'effort, tout simplement. Certes, il est très possible que les femmes aient moins tendance à se présenter au bâton quand vient le temps de faire de la politique, mais vous ne me ferez pas accroire que, sur une population de 70 000 habitants, vous n'avez pas pu trouver une poignée de femmes pour s'impliquer! Ça n'a tout simplement pas été un souci du parti, de son administration et de son chef. Un boys club, c'est ben correct.

Ou devrais-je dire un old boys club? La diversité ne s'arrête pas qu'aux considérations féministes. La douzaine d'hommes, tous à la mi-quarantaine ou plus, peut difficilement affirmer parler au nom de la jeunesse, cette autre grande absente de leurs rangs. Mais passons, là n' était pas l'essence de mon argument. Il reste que nous gagnerions tous à avoir des représentants plus représentatifs de la population. Après on se demande pourquoi la classe politique est déconnectée de certaines de nos réalités alors que beaucoup d'entre eux ne vivent pas nos réalités.

On me répondra qu'il serait réducteur de prétendre que seules les femmes peuvent être conscientes des enjeux des femmes, ou que seuls les jeunes peuvent être conscients des enjeux des jeunes. Certes, mais il n'en reste pas moins qu'on est beaucoup plus conscient des réalités que nous vivons, et très certainement, nous n'avons pas le même intérêt ou la même sensibilité, consciemment ou non, lorsque ça ne nous touche pas directement.

Mais après tout, pourquoi s'en faire n'est-ce pas? Nous avons toujours élu ces old boys clubs et nous ne nous en portons pas trop mal, non?... Regardez Saint-Jérôme, Terrebonne et Laval, des fleurons de la démocratie!

Tout va très bien.

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