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03/11/2015 11:35 EST | Actualisé 03/11/2016 05:12 EDT

Un nouveau gouvernement, un nouvel espoir pour les droits humains

Alors que son nouveau gouvernement entre en fonction, le premier ministre Trudeau dispose de l'extraordinaire opportunité d'inverser la tendance des années Harper. Ce changement, tellement nécessaire et attendu depuis si longtemps, serait une excellente nouvelle pour le pays et pour le monde.

Presque toute la dernière décennie s'est avérée être une période difficile pour le dossier du Canada en matière de droits humains, tant au pays qu'à l'étranger. La liste des reculs en ce domaine est longue. Alors que son nouveau gouvernement entre en fonction, le premier ministre Trudeau dispose de l'extraordinaire opportunité d'inverser le mouvement. Ce changement, tellement nécessaire et attendu depuis si longtemps, serait une excellente nouvelle pour le pays et pour le monde.

Bien évidemment, le respect des droits humains encourage la justice et l'égalité, en plus de constituer le fondement de la durabilité de l'économie et de l'environnement, d'être la clef pour une sécurité à long terme et de représenter le meilleur espoir d'obtenir une paix durable pour les zones de conflits dans le monde.

Il est tentant d'imaginer un nouveau gouvernement qui mettrait de l'avant un programme solide et efficace en matière de droits humains; ceci nécessiterait, dès le départ, un leadership et une détermination fermes.

Tout est basé sur un engagement envers l'universalité des droits humains. Le mot universel réfère à tous les droits, ce qui indique que l'on accorde autant d'attention à l'interdiction de la torture qu'à l'obligation de fournir des services de santé essentiels. Ce terme réfère également à tous les pays, ce qui signifie que l'on se doit de tenir le même discours avec un partenaire commercial ou un ennemi implacable. Cette universalité s'applique tout le temps, autant en période de calme qu'en période d'insécurité.

Cette universalité nécessite que nous soyons conséquents dans l'application, chez nous, des règles de droits humains que nous défendons à l'étranger. Et ceci inclut absolument tout le monde; nous nous devons de rejeter cette politique du deux poids deux mesures et de discrimination, qui donne libre cours à la violation des droits humains de certains et qui ne la tolère pas pour d'autres.

Un respect inébranlable pour les droits des femmes et l'égalité des sexes se doit d'être au centre d'un nouveau programme de droits humains. La réalité des femmes, des jeunes filles et des personnes de la communauté LGBTI dans le monde est faite de beaucoup trop de discrimination et de violence, et de trop peu d'implication et d'action. Il y a beaucoup de place et un criant besoin pour un leadership canadien dans des domaines tels que la protection, au pays, des personnes transgenres, la priorité accordée à l'égalité des sexes dans nos relations avec les autres gouvernements et la défense constante des droits des femmes dans le cadre des Nations Unies.

Le temps est venu d'instaurer de nouvelles relations avec les peuples autochtones, fondées sur les droits humains. Les recommandations de la Commission de vérité et réconciliation requièrent notre attention. Une enquête et un programme d'action permettant de résoudre le problème de la violence envers les femmes et les jeunes filles autochtones est vivement attendu. Le respect de l'importante Déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones, grandement négligée par le dernier Gouvernement, est le chemin à suivre. Plus que toute autre question, le respect des droits humains ici, pourrait positionner le Canada comme véritable défenseur des droits humains dans le monde.

La coopération internationale doit redevenir le symbole de l'implication du Canada en matière de droits humains sur la scène mondiale. Il est facile de reléguer au rang de la sensiblerie le rappel du rôle que le Canada a déjà joué pour jeter des ponts au niveau international. Cette nostalgie, pourtant fondée, s'est perdue, au cours des dernières années, parmi des positions divergentes et un manque d'implication.

La communauté internationale est traversée de plusieurs lignes de rupture et de failles, ce qui, trop souvent, chamboule la situation mondiale et nuit à la protection des droits humains. Plutôt que de se comporter en agent d'estrade, le Canada se doit de composer avec les imperfections des Nations Unies, de tirer avantage de son implication au sein d'un large éventail d'organisations internationales et de travailler en vue d'un changement. Un bon début serait de profiter de l'excellente opportunité qui lui est offerte de se positionner comme chef de file de la réponse internationale à la crise des réfugiés syriens.

Une autre façon de démontrer notre implication au niveau international dans un contexte multilatéral, serait de ratifier et de mettre en application les principaux traités en matière de droits humains. Depuis 13 ans, la communauté internationale n'attend rien de moins du Canada qu'il signe Protocole facultatif à la Convention de l'ONU contre la torture.

Les États dans le monde se sont montrés perplexes face à nos hésitations dans le dossier du Traité de 2013 de l'ONU sur le commerce des armes, que les deux tiers des gouvernements dans le monde ont soit ratifié en totalité ou ont du moins signé en signe d'appui -- le Canada est le seul pays de l'OTAN à ne pas l'avoir fait. En signant ces deux traités, le Canada enverrait un message clair qu'il est de retour et qu'il est disposé à s'impliquer de nouveau et de manière significative au niveau international en matière de droits humains.

Finalement, nous avons un urgent besoin au Canada de mesures rassurantes qui redonneraient de l'oxygène au débat et à la contestation. Après avoir été accusés pendant des années de remettre en question les politiques du gouvernement, les groupes environnementaux, les militants pour les droits humains, les organisations de peuples autochtones, les militants pour l'égalité des femmes et les autres groupes espèrent retrouver la possibilité d'être en désaccord avec le gouvernement au nom de l'amélioration de la société et de la mise en place d'une saine politique publique.

Le dossier du Canada en matière de droits humains n'a jamais été parfait; cependant, les défaillances dans ce domaine ces dernières années ont été sans précédent. Il est grand temps de regagner le terrain perdu et de se remettre à avancer avec courage.

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