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11/02/2016 10:18 EST | Actualisé 11/02/2017 05:12 EST

Voyons toé criss!?

C'est quand même ben pas Richard Martineau qui va venir me dire comment vivre mon féminisme!

Les chroniques de Richard Martineau du 9 et du 10 février dans le Journal de Montréal ont fait beaucoup réagir. Martineau écrit sur les féministes, ces méchantes vipères qui «[crachent] leur venin sur les hommes» ; et sur les nounounes, ces femmes qui se laissent dominer. Il y aurait donc deux types de femmes, les fortes et les faibles.

Les féministes

Le féminisme décrit par Martineau suppose que les femmes se sont battues afin d'obtenir un privilège important, soit celui de la victime perpétuelle. Les féministes utiliseraient cette image victimisante dans le but de s'élever dans les échelons sociaux. De leur côté, les hommes se retrouvent dans le rôle du méchant (le fort, celui qui se tient droit) ou bien de l'homme rose (le faible, celui qui est dénué de virilité, donc celui qui agit en femme).

Ainsi, le féminisme serait la cause de tous les maux masculins. Il rabaisse, castre et ignore les garçons et les hommes. Pourtant aujourd'hui, les hommes maintiennent encore une place privilégiée au sein de la société. En effet, il existe de nombreuses imparités dans les lieux de pouvoir, notamment au sein des conseils d'administration des grandes entreprises et des instances politiques.

Martineau croit que les féministes n'ont plus aucune raison de se battre. Il ne nie pas le machisme d'antan, mais puisque c'est chose du passé, il faudrait en revenir! Le Québec actuel est égalitaire (ou même peut-être devient-il quelque peu inégalitaire, et ce, à l'avantage des femmes...)

Les nounounes

Martineau propose une théorie digne des plus grandes études sociologiques à propos des femmes qui portent le voile, de celles qui tendent à répondre aux standards de beauté et de celles qui sont prises dans le cercle de la violence. En fait, elles seraient simplement nounounes.

Martineau ne semble pas nier la présence d'un certain rapport de domination exercé notamment par un mari ou le diktat de la mode. Par contre, le nœud du problème se situe au niveau individuel. En effet, les femmes font de mauvais choix.

Ainsi, elles sont nounounes de ne pas se donner les moyens de s'opposer au port du voile quand il fait chaud, aux demandes bidon d'un mari qui préfère les grosses poitrines ou aux comportements violents d'un partenaire sexuel. Ces femmes sont faibles et elles doivent en porter le lourd fardeau de la faute.

Quelle place, alors?

Richard Martineau décrit deux types de femmes: les fortes et les faibles. Par contre, d'un côté comme de l'autre, ces deux types de femmes ne semblent pas correspondre à ce qu'il s'attend d'une femme. Les fortes sont trop imposantes, ne connaissent pas les limites de leur pouvoir et empiètent sur les privilèges durement acquis des hommes. Les faibles, elles, sont sans intérêt, sans espoir, elles sont dénuées d'autonomie de pensée.

Mais la question est-elle donc de comprendre quelle serait la place des femmes selon Martineau? Eh bien, non. La vraie question est de savoir en quoi son opinion sur les femmes compte réellement. Voyons toé criss? C'est quand même ben pas Richard Martineau qui va venir me dire comment vivre mon féminisme!

En collaboration avec Thomas Laberge

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