LES BLOGUES
14/06/2015 08:46 EDT | Actualisé 14/06/2016 05:12 EDT

Pourquoi fuir l'argent que nous voulons gagner?

Cette question peut paraitre paradoxale. Pourtant, elle cache ce que bien souvent notre inconscient nous pousse à faire: résister au changement.

D'entrée de jeu, cette question peut paraitre paradoxale. Pourtant, elle cache ce que bien souvent notre inconscient nous pousse à faire: résister au changement. Beaucoup de personnes ne se posent pas trop de questions sur leur motivation à choisir l'entrepreneuriat. Pourtant, à y voir de plus près, parmi les raisons, il y a une nuance entre devenir entrepreneur parce qu'on a besoin d'argent et devenir entrepreneur parce qu'on veut se faire de l'argent.

Dans le premier cas, toute source de revenu stable qui pourrait se présenter pendant l'exercice est suffisante pour mettre fin à l'aventure, tant la tentation pour le confort est forte. Dans le second cas, les motivations sont plus profondes et le désir de créer de la richesse est plus palpable. Sans être forcément vénal, l'entrepreneur qui affiche cette détermination est plus résilient aux infortunes et prendra plus de risque.

Malgré le fait que beaucoup en viennent à l'entrepreneuriat ethnique par résignation ou urgence financière, il faut pouvoir se forger une attitude de vainqueur, donc vouloir se faire de l'argent et non en avoir besoin. Autrement, cela donne lieu à une fuite au quotidien de l'argent qu'on veut se faire par une autre attitude: se plaindre d'un rien, ne pas croire en soi, ne pas oser, préférer le confort, retarder l'effort ou encore le moment de vérité...

Si je devais personnaliser cet argent, je dirais qu'il est comme une femme très capricieuse et exigeante et demande même parfois toute une science du comportement financier, personnel et même spirituel pour le maîtriser. Ce n'est pas pour rien que dans la sagesse populaire, l'homme est souvent décrit comme cédant à ses charmes et se faisant son esclave, tandis que la femme est celle qui sait le mettre au pas dans le budget du foyer. C'est un cliché sexiste qui vaut son pesant d'or.

Le défi revient encore une fois au réalisme.

Réalisme sur ses motivations profondes à entreprendre. Réalisme sur le métier d'entrepreneur qui doit accepter de faire payer ses services au juste prix et de faire du profit malgré la tentation de plutôt rendre service ou d'abuser de l'ignorance du client. Enfin, réalisme sur les attentes de l'aventure entrepreneuriale, c'est-à-dire avoir une vision claire de là où on veut aller, des objectifs, et mettre en œuvre les ressources nécessaires en accordance.

Cesser de fuir l'argent qu'on veut gagner revient à se réconcilier avec le changement opéré dans son statut: passer de professionnel employable à professionnel qui se vend ou poursuit une cause. C'est toute une responsabilité qu'il faut faire endosser à son corps et son âme ,sans vriller l'authenticité de sa nature ni de son identité. Bonne réappropriation de votre esprit de guerrier!

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Galerie photo Les billets de blogue les plus lus sur le HuffPost Voyez les images