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18/09/2015 08:25 EDT | Actualisé 18/09/2016 05:12 EDT

Prendre son avenir en main

Si nous voulons nous affirmer haut et fort comme indépendantistes, vaut-il mieux voter pour un(e) candidat(e) qui partage nos convictions ou pour un(e) autre, tels que messieurs Trudeau, Harper et Mulcair, qui se font une fierté de nuire à notre projet?

Le Comité national des jeunes du Parti Québécois (CNJPQ) a donné en juin dernier son appui sans réserve à ses collègues du Forum Jeunesse du Bloc Québécois.

Au-delà de sa durée excessive qui coûtera inutilement cher aux citoyens, il demeure que la présente campagne sera déterminante pour l'avenir du Québec, que l'on le veuille ou non.

L'issue de plusieurs dossiers litigieux sera prévisible en fonction de la composition de la prochaine législature à la Chambre des communes. Comme par le passé, il est nécessaire que le Bloc québécois détienne la balance du pouvoir afin que les intérêts de nos régions et de nos collectivités ne soient pas subordonnés à la volonté majoritaire des citoyens des autres provinces, qui, comme nous, ont des points légitimes à faire valoir sur les sujets suivants.

Gestion de l'offre

La gestion de l'offre permet aux producteurs agricoles du Québec d'obtenir des prix raisonnables pour leurs produits en contrôlant les quantités mises en marché.

Celle-ci est menacée par les négociations du Partenariat transpacifique (en anglais, le TPP).

Malgré des assurances faiblardes (et peu crédibles) de la part du parti au pouvoir, rien ne nous garantit qu'elle ne sera pas sacrifiée pour permettre la signature du traité une fois l'élection terminée. Pour le Bloc québécois, la gestion de l'offre en agriculture est non-négociable : l'avenir de milliers de fermes et d'emplois en dépend.

Ses députés voteront contre sa ratification si le TPP comporte des provisions qui éliminent la gestion de l'offre.

Oléoduc

Les risques environnementaux d'un potentiel oléoduc ne sont plus à prouver. Un litre de pétrole déversé équivaut à 1 000 litres d'eau contaminés: sachant que le projet de TransCanada tel que présenté traverserait près de 600 cours d'eau au Québec, un seul accident pourrait créer un véritable désastre environnemental. Les nombreuses manifestations citoyennes, notamment les rassemblements régionaux de groupes comme Coule pas chez nous, ont démontré toute l'ampleur de l'opposition à ce projet. Le message est clair: les Québécois ne veulent pas transformer leurs terres en autoroute pour le pétrole albertain.

Ce message, les stratèges politiques l'ont également compris. D'abord vigoureusement en faveur de l'oléoduc, certains politiciens ont assoupli leur position. Si, avant le déclenchement des élections, ils étaient prêts à permettre la construction de l'oléoduc sans plus de précautions, aujourd'hui, ils se montrent plus prudents, disant qu'il faut « étudier le dossier ».

Certains affirment même une chose et son contraire, dépendamment du lieu où ils font campagne - au Québec ils sont contre, au Canada ils sont pour... Le seul parti à être demeuré conséquent dans sa défense des intérêts du Québec dans le dossier, c'est le Bloc québécois.

Depuis l'annonce du projet, le Bloc s'y est farouchement opposé. Non seulement les risques pour l'environnement sont considérables, mais les retombées économiques pour le Québec sont nulles. Nous assumerions tous les risques, mais n'en retirerions pratiquement aucun gain: cette ressource, coûteuse et non-renouvelable, ne ferait que passer en sol québécois pour être consommée ailleurs. Nous n'avons rien à gagner, et tout à perdre: ça, le Bloc québécois l'a compris dès le premier jour.

Assurance-emploi

Il est plus que temps que cesse le pillage de la caisse d'assurance-emploi par le fédéral. Au cours des deux dernières décennies, le gouvernement fédéral (qu'il soit libéral ou conservateur) s'est servi à même les cotisations des travailleurs pour arrondir ses fins d'année fiscale, et ce, aux dépens de ceux-ci.

Suite à la réforme des Conservateurs, seulement 45% des chômeurs québécois seraient en mesure de toucher des prestations suite à une mise à pied, contrairement à 81% en 1990.

Le Bloc Québécois l'a martelé à plusieurs reprises : l'assurance-emploi devrait être du ressort du Québec et la caisse, hors de portée du pouvoir politique.

Indépendance

Ce n'est une surprise pour personne; le Bloc québécois est un parti indépendantiste. Tout comme le Parti québécois, Québec solidaire, Option nationale et certains éléments de la Coalition avenir Québec, ses candidats croient que les Québécois forment un peuple mature, capable de prendre des décisions sur les sujets le concernant, en fonction de ses besoins et de ses intérêts. Comme leurs homologues provinciaux, les députés du Bloc québécois utiliseront les ressources humaines, financières et médiatiques à leur disposition pour convaincre un maximum de leurs concitoyens de nous soutenir dans nos démarches pour que le Québec accède aux Nations unies de son plein droit.

Les députés du Bloc canadien (PCC, PLC et NPD) feront tout en leur pouvoir pour bloquer l'accession du Québec à son indépendance. Pas de surprise non plus à ce niveau.

Si nous voulons nous affirmer haut et fort comme indépendantistes, vaut-il mieux voter pour un(e) candidat(e) qui partage nos convictions ou pour un(e) autre, tels que messieurs Trudeau, Harper et Mulcair, qui se font une fierté de nuire à notre projet ? Poser la question, c'est y répondre.

Jugement sur le port du niqab

Mardi dernier, la Cour d'appel fédérale a rendu un jugement concernant l'interdiction du port du niqab lors de la prestation du serment de citoyenneté. Les juges, se faisant défenseurs de la Charte des droits et libertés, et particulièrement de la liberté de religion, permettent ainsi aux femmes de participer à cette cérémonie officielle à visage couvert. Si le PLC et le NPD n'y voient aucun problème, le PCC et le Bloc considèrent qu'une telle pratique n'a pas lieu d'être.

Cependant, si le Parti conservateur avait réellement souhaité que les femmes participent à ce moment marquant de l'inclusion au pays à visage découvert, il avait toute la liberté de légiférer. Stephen Harper n'a rien fait, se contentant d'émettre une directive qui a été déboutée pour une seconde fois en Cour mardi dernier. Il y a bien eu un projet de loi déposé en juin par le Parti conservateur afin de rendre obligatoire le serment de la citoyenneté à visage découvert, mais sachant que l'enjeu ne date pas d'hier, force est de constater que défendre le principe d'égalité hommes-femmes n'est pas une priorité des Conservateurs...

Il y a un consensus au Québec à l'effet que le niqab est un symbole de soumission de la femme. Par ailleurs, quand on sait que même le Congrès musulman est en faveur du vote à visage découvert, on est en droit d'exiger un peu de courage politique de la part de nos décideurs au fédéral. Pour le Bloc, la réponse est claire: le serment, comme le vote, doit se dérouler à visage découvert.

Conclusion

Lors d'une élection fédérale, chaque province amène les différents partis sur des terrains parfois diamétralement opposés. Tenir la même ligne médiatique d'un bout à l'autre du Canada devient alors un réel défi: une même mesure pourra faire gagner des votes dans l'Ouest, mais en faire perdre dans l'Est. Or, pour le Bloc Québécois, il n'y a qu'une seule ligne: celle des Québécois.

Plusieurs enjeux suscitent l'intérêt des Québécois. Nous en avons recensés quelques-uns.

Mais seront-ils partagés par le prochain gouvernement que les Canadiens éliront? Nos valeurs, nos préoccupations, seront-elles entendues? Actuellement, nous connaissons un recul démographique du Québec dans le Canada. Qui plus est, les dernières élections fédérales en 2011 nous ont prouvé qu'il était possible d'élire un gouvernement majoritaire tout en n'ayant pratiquement aucun élu au Québec.

Ainsi, l'enjeu ultime pour les Québécois, au-delà des jugements de la Cour fédérale qui nous déplaisent et des positions des partis fédéraux que nous dénonçons, c'est notre place dans le Canada. Ce sont les leviers économiques qui devraient nous appartenir, les compétences que nous devrions pouvoir obtenir. C'est le droit de pouvoir décider par nous, pour nous.

C'est le droit d'avoir notre pays, nous aussi.

Ce billet de blogue a été co-écrit avec Vincent-Gabriel Langlois, deuxième représentant des jeunes du l'exécutif national du Parti Québécois.

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