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30/05/2018 09:00 EDT | Actualisé 30/05/2018 09:00 EDT

Le code vestimentaire n'a plus sa place dans les écoles

Ce sont des règlements sexistes et qui n’existent que pour ne pas déranger l’éducation du genre masculin.

monkeybusinessimages via Getty Images

Selon le point de vue de certains, il est pertinent et important de cacher les corps féminins sous prétexte qu'on ne va pas à l'école «pour se faire voir, pour améliorer son estime de soi ou pour exprimer sa personnalité, mais pour apprendre, c'est-à-dire: pour dialoguer avec le passé et pour échapper aux diktats de l'époque.»

Wake up. Il est temps d'évoluer.

Pourquoi l'école ne serait-elle pas un lieu valorisant, égalitaire et sécuritaire qui donne aussi la chance aux élèves d'apprendre et d'évoluer en tant qu'humains?

Qu'est-ce qu'un code vestimentaire plus égalitaire et moins strict changerait?

Pour commencer, il faut comprendre qu'un code vestimentaire interdisant les camisoles, les jupes et les shorts courtes, etc. ne profite pas aux élèves. Un garçon soi-disant «distrait» par les attributs d'une de ses compagnes de classe doit apprendre à gérer ses distractions au lieu d'en faire payer le prix aux filles. Si on inversait les genres, il est certain qu'une fille n'irait pas voir son professeur parce que «Kevin a vraiment des gros biceps, pis ça l'empêche de se concentrer!»

Si, dans les écoles, on acceptait le port de n'importe quel vêtement (excluant ceux contenant des messages de violence, haine, etc.) pour les garçons et les filles, il est assuré que les élèves se sentiraient plus acceptés. L'école doit accepter les jeunes tels qu'ils sont, et elle ne doit pas brimer leur liberté d'expression, qui se traduit aussi dans le style vestimentaire. Dans certaines écoles, le port du jean troué est interdit ainsi que celui des robes plus courtes que le genou. Il est évident que ces règles touchent en grande majorité les filles. Ce sont des règlements sexistes et qui n'existent que pour ne pas déranger l'éducation du genre masculin.

Bien sûr, il est important de faire preuve de décorum, mais revendiquer l'abolition de certaines règles des codes vestimentaires des écoles ne signifie pas que nous voulons arriver le matin en bikini ou les seins à l'air. Nous voulons simplement que tous aient la chance d'exprimer leurs idées et leurs personnalités. Également, un Québec plus acceptant, ouvert d'esprit.

En quoi les codes vestimentaires promeuvent-ils l'hypersexualisation?

Contrairement à ce que certains pourraient penser (hum hum, M. Martineau), une jeune fille venant à l'école en camisole ne se sexualise pas elle-même, c'est la société (et dans ce cas, les écoles) qui hypersexualise son corps en lui disant de le cacher. L'hypersexualisation est l'action de sexualiser quelque chose qui ne l'est pas, par exemple des épaules, un dos, un ventre, etc. Les codes vestimentaires véhiculent le message que certaines parties du corps méritent d'être cachées, alors qu'elles font partie de l'anatomie humaine. Peut-être que les directions d'écoles ne pensaient pas au sens derrière ces codes et croyaient bien agir en imposant une étiquette. C'est en partie à cause de l'hypersexualisation du corps féminin que la culture du viol est encore si présente.

La société a imposé tellement de préjugés sur les jupes, les robes et les shorts courtes, et les décolletés plongeants que maintenant, à l'école, voir une fille qui a chaud et qui est habillée convenablement selon la météo est inacceptable, tout comme voir une fille qui affiche ses goûts vestimentaires avec des camisoles et des jeans troués. Ce ne serait que du gros bon sens que de laisser les élèves s'habiller comme ils le veulent.

Nous sommes bien conscientes que les règles de l'école nous préparent à entrer sur le marché du travail où un code vestimentaire sera probablement imposé. Il faut noter les différences entre l'école et le marché du travail : l'école est un endroit où l'on vient apprendre autant des notions de mathématiques que comment développer son estime de soi, tandis que lorsqu'on va au travail, le but est d'accomplir des actions qui feront rouler l'économie et la société. Par exemple, il est normal d'imposer un code à des employés d'une pharmacie pour que les clients puissent bien les reconnaître, mais il n'est pas logique d'interdire à un élève de s'habiller comme il le veut dans un endroit où il est censé se construire une identité.

Il est grand temps d'abolir les codes vestimentaires des écoles secondaires et de passer à autre chose.

The Victresses est un groupe féministe égalitaire fondé par 4 adolescentes qui aiment la révolution. Rosalie est l'humaniste du groupe, Michaëlle est la plus déterminée, Any-Pier est notre manager et Daphné est la rêveuse. Nos ambitions vont très loin et Michael Jackson est notre «role model». We love you Mich, 1958-forever.