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19/03/2018 09:00 EDT | Actualisé 22/03/2018 14:41 EDT

Féministe, puisqu’il le faut encore… mais à quel prix?

Comment croire Manon Massé lorsqu'elle dira, pendant la prochaine campagne électorale, qu'elle veut gouverner pour tous les Québécois?

LA PRESSE CANADIENNE
Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, de Québec Solidaire, en juin dernier.

Selon Manon Massé, la seule façon d'être féministe est d'être contre les hommes. Voilà le prix que veut nous faire payer la candidate de Québec solidaire aux prochaines élections provinciales.

Je suis tout à fait d'accord avec la candidate du Parti québécois dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, Jennifer Drouin: le texte de Manon Massé n'est rien de moins, rien de plus qu'une charge anti-hommes.

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Mais ce n'est pas le seul prix à payer pour être féministe, selon Manon Massé. Au contraire, il y a toute une gamme de prix qui s'offre aux féministes.

Le premier prix à payer est d'affirmer que la clique « masculine » qui est au pouvoir à Québec n'a rien fait, et continue de ne rien faire pour faire avancer la cause des femmes.

Non seulement une telle affirmation est-elle grossièrement exagérée, mais elle laisse sous-entendre que c'est parce que les hommes sont au pouvoir que la cause des femmes n'avance pas. Comment peut-on accepter qu'une personnalité publique, de surcroît députée à l'Assemblée nationale, tienne de tels propos?

Comment peut-on accepter qu'une personnalité publique, de surcroît députée à l'Assemblée nationale, tienne de tels propos?

Mais surtout: comment peut-on accepter que Manon Massé fasse fi de la contribution de nombreuses politiciennes à l'avancement des droits des femmes? Je pense, pour le Parti québécois, aux Pauline Marois, Lise Payette, Louise Harel, et, pour le parti libéral, aux Lise Bacon, Monique Gagnon-Trembley, Monique Jérôme Forget, Michelle Courchesne et bien d'autres encore.

Celles-ci, et les féministes en général, ont toujours travaillé main dans la main avec les hommes pour faire avancer la cause des femmes, et non l'inverse.

Le deuxième prix à payer est d'affirmer qu'il n'y a que les femmes qui peuvent et doivent faire avancer le sort collectif des femmes, et surtout pas les hommes.

Comment comprendre un tel message, provenant de quelqu'un qui aspire à être la première ministre de « tous » les québécois, sinon comme une incitation à l'exclusion d'une partie de la population québécoise, en l'occurrence les hommes?

Pour quelqu'un dont le nom du parti inclut le mot « solidaire », ce n'est pas très rassurant! C'est même une contradiction dans les termes, car un des piliers de la solidarité est de permettre à tous les individus, et ce peu importe leurs orientations sexuelles, d'avoir des chances égales de réaliser leur plein potentiel.

Le troisième prix à payer est d'accuser, sans preuve, les hommes aux pouvoirs « de camoufler leurs scandales sexuels tout en refusant de débloquer des budgets adéquats pour lutter contre les violences sexuelles ».

Ces propos sont aberrants, mais ils sont surtout diffamatoires. Toute forme de violence commise à l'endroit des femmes est inacceptable, intolérable et doit être dénoncée avec la plus grande fermeté.

Si Manon Massé a des preuves indiquant que des personnalités politiques camouflent leurs scandales sexuels, qu'elle aille à la police.

Si Manon Massé a des preuves indiquant que des personnalités politiques camouflent leurs scandales sexuels, qu'elle aille à la police. Mais non, elle préfère s'adonner à une séance de lynchage médiatique gratuite et franchement répugnante.

Le quatrième prix à payer est de suggérer que la seule façon de remédier aux maux auxquels sont malheureusement encore confrontées les femmes aujourd'hui est de prendre le pouvoir politique, car c'est comme cela que « tout changera ! ».

Après ce qui vient d'être dit, comment penser qu'une telle prise de pouvoir se fera avec les hommes ? Comment croire Manon Massé lorsqu'elle dira, pendant la prochaine campagne électorale, qu'elle veut gouverner pour tous les Québécois ?

À la misogynie, ce mépris injustifié et injustifiable des femmes, s'ajoute la misandrie, ce mépris injustifié et injustifiable des hommes. Avec Manon Massé, nous sommes promis à un bel avenir !

Le cinquième et dernier prix à payer consiste à faire une faute logique élémentaire, celle de la contradiction. Manon Massé termine son texte en soutenant ceci : « Ensemble, avançons et, surtout, ne laissons personne derrière ».

Mais par quel tour de passe-passe logique peut-elle affirmer que la seule façon d'être féministe est d'être contre les hommes, tout en ne laissant personne derrière? Autrement dit: voici comment encourager à la fois l'exclusion et l'inclusion.

Même si Québec solidaire ne se résume pas à une seule personne, je m'inquiète pour ses militants qui devront désormais porter l'odieux d'une telle attaque anti-homme.

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