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14/11/2013 01:33 EST | Actualisé 13/01/2014 05:12 EST

Ma première langue

Ce billet a été publié sur le blogue d'Anne-Marie-Dupras Ma vie amoureuse de marde.

Dans une vie amoureuse, qu'elle soit magique, fantasmagorique ou merdique (coucou!) il y a, du moins on l'espère, des baisers. Entre autres des french kiss. Avec la langue pis toute.

Je me souviens de mon premier french kiss comme si c'était hier, mais c'était... en 1984. L'année où Madonna nous arrivait avec son Like a Virgin, moi c'est ma virginité buccale que je perdais.

Comme ma vie a commencé à tourner autour des gars un an avant ou à peu près, j'en rêvais déjà beaucoup de ce premier french kiss. J'y pensais un peu comme on pense aux huîtres avant d'en avoir gouté. Ça a l'air franchement dégueulasse, mais tout le monde a l'air d'aimer ça, faque: «Let's give it a try!»

Bien entendu, dans mon fantasme, ça arrivait sur une plage, en dansant un slow collé-collé ou, à tout le moins, dans une certaine intimité. Il y avait même une trame sonore qui jouait dès que j'y pensais. Bon, ok, je l'avoue, dans ma tête ça allait se passer comme dans le film La Boum. Oh la belle mauvaise idée que de me comparer à Sophie Marceau. La chute fut terrible. Moi pis mes rêves de grandeur aussi!

Le jour où ma langue en a finalement rencontré une autre de très, très, très près, il pleuvait. Je m'en souviens parce que dans ce temps-là, les surveillantes de l'école nous envoyaient passer nos récréations dans l'amphithéâtre. Et devinez à quoi on jouait pour passer le temps? Non, pas aux devinettes. Non, pas aux charades. Non, pas au docteur, My god, calmez-vous!

Oui, à Vérité-Conséquences, la version franco-jeune de Truth or Dare (Madonna stalk mes souvenirs!). Un jeu tordu qui n'a en fait pour seul but que d'obliger les gens à faire des choses, qu'ils le veuillent ou non. Un genre de Jean-dit-touche-pipi. Ça ne prend pas grand-chose quand on est jeune pour s'amuser et s'émoustiller : une journée de pluie, un film d'horreur, une bouteille vide...

Je me rappelle peu les grandes lignes, mais je me souviens qu'à un moment donné, j'avais le choix entre trois conséquences du genre :

  • Soit tu vas voir la surveillante et tu lui dis d'aller chier;
  • Soit tu cours autour de l'amphithéâtre toute nue;
  • Soit tu frenches Marc-André: 10 tours de langue.

Parce que oui, les autres autour de nous comptaient les tours de langue. (Rassurez-moi et dites-moi que vous faisiez ça vous aussi!!!).

Le Marc-André en question il n'était pas laid. Mais il n'était pas cute non plus. Ordinaire, comme on dit des chips à saveur de rien. Sauf qu'il y avait pire, donc je me suis dit que c'était un meilleur deal que de m'humilier publiquement ou de me faire coller une rencontre chez le directeur. Pas besoin de vous dire que je n'imaginais pas mon premier french comme ça : avec un gars qui me plaît pas vraiment, devant plein de monde, pas loin de filles qui chantent «Un éléphant qui se balançait, sur une toile, toile, toile, toile d'araignée» et de gars qui font des jokes de pets et de crottes de nez. Mais bon, j'avais pas trop le choix et j'avais hâte de l'avoir fait, donc je l'ai fait. Je me suis penchée vers M.-A., il s'est penché dans l'autre sens, on a ouvert nos deux bouches comme des poissons, on a rentré nos langues et on a tourné au son de «1 tour... 2 tours... 3 tours...»

C'était aussi romantique que...

Minute, laissez-moi réfléchir...

Ah ben non. Y'a rien de moins romantique comme baiser que ça je pense.

Ça fait que merci Vérité-Conséquences, t'as pas mis la barre trop haute.

Ça n'a tout de même pas empêché qu'avec le temps, le baiser, le french kiss, est devenu ce que j'aime le plus dans une relation. Les hommes que j'ai aimés profondément, je les ai embrassés à n'en plus finir. Pour moi, comme pour la plupart des gens, le début de la chimie réside dans le baiser. Si j'embrasse quelqu'un et que j'aime ça, que tous nos fluides se la coulent douce, c'est déjà un très grand premier pas dans la bonne direction. D'autant plus que s'embrasser, c'est joindre l'utile à l'agréable, puisqu'embrasser réduirait l'anxiété et arrêterait le «bruit» dans notre esprit en plus d'augmenter le niveau d'ocytocine, une hormone extrêmement calmante qui produit le sentiment de paix.

Un bon french, ça calme, c'est clair. Mais un mauvais, c'est tellement énervant! Ceux qui t'envahissent la bouche, qui produisent plus de salive qu'un Saint-Bernard, qui ne sont pas du tout à l'écoute de ce que toi tu fais et dont la langue fait un solo; ceux qui te touchent presque les amygdales...

Puis, il y a ceux qui font que ton cœur s'embrase quand ils t'embrassent. Un bon french kiss, c'est beaucoup plus qu'un simple échange de salive, mais Dieu que ça donne l'eau à la bouche!

Et vous votre première langue?

Beau moment?

Humiliation publique?

La barre du french, vous l'aviez haute ou pas?

Mes cartes de la Saint-Valentin

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