Les blogues

Au bon goût de bonheur! (arôme artificiel)

Et là j'ai compris qu'à force de cumuler les relations qui foirent où dans lesquelles je suis plus malheureuse qu'heureuse, plus craintive que confiante ou plus suspecte que complice, j'ai fini par confondre présence de bonheur avec absence de malheur.
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Il y a des jours où je croque dans le célibat à pleines dents comme si c'était un gros cheeseburger avec du bacon et que j'avais été à la diète trop longtemps. Dans ce temps-là, anything goes!

Je me fais un plaisir de prendre toute la place dans mon beau grand lit, je me tape un film de filles bien cheesy du genre Mange, Prie, Aime, je passe la journée en pantoufles et pyjama à me faire trop de cappuccinos et manger du panettone, je sors souper et danser avec les copines, je me fais une soirée en tête à tête avec mon piano et/ou mon ukulélé, etc. Avec beaucoup de etc.

Je suis seule, je n'ai de compte à rendre à personne et j'adore ça. Dans ces moments-là, le célibat me va comme un gant. C'est mes journées «Je suis célibataire, oui et puis?»

Évidemment, je ne suis pas comme ça tous les jours, sinon ce billet de blogue n'existerait même pas. Je dis la plupart du temps que j'ai une vie amoureuse de marde parce qu'il y a le reste du temps.

Le temps où le célibat n'est plus un cheeseburger avec du bacon mais plutôt un carré de tofu frette avec un verre d'eau.

  • Le temps où je le trouve bien trop grand mon lit queen et que j'aurais donc envie de me coller sur quelqu'un. Et là je ne pense même pas nécessairement au sexe, juste l'idée de me coller en cuillère me rend heureuse. Le temps où j'ai beau monter le chauffage, il y a comme une brise dans mon lit de femme au cœur brisé.
  • Les soirs où je m'en fous de ce qui passe à la télé. Ce que je voudrais, c'est la regarder bien collée sur quelqu'un qui m'apprécie et réciproquement, qui me flatte les cheveux ou qui me demande si je rependrais un peu de vin et que je bizoute dans le cou. Le temps où le divan peut devenir tellement divin.
  • Les week-ends où aller souper avec des amies ne me tente pas parce que je voudrais juste cuisiner à deux, sur fond de musique et de bisous, danser un slow en portant un tablier, une spatule à la main. Le temps où ce qui mijote le mieux dans la cuisine c'est l'amour et la tendresse.
  • Les mautadites de matins où j'ai envie de traînasser toute la journée, mais pas en pyjama, carrément dans le lit, à faire des câlins et des mamours non stop. Le temps où s'habiller semble absurde parce qu'on est donc bien tout nu à deux!
  • Et les jours où, oui, je pense au sexe, et dans ce temps-là, je me rappelle que le sexe c'est comme le tango, c'est pas mal plus l'fun à deux.

Ça, c'est les jours où le célibat m'apparaît comme un trou dans ma vie. Comme si ma vie était un casse-tête avec une super belle image mais dont il manquerait une pièce. L'impression d'un vide que rien sauf l'amour ne pourrait remplir.

Ça c'est mes jours «Je suis célibataire. Pourquoiiii??»

À l'automne j'ai brièvement fréquenté quelqu'un de vraiment bien. On s'entendait à merveille, on se faisait beaucoup rire mutuellement, je le trouvais à mon goût, lui aussi, on avait une tonne de choses en commun, ça sentait donc bon la belle relation en devenir. Je me souviens précisément d'un moment où on était couché, enlacé, juste à se faire un gros câlin, la lumière du soleil entrait et se jetait sur nous par la fenêtre, la vie était douce et je me suis prise à me dire «Mais qu'est-ce qu'on est bien!» et à me penser en amour. Parce que me lever pour trouver un smiley et un «bon matin ma belle» dans mon téléphone, j'aimais ça. Prévoir un souper à cuisiner et déguster à deux aussi. Parce que tsé, c'est l'fun avoir du fun!

Pourtant, malgré les rires, les sourires, les cuillères le soir et les croissants chauds le matin, on s'est vite rendu compte tous les deux (lui avant moi, mais il avait raison) qu'on était bien, mais qu'on n'avait pas trouvé en l'autre ce qu'on cherchait. Il nous manquait quelque chose. On était bien ensemble, mais on n'était pas amoureux. Pourquoi? On ne le saura jamais, l'amour vous savez comme moi, c'est comme ça : c'est beau à en perdre le souffle mais allez essayer de l'expliquer!

Ce constat m'a obligée à me questionner : pourquoi donc me suis-je cru en amour si je ne l'étais pas? Comment se faisait-il que j'ai eu l'impression d'être si heureuse?

Et là j'ai compris qu'à force de cumuler les relations qui foirent où dans lesquelles je suis plus malheureuse qu'heureuse, plus craintive que confiante ou plus suspecte que complice, j'ai fini par confondre présence de bonheur avec absence de malheur.

Le fait de ne jamais être bien, m'a donné l'impression de vivre un moment de bonheur. Mais le bonheur, c'est plus que l'absence de malheur. On aurait pu rester ensemble et continuer à être pas pire bien ensemble, mais moi je ne veux rien de moins qu'être follement amoureuse de quelqu'un qui est follement amoureux de moi. Et on ne l'était pas ni l'un ni l'autre. Il y a des gens qui se contenteront d'être juste bien et tant mieux, je ne juge pas. Mais il faut parfois s'arrêter et se demander : mais qu'est-ce que je veux moi? Pas ce que je pense que je veux à force de regarder des films, d'être tannée d'être toute seule, d'être la troisième roue du carrosse, de voir mes amies se marier, d'éviter la rangée de la Saint-Valentin au Dollarama, non, qu'est-ce que je veux vraiment. Moi. Pour moi.

Alors voilà où j'en suis rendue. À tenter de trouver ce que je veux réellement et de me rappeler que ça prendra le temps que ça prendra. L'amour, le vrai, il y a des chanceux qui le trouvent très vite et l'entretiennent très bien. Mais il y en a d'autres qui croient l'avoir trouvé pour finalement se rendre compte que c'était plus un mirage qu'un coup de foudre. Et que ce n'est pas la fin du monde.

Alors j'attendrai. Et merci à celui qui m'a permis de me rappeler ce que je voulais vraiment, qui ne m'a pas brisé le cœur, mais juste ouvert les yeux... et qui m'a collé le soir et chauffé des croissants le matin. Parce que même si ce n'était pas ça, ça a fait plus de bien que tous les one night stand du monde de me sentir belle de l'intérieur et pas juste de l'extérieur...

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