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12/12/2018 06:00 EST | Actualisé 12/12/2018 06:00 EST

Plaidoyer pour retirer le volet «Religion» des cours d'Éthique et culture religieuse

Nos institutions scolaires et universitaires ont pour mission d’enseigner la science et le savoir. Est-il souhaitable d'accepter que l’école enseigne ces faussetés? C’est inacceptable.

davidf via Getty Images

Cher Monsieur Roberge,

Nous n'avons plus à prouver que le volet religion du cours Éthique et culture religieuse (ÉCR) est à éliminer des volumes scolaires, vous-même Monsieur Roberge en avez convenu pour le primaire, lors de notre rencontre en 2016.

Le Parti libéral, après vérifications de nos indications voulant qu'il y a de nombreuses lacunes quant à l'enseignement religieux, nous a donné raison pour le secondaire. Cependant, l'ancien ministre Sébastien Proulx, que j'ai rencontré personnellement, m'a assuré que les multiples erreurs que nous leur avions communiquées seront améliorées, voire même corrigées, sans toutefois que son parti soit prêt à enlever le volet «Religion» de ce programme.

Devant nos constatations rapportées, entre autres, dans le livre d'un collectif La face cachée du cours ÉCR, le Parti québécois et votre parti, la Coalition avenir Québec, maintenant au pouvoir, ont reconnu le sérieux de ce livre et ont fait la promesse d'enlever le volet «Religion» du programme. Il y a donc lieu de vous spécifier, cette fois-ci, que nous demandons que cela soit fait au plus tard pour l'entrée des classes en septembre 2019.

Un autre argument dont la raison ne peut réfuter la raison!

Le pape actuel François a déclaré, il y a de cela quelques mois, qu'il est prêt à laisser tomber les dogmes et la doctrine de l'Église, pour ne garder que les Évangiles. Alors que le pape, chef des catholiques, reconnaît en quelque sorte l'invention des dogmes, ne serait-ce pas honteux, pour le Québec, de garder dans ses écoles cet enseignement qui est présenté dans les manuels scolaires comme étant des vérités?

D'autant plus que nos institutions scolaires et universitaires ont pour mission d'enseigner la science et le savoir. Est-il souhaitable d'accepter que l'école enseigne ces faussetés? C'est inacceptable.

C'est une honte d'autant plus que le Québec est la seule province qui enseigne les religions dans les écoles. Depuis de nombreuses années, au Nouveau-Brunswick, tout enseignement religieux a été banni.

En réitérant notre demande, souvenez-vous, M. le ministre, qu'une pétition demandant le retrait du volet «Religion» du cours ÉCR a été présentée à l'Assemblée nationale en 2016 par Jean-François Lisée, alors chef du Parti québécois.

Pouvez-vous nous assurer que ce choix d'enlever le volet «Religion» sera fait comme l'ont demandé, depuis sa mise en place en 2008, un groupe de parents de Drummondville, le collège des Jésuites, la Fédération des femmes du Québec, le Mouvement laïc québécois, l'Association des humanistes, PDFQ, le groupe Pour les droits des femmes, et plus de cinq mille personnes ayant apposé leur signature sur la pétition?

Dans une société laïque, au lieu d'enseigner la religion, il serait plus logique d'enseigner la laïcité. Elle est une valeur sociale indispensable pour protéger à la fois les croyants et les non-croyants; la laïcité assure l'égalité des uns et des autres.

J'ai écouté récemment le discours du premier ministre François Legault, qui a dit que la priorité de son gouvernement sera l'éducation (!) ce dont nous nous réjouissons.

Sur ce, nous comptons sur vous Monsieur Roberge, car c'est un devoir d'État. Noblesse oblige!

À noter que Mme Andréa Richard (à gauche) est co-lauréate du prix LAÏCITÉ Condorcet-Dessaules 2018, avec Mme Nadia El_Mabrouk, reçu le 1er décembre.

Ghyslain Parent
Andréa Richard

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