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21/11/2018 06:00 EST | Actualisé 21/11/2018 06:00 EST

Vers une autre bataille du français contre l'anglais?

Notre premier ministre sera-t-il assez brave pour convaincre son homologue Doug Ford de redonner au français la place que cette langue mérite au sein des universités canadiennes?

L'expulsion des Acadiens, aussi nommée le grand bouleversement, la grande expulsion et le grand dérangement. Le renvoi par les Britanniques du peuple acadien des provinces maritimes actuelles de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de l'Île-du-Prince-Édouard, au cours de la guerre de France et de la guerre de l'Inde, 1755-1764.
Universal History Archive via Getty Images
L'expulsion des Acadiens, aussi nommée le grand bouleversement, la grande expulsion et le grand dérangement. Le renvoi par les Britanniques du peuple acadien des provinces maritimes actuelles de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de l'Île-du-Prince-Édouard, au cours de la guerre de France et de la guerre de l'Inde, 1755-1764.

Québécoise, d'origine acadienne du sud du Nouveau-Brunswick, de la ville de Bouctouche, j'ai connu un milieu bilingue. Dans le nord du Nouveau-Brunswick, Tracadie, etc., c'est français.

Ma mère est une Américaine d'origine irlandaise, institutrice, et portant fièrement le nom de Casey. Cependant, lorsque sa famille déménage au Canada, les curés catholiques obligèrent mes grands-parents à changer leur nom Casey pour le français Caissie!

Ma mère tenait à ce que nous apprenions les deux langues, je suis donc bilingue. À l'école, l'enseignement des mathématiques était en anglais. Pour les autres matières, celles-ci étaient enseignées dans les deux langues, mais le français était privilégié. Ceux que l'on nommait les «Anglais» étaient protestants et les «Français» étaient catholiques.

Vers l'âge de 12 ans, pour avoir l'air plus «snob» et à la hauteur des «Anglais», mon amie Patricia et moi changions nos prénoms en Patsy et Andy lorsque nous allions magasiner à Moncton.

Mais voilà qu'avec tristesse, j'ai appris que des familles pauvres de la compagne, portant des noms français, se sont fait promettre par les protestants que s'ils acceptaient de devenir protestants et de changer leurs noms, ils pourraient déménager à Moncton, ville plus anglaise, et les chefs de famille pourraient obtenir un emploi plus payant! Sur ce, des Lebrun sont devenus des Brown, des Leblanc devinrent des White et ainsi de suite... Après quelques générations, les descendants de ces anciens francophones sont maintenant considérés comme étant des «Anglais» protestants et certains ignorent qu'ils sont des descendants de «Francais»!

Deux ans plus tard, à l'âge de 14 ans, j'ai pris connaissance de l'Histoire des Acadiens et la déportation forcée par les Anglais en 1755. Mais quand j'ai appris que l'histoire attribuait à mon grand-père, le député François Richard, la victoire d'avoir fait entrer le français à l'École Normale de Fredericton — ce qui fut son grand combat — un changement se fit dans notre tête et dans notre cœur.

Au Nouveau-Brunswick, il est bien connu que la majorité des francophones sont bilingues et que la majorité des anglophones sont unilingues.

Redevenues Andréa et Patricia, nous allions défier les commis des magasins à Moncton en exigeant de se faire servir en français! Que ce soit des «Anglais» ou des «Français», ces commis s'adressaient malheureusement à nous toujours en anglais. Alors, nous réagissions un peu en petites révoltées en demandant qu'ils nous parlent en français et, dans l'éventualité d'un refus, nous sortions alors du magasin, non sans avoir dit, afin qu'ils comprennent: «If you don't speak french, goodbye for an other store!» («Si vous ne parlez pas français, adieu pour un autre magasin!»)

En rentrant fières de nos ébats, nous chantions le chant acadien bien connu Évangéline; nous l'avions cru, ce rêve du jeune âge...

Au Nouveau-Brunswick, il est bien connu que la majorité des francophones sont bilingues et que la majorité des anglophones sont unilingues. Actuellement, face au premier ministre du N.-B. qui ne parle pas français, une inquiétude règne chez les Acadiens. On se pose la question: est-ce que ça va devenir une bataille, la langue anglaise versus la langue française?

Je ne peux donc être indifférente a ce qui se passe actuellement dans les universités en Ontario et je me sens triste pour les personnes de LANGUE FRANÇAISE.

Notre premier ministre François Legault sera-t-il assez brave, tout comme mon grand-père François Richard l'a été pour faire entrer le français à Fredericton, pour convaincre son homologue Doug Ford d'être suffisamment honnête pour redonner au français toute la place que cette langue mérite au sein des universités canadiennes?

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