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23/08/2018 11:58 EDT | Actualisé 23/08/2018 13:15 EDT

Gertrude Bourdon au PLQ: «Vive la nouvelle politique»

Au final, il y a tout de même une bonne nouvelle. Le ministre actuel de la santé, le docteur Barrette vient de se faire virer par le docteur Couillard.

CHU de Québec
L'arrivée de madame Bourdon n'aidera pas à enrayer le cynisme des Québécois pour la chose politique.

L'arrivée de madame Bourdon n'aidera pas à enrayer le cynisme des Québécois pour la chose politique. En voilà une autre du «Vive la nouvelle politique», où on se magasine un parti et un comté plutôt que des idées. Cela fait penser au temps du régime censitaire (la désignation d'un seigneur à qui on paie un cens), aux duchés, etc.

Avant de faire le saut au PLQ, elle demandait à François Legault 8% d'augmentation du budget de la santé et ne voulait pas ouvrir les négociations pour récupérer un milliard de dollars auprès des médecins qui sont maintenant les plus payés au Canada. Pourtant le coût de la vie au Québec y est inférieur de 30%.

On sait aussi que les principaux problèmes de notre système de santé sont dus principalement au corporatisme et au fait que le système n'est pas géré par des gestionnaires, mais plutôt par des cliniciens actifs ou anciens qui sont trop souvent redevables, par leur conception du monde, à leurs pairs plutôt qu'aux usagers. Par exemple, ce n'est pas l'OIIQ dont la mission principale est la protection du public qui a soulevé la pertinence des ratios infirmière/patient sécuritaires, ce fut l'action de la FIIQ, le syndicat des infirmières.

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Le 8% d'augmentation du budget, c'est l'équivalent de rehausser la moitié du budget de l'État de 8% ou de 4% de la totalité de son budget. C'est environ 1000$ de plus en impôt ou taxes pour une famille de la classe moyenne. Madame Bourdon est infirmière et elle oeuvre dans le domaine depuis plus de 35 ans sans que le système ait pu démontrer une meilleure accessibilité à la population québécoise.

Pourtant elle occupait une place de choix dans les plus hautes sphères du domaine de la santé et des services sociaux avec des accès privilégiés aux décideurs incluant le ministre et les sous-ministres du MSSS.

Avec le PLQ elle s'assure de ne pas trop travailler pour obtenir son ministère ni pour demander une hausse budgétaire.

Madame Bourdon n'a rien à perdre à 62 ans, pensionné à vie au traitement maximum, contrat de quatre ans en poche signé en février dernier. Si elle ne se faisait pas élire avec la CAQ elle retournait à son poste au salaire d'environ 270 000$. Si elle se voyait montrer la porte, elle touchait son plein salaire de 270 000$ jusqu'à la fin de son contrat.

Avec le PLQ elle s'assure de ne pas trop travailler pour obtenir son ministère ni pour demander une hausse budgétaire. En plus, elle se soustrait du dossier de la rémunération des médecins. Elle gagne sur tous les tableaux contrairement aux utilisateurs du système.

Le ministre actuel de la santé, le docteur Barrette vient de se faire virer par le docteur Couillard.

Au final, il y a tout de même une bonne nouvelle. Le ministre actuel de la santé, le docteur Barrette vient de se faire virer par le docteur Couillard. Ce mouvement a pour effet probable de retirer un gros caillou dans le soulier libéral. Le PLQ devrait donc monter de quelques points dans les sondages. La course risque de se serrer davantage. On parlera bientôt d'un futur gouvernement minoritaire PLQ ou CAQ. Même le PQ pourrait se faufiler dans un jeu à trois.

Ce serait une bonne nouvelle, car les derniers gouvernements majoritaires ont souvent profité, surtout durant les deux ou trois premières années de leur mandat, de leur liberté pour poser des gestes impopulaires ou non annoncés aux électeurs en campagne électorale.

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