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25/11/2015 09:30 EST | Actualisé 25/11/2016 05:12 EST

Braqués contre la laïcité, prosternés devant l'islamisme

À Ottawa et à Québec, on fait la sourde oreille et on traite ceux qui refusent l'obscurantisme d'être des «islamophobes», des xénophobes ou des racistes.

Même si d'aucuns refuseront de l'admettre, les répercussions québécoises du carnage perpétré par l'État islamique (EI) à Paris ainsi que la précipitation du gouvernement Trudeau à recevoir 25 000 réfugiés syriens d'ici 1er janvier font ressurgir l'urgence de parachever ici même les fondements de la laïcité à laquelle la population québécoise est fortement et légitimement attachée.

Cette aspiration à la laïcité s'est d'ailleurs manifestée au cours de la récente campagne électorale fédérale devant les dérives communautaristes du PLC et du NPD sur la question du niqab. Elle s'est aussi déclarée au regard du projet de loi 59 au Québec qui, sous le couvert de la lutte contre les discours haineux, cherche notamment à bâillonner et sanctionner la critique des dérives islamistes et intégristes.

À Ottawa et à Québec, on fait la sourde oreille et on traite ceux qui refusent l'obscurantisme et se portent à la défense de la liberté de conscience dans une société démocratique d'être des «islamophobes», des xénophobes ou des racistes. C'est là un piège tendu par la mouvance islamiste. C'est cette même mouvance qui, depuis les années 1970 et pour esquiver la critique, appelle à travers le monde à combattre une prétendue «islamophobie» déferlante dans les sociétés occidentales.

Les attentats de Paris

Signalons que l'assaut de l'État islamique à Paris a été dirigé en vertu de son idéologie salafiste et exécuté, selon ses concepteurs, contre «la capitale des abominations et de la perversion». Une attaque barbare et sanguinaire contre les fondements de la démocratie, les libertés, la jeunesse, la musique, la culture, et plus largement contre le mode de vie occidental.

Il est désolant de constater que parmi les organisations disant représenter «la communauté musulmane» au Québec, peu de gens ont dénoncé avec fermeté et ferveur cet horrible assassinat de masse. Il n'y a pas eu de hauts cris ni de pleurs! Le silence a été remarquable chez l'Association musulmane canadienne, le Forum musulman canadien, l'Association musulmane québécoise, le Congrès maghrébin du Québec et même AMAL-Québec, qui se targue de défendre la laïcité au Québec, alors qu'il n'en est rien.

Encore une fois, on s'est rapidement raccroché à une cassette victimaire combien de fois répétée sur les dangers de l'«amalgame» et de l'«islamophobie».

Niqab et communautarisme aveugle

Pendant ce temps, la décision de Justin Trudeau d'annuler en Cour suprême la contestation du jugement de la Cour fédérale sur la question du niqab représente une véritable capitulation devant l'intégrisme islamique.

Il en est de même du ralliement à cette décision d'Hélène Laverdière et du NPD pour soi-disant éviter une division parmi la population. Pourtant, 93% des Québécois et des Québécoises sont pour l'interdiction du voile intégral pour la cérémonie d'octroi de la citoyenneté; cette détermination est aussi ferme en ce qui concerne l'exercice du droit de vote ou la prestation et la réception de services publics.

Rappelons que le port du niqab et de la burqa, contrairement à ce que soutient la Cour fédérale, le PLC ou le NPD, ne renvoie aucunement à une pratique religieuse dictée par l'islam ou au Coran (pas plus que le port du hijab d'ailleurs).

Le niqab réfère à une tenue vestimentaire imposée aux femmes par les courants salafistes et wahhabites. On parle ici d'idéologies et de régimes politiques générant une oppression sans compromis.

Le niqab n'est donc pas condamnable simplement du fait qu'il rend l'identification et la communication impossibles, mais aussi parce qu'il est le symbole d'un avilissement et d'un asservissement total pour les femmes.

Le niqab est le symbole de l'État islamique et de l'esclavage qu'il impose aux femmes. Comment le Canada peut-il prétendre dénoncer et combattre l'EI - bien que de moins en moins selon ce qu'on peut constater des orientations du nouveau gouvernement Trudeau - tout en autorisant le niqab dans ses institutions? Le Canada veut-il «islamiser» les institutions publiques? Voilà le dérapage dans lequel nous mène un relativisme culturel insensé se pliant aux différents intégrismes, un communautarisme aveugle et un clientélisme indéfendable.

Le liberticide projet de loi 59

Du côté québécois, la situation n'est guère plus reluisante. Malgré une panoplie de critiques exprimées en commission parlementaire, la ministre Stéphanie Vallée n'a pratiquement pas amendé son projet de loi 59 invitant à la dénonciation et la sanction de propos prétendument «haineux» qui pourraient être diffusés ou publiés au Québec aux dépens de certains groupes, notamment en matière religieuse.

Il est bien connu que ce projet de loi a été initié sous la pression de la mouvance musulmane intégriste qui s'exerce ici comme ailleurs dans le monde. L'arbitraire du projet est tout aussi criant qu'il l'était il y a quelques semaines. Les dispositions les plus controversées n'ont pas été retirées. Seule la perspective d'établir une «liste noire» des contrevenants a été enlevée.

Des plaintes anonymes pourront donc être déposées auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, sans qu'il n'y ait aucune conséquence pour les plaignants, sans respect non plus des règles de procédures prévues dans un procès civil habituel. Au risque évidemment de nourrir la vindicte des mouvements intégristes et islamiques contre les partisans de la laïcité qui oseront critiquer et combattre les dogmes obscurantistes et rétrogrades de certains intégrismes. Ou même simplement du fait de critiquer les religions.

Le récent discours de Philippe Couillard ressassant la prétendue «intolérance» de la charte de la laïcité débattue en 2013-2014 confirme la prosternation de ce gouvernement devant l'intégrisme, et l'islamisme en particulier.

La laïcité, faut-il le rappeler, ce n'est pas de l'intolérance. La laïcité est une partie intrinsèque de la démocratie, comme l'a si bien soutenu la philosophe Abdennour Bidar lors de son récent séjour au Québec.

La problématique des réfugiés syriens

Dans ce contexte de prosternation des gouvernements fédéral et provincial devant l'intégrisme, la problématique des réfugiés syriens pose elle-même un réel problème au regard de l'intégration de ces nouveaux arrivants.

Le Québec est bien entendu capable formellement d'accueillir une certaine quantité de réfugiés. Mais les problèmes sont immenses et dépassent la seule question du partage des coûts. Il y a bien sûr l'insoutenable échéance du 1er janvier qui ne répond pas aux préoccupations d'un processus d'accueil et d'intégration responsable; elle est elle-même renforcée par l'incertitude justifiée au sujet des questions de sécurité.

Certains témoignages rendus publics au sujet des procédures de tri des réfugiés de la part du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés n'ont rien de rassurant.

Qui plus est, la problématique des réfugiés syriens n'est aucunement comparable à celle des «boat people» vietnamiens et cambodgiens des années 1980. Considérant que la très grande majorité des Syriens ont été socialisés, éduqués et endoctrinés dans un univers salafiste, l'absence d'un socle solide de laïcité au Québec mine aussi notre capacité d'intégration de ces nouveaux arrivants. Le gouvernement Couillard baignant dans le multiculturalisme, les dangers de ghettoïsation et de repli de ces nouveaux réfugiés vers des réseaux intégristes sont réels.

En bref, dans le contexte qui prédomine à Ottawa et à Québec, et celui d'une nouvelle vague de réfugiés qui s'annonce, il est temps de réaffirmer légalement les fondements séculiers et laïques de la société québécoise pour créer les conditions d'un réel interculturalisme et d'un vivre-ensemble démocratique. Celui-ci ne peut être fondé que sur le respect de la liberté de conscience de tout citoyen, à savoir le droit de croire ou de ne pas croire, et de ne pas se faire imposer quelque pratique religieuse ou intégriste que ce soit au sein de l'État et des organismes publics. Ça, c'est la laïcité!

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