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17/10/2015 12:08 EDT | Actualisé 16/10/2016 05:12 EDT

Si la tendance se maintient

MA PREMIÈRE CAMPAGNE - Cette élection est celle de la nécessité de changer. On ne peut se permettre de vivre encore cinq ans avec un gouvernement conservateur. Ce serait dangereux pour notre démocratie, pour notre liberté d'expression, pour notre environnement, pour notre économie et pour notre sécurité. Le vote stratégique n'est plus une option.

Si la tendance se maintient, le soir du 19 octobre, nous aurons un nouveau gouvernement, probablement minoritaire. L'enjeu majeur de cette élection est de sortir les conservateurs du pouvoir. Après cinq ans à la tête d'un gouvernement majoritaire, les dégâts causés par Stephen Harper sont terribles, que ce soit en environnement, en justice sociale, en économie ou en sécurité publique. Tous les partis se battent présentement pour prendre le pouvoir. Qui formera le gouvernement ? Qui sera l'opposition officielle ? Qui aura la balance du pouvoir ? Mais à travers cette lutte, la campagne s'étire et on sent l'essoufflement, autant chez les partis politiques que chez les citoyennes et citoyens.

Le Parti vert a été plus visible que jamais dans cette campagne. Elizabeth May a été invitée au débat en français et a attaqué ses opposants avec fougue et précision. Plusieurs ont été agréablement surpris de sa performance. Par ailleurs, je suis fier du travail accompli par mes collègues candidates et candidats. Je ne peux tous les nommer, mais Daniel Green à Montréal, Jici Lauzon dans Pierre-Boucher-Les Patriotes-Verchères et Casandra Poitras (la plus jeune candidate au Canada) dans Longueuil-Saint-Hubert ont été des figures de proue pour les Verts. Sans compter tous ceux qui font campagne chaque jour dans leur comté, qui n'ont pas nécessairement la même visibilité, mais qui croient autant à la cause verte.

Les enjeux dont on a parlé ont été nombreux. Dans mon comté, le chantier naval Davie a été un enjeu majeur durant toute la campagne. La protection de la gestion de l'offre en agriculture a pris beaucoup d'ampleur depuis la signature du Traité Transpacifique qui fragilise le secteur agricole. On a aussi beaucoup parlé de foresterie, puisque mon comté regroupe plusieurs producteurs forestiers, dont moi-même. J'ai été sensibilisé à l'aide à l'industrie de la culture, grande oubliée de la campagne. D'autres enjeux ont été beaucoup moins intéressants. Le niqab en est un de ceux-là. Les rumeurs de scandales ont aussi été nombreuses. Mike Duffy et ses dépenses en sont un bon exemple. Cette semaine, c'était au tour de Justin Trudeau de mettre à la porte son vice-président de campagne qui faisait du lobby pour TransCanada.

Point de vue politique, on a eu droit à plusieurs rebondissements. Le NPD est sorti en force en début de campagne. Mais 78 jours de campagne, c'est long. Il faut être capable de garder le rythme, ce que Tom (ou Thomas) Mulcair semble avoir oublié. Les libéraux de Justin Trudeau ne cessent de monter, tant mieux pour lui. Mais serait-il capable de gérer un pays... j'en doute. Stephen Harper a été égal à lui-même : contrôle de l'information, politique de division, appel à la peur populaire ont fait partie de sa campagne. C'est désolant, mais quand on a rien à proposer aux Québécois, on se rabat sur les craintes des gens en déformant la réalité et en créant la controverse.

Bonne nouvelle, l'environnement a été à l'avant-plan électoral à plusieurs reprises. Énergie Est est toujours aussi inacceptable, tant à cause de son inutilité que son risque pour la sécurité publique. Le déversement d'eaux usées dans le Saint-Laurent a occupé une bonne partie des discussions dans la dernière semaine. On sent que le pays se conscientise de plus en plus, ce qui est porteur d'espoir pour le futur.

C'est triste d'avoir négligé d'autres enjeux qui sont pourtant primordiaux. La question autochtone a été à peine effleurée. La disparition des 1886 femmes autochtones constitue une grave injustice et mine l'intégrité de notre société, c'est une honte qui salie la réputation de tous les Canadiens. Les conservateurs refusent de déclencher une commission d'enquête publique par idéologie. Leur mépris sera puni.

Les jeunes ont encore que très peu été écoutés. Je me suis fait un point d'honneur d'aller à leur rencontre, que ce soit dans les établissements scolaires ou chez eux. Mais il n'en reste pas moins que ce sont eux qui décideront quel gouvernement sera au pouvoir le 19 octobre.

L'économie reste le cœur d'une campagne électorale. Que ce soit lors de la présentation du plan financier des partis ou à travers leurs promesses électorales, la création d'emploi, l'équilibre du budget ou l'investissement gouvernemental occupe une place centrale dans les discussions politiques. Cependant, je n'ai que trop peu entendu mes adversaires parler d'économie sociale. L'éducation, les soins aux aînés, l'aide alimentaire et l'aide au logement ont été écartés des débats politiques. Les gens délaissés par la société canadienne le sont et le resteront tant que les politiciens les ignoreront.

«Si la tendance se maintient, il y aura un changement d'air au pays.»

Je vais terminer cette campagne en remerciant chaleureusement tous les bénévoles qui m'ont aidé pendant cette campagne. Je pense entre autres aux étudiants du cégep de Lévis-Lauzon, les bénévoles de mon local de comté, les gens qui ont organisé des assemblées de cuisine ou les citoyens qui m'ont accueilli chez eux pendant mon porte-à-porte. C'est votre énergie qui m'a permis de passer au travers de cette campagne. Je vous remercie du plus profond de mon cœur.

Le 19 octobre sera le moment décisif de cette campagne, le plus haut moment de démocratie au Canada. Cette élection est celle de la nécessité de changer. On ne peut se permettre de vivre encore cinq ans avec un gouvernement conservateur. Ce serait dangereux pour notre démocratie, pour notre liberté d'expression, pour notre environnement, pour notre économie et pour notre sécurité. Le vote stratégique n'est plus une option. Les Canadiennes et les Canadiens voteront pour les idées proposées, les positions défendues et les luttes à mener. Si la tendance se maintient, il y aura un changement d'air au pays.