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Lettre à Alexis Tsipras

dans la lutte que le peuple grec a entreprise, vos conquêtes comme vos difficultés sont aussi les nôtres et celles de tous les peuples en lutte contre l'austérité. Dimanche, votre peuple voudra certainement exercer un vote libre en toute dignité. Votre parti incarne cet espoir. Et quoiqu'il arrive, nous serons avec vous, solidaires du peuple grec.

Cher Premier ministre,

Le peuple grec a beaucoup d'amis au Québec. Nous en faisons partie et nous vous écrivons pour exprimer toute la solidarité des milliers de membres de Québec solidaire et des centaines de milliers de Québécoises et Québécois qui sont fiers de la détermination de votre peuple à résister à l'austérité. Vous avez décidé en toute souveraineté de vous prononcer démocratiquement sur des enjeux majeurs qui concernent votre nation et d'autres nations dans le monde.

Cet exercice de souveraineté populaire, qui devrait aller de soi en démocratie lorsque des choix aussi critiques s'offrent à une nation, nous inspire. Nous admirons votre courage de défier la finance européenne et les gouvernements à leur solde. Votre refus de vous laisser humilier et asphyxier encore davantage est de l'oxygène pour tous les peuples en lutte contre les politiques de privatisation et de destruction de l'État social imposées au nom de l'austérité budgétaire.

Vous créez un espace démocratique pour le peuple grec qui fait enrager et trembler les puissances financières de l'Europe qui craignent que les peuples d'Italie, du Portugal et d'ailleurs en Europe, dans des situations financières et sociales similaires à la vôtre, s'en inspirent et puissent prendre la même liberté que les Grecs en décidant souverainement de leurs orientations économiques.

Nul ne sait ce qui sera voté dimanche. Mais pour une première fois depuis des décennies, un pays écrasé par le grand capital a l'opportunité de se prononcer démocratiquement sur ce que le pape François dénonce ainsi dans sa Lettre encyclique sur la sauvegarde de la Maison commune : « Les finances étouffent l'économie réelle... Sauver les banques à tout prix, en en faisant payer le prix à la population... réaffirme l'emprise absolue des finances qui n'a pas d'avenir et qui pourra seulement générer de nouvelles crises.»

Au Québec, le gouvernement et ses deux oppositions officielles sont adeptes d'austérité et de compressions de dépenses publiques, politiques appliquées à des degrés variables depuis une vingtaine d'années et qui mettent sérieusement à mal notre économie et notre bien-être. Heureusement, ici aussi, une multitude de secteurs de la population, des artisans du développement régional au mouvement étudiant en passant par les infirmières, les éducateurs, les enseignants, les travailleurs, les petits commerçants, les assistés sociaux et les parents d'élèves en difficulté sont déterminés à lutter contre cette austérité.

Alors dans la lutte que le peuple grec a entreprise, vos conquêtes comme vos difficultés sont aussi les nôtres et celles de tous les peuples en lutte contre l'austérité. Dimanche, votre peuple voudra certainement exercer un vote libre en toute dignité. Votre parti incarne cet espoir. Et quoiqu'il arrive, nous serons avec vous, solidaires du peuple grec.

Monsieur le Premier ministre, nous vous prions de transmettre nos salutations les plus chaleureuses à tous vos collègues de Syriza et du gouvernement grec.

En mon nom, et en celui de mes collègues, Fançoise David, Andrés Fontecilla et Manon Massé, bonne chance dimanche!

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